Battue coup sur coup en quarts de finale puis en repêchages à Bakou, la Française rate l’occasion de s’offrir une nouvelle couronne mondiale, six mois à peine après avoir donné naissance à son deuxième enfant.
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«Même si j’ai réussi de grandes choses dans ma carrière, je reste humaine.» Clarisse Agbégnénou l’avait réaffirmé il y a deux semaines, avant de s’envoler pour Bakou disputer les Championnats du monde, histoire de tempérer l’effervescence autour de son retour sur les tatamis. Cinq mois après avoir donné naissance à son deuxième enfant, un petit garçon prénommé Dakota qui est venu rejoindre sa sœur Athéna née, elle, en 2022, la judokate française était parvenue à monter sur la troisième marche du podium lors du Grand Slam à Lausanne fin août. Un retour aussi impressionnant que rapide, qui avait conforté ses ambitions de décrocher un septième titre mondial dans la capitale azerbaïdjanaise…
Un objectif qui, hélas, s’est effondré au moment où il paraissait se consolider. Opposée en quarts de finale à la Hongroise Ana Kriza, qu’elle avait justement battue lors de son premier combat à Lausanne, Agbégnénou partait largement favorite sur le papier. Mais ce statut n’allait faire que s’effriter au fil des minutes d’un combat qui lui échappait. Menée d’un yuko, la sextuple championne du monde parvenait à revenir à hauteur pour disputer un golden score, que son adversaire abordait sur un fil, avec déjà deux pénalités (shido) à son compteur. Mais au bout de quinze secondes dans ce temps supplémentaire, le tremblement de terre : Kriza surprenait la Française et marquait un waza-ari synonyme de victoire.
Le regard dans le vide, la tête entre les mains, Agbégnénou paraissait marquée. Ce qui se ressentait quelques minutes après, lorsqu’elle défiait la Mongole Enkhriilen Lkhagvatogoo, classée 2e mondiale dans sa catégorie des moins de 63kg. Un combat lors duquel la Tricolore n’allait jamais réussir à trouver de solutions. Comme si sa frustration était venue brouiller son esprit. Pénalisée à deux reprises, elle buvait le calice jusqu’à la lie en subissant un yuko à quinze secondes (encore) du terme d’un duel qu’elle achevait énervée et impuissante. Une journée sans médaille pour la France, donc, puisque Manon Deketer, l’autre Bleue engagée, avait cédé dès les 8es de finale.
Pourtant, l’entrée en lice de la Française avait, elle, été impeccable. Opposée à la Slovène Kaja Kajzer Zabkar, finaliste du Grand Slam de Budapest il y a un peu moins d’un mois, Agbégnénou s’était montrée aussi appliquée qu’efficace pour s’imposer en à peine plus de deux minutes de combat, d’un fauchage immédiatement suivi d’une immobilisation au sol. Un début solide, qui lui épargnait toute dépense énergétique superflue. Ce qui allait être le mot d’ordre de son 8e de finale, où elle faisait face à Catherine Beauchemin-Pinard, médaillée de bronze lors des Jeux de Tokyo en 2021 et vice-championne du monde un an plus tard. Surtout, la Canadienne restait sur deux succès d’affilée sur la native de Rennes. Le genre de statistique qui galvanise la «lionne» française…
Ainsi, ce mercredi, malgré les options tactiques décidées par Beauchemin-Pinard pour tenter de perturber la triple championne olympique, le grand cru était signé Agbégnénou. Imperturbable, elle faisait tomber les pénalités sur sa rivale, avant de porter l’estocade juste avant le gong d’un yuko précieux pour s’éviter un golden score toujours possiblement périlleux. Las, alors que l’espoir grandissait, le couperet s’apprêtait à tomber au tour suivant pour la Française qui, à 33 ans, vise un deuxième titre olympique en individuel à Los Angeles dans deux ans.
