Alors qu’elle s’attendait à défier l’Italie championne du monde chez elle pour une place en finale, l’équipe de France se retrouve opposée à la formation nordique, qui ne lui rappelle pas que de bons souvenirs.

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D’outsider à favorite en l’espace d’une soirée inattendue. En se qualifiant mardi pour le dernier carré de l’Euro en surclassant la Roumanie (3/0), l’équipe de France s’attendait à voir l’Italie, championne du monde en titre, la rejoindre mercredi soir. Mais la surprenante Finlande est passée par là, renversant des Transalpins, éteignant l’enthousiasme du public turinois lors d’un tie-break pourtant mal embarqué au moment où les volleyeurs de la Botte menaient 11-8. Mais les Nordiques n’ont rien lâché, solidement arrimés sur les épaules d’un Joonas Jokela diabolique avec ses 28 points, pour s’imposer au terme d’un duel épique de 2h15.

Une durée qui pourrait avoir son importance, étant donné que les Finlandais disposeront, aussi, d’un jour de repos de moins que des Bleus n’ayant bataillé qu’une grosse heure face à la Roumanie. L’atout fraîcheur sera donc du côté des doubles champions olympiques. «C’est vrai que nous nous préparions plutôt à jouer l’Italie, et finalement, ce sera la Finlande, une équipe très forte, qui s’est imposée sur le terrain de l’équipe championne du monde», a commenté Andrea Giani, l’entraîneur de l’équipe de France, sur le site de la Fédération. «Ils ont joué et gagné beaucoup de tie-breaks sur cet Euro (quatre remportés sur les cinq disputés), c’est la preuve que dans la difficulté, ils sont solides. C’est une équipe qui a beaucoup de caractère et joue un bon volley. On n’oublie pas qu’on avait perdu 3-2 contre elle il y a un an lors du Championnat du monde.»

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Le mauvais souvenir philippin

Un bien mauvais souvenir en effet que ce revers qui avait précipité la chute de la maison bleue aux Philippines avec une élimination dès la phase de groupes. Un crève-cœur pour la dernière danse du capitaine Benjamin Toniutti, qui a pris sa retraite internationale. Il sera donc forcément un peu question de revanche ce vendredi (21h) à Milan pour six des Bleus qui étaient présents lors de la déroute asiatique. Face à la 12e nation au classement mondial, la France possède de sérieux atouts pour rêver d’une sixième finale européenne dans son histoire, onze ans après la dernière qui fut sa seule victorieuse en 2015. Entre un Théo Faure resplendissant en attaque, un Mathis Henno qui, à 21 ans seulement, prend déjà une place considérable, ou encore un secteur du block particulièrement efficace derrière le tandem François Huetz-Simon Magnin, la sélection dirigée par Andrea Giani a les moyens de ses ambitions.

Seule véritable interrogation : comment va-t-elle gérer le coup de Trafalgar des Finlandais, qui bouleverse forcément l’approche de cette demi-finale ? Il ne faut pas oublier en effet qu’en l’absence de certains membres éminents de la «Team Yavbou» comme Earvin Ngapeth ou Jenia Grebennikov, qui ont souhaité couper un été, l’équipe de France présente un visage particulièrement rajeuni, avec notamment Noa Duflos-Rossi (19 ans), Daniel Iyegbekedo (tout juste 19 ans) ou encore Amir Tizi-Oualou (20 ans). Novices à un tel niveau de compétition internationale chez les A, ces trois talents peuvent-ils être rattrapés par la pression dans un match où ils auront beaucoup à perdre, ce qui n’aurait pas forcément été le cas face à l’Italie ? Là réside toute la problématique de cette demi-finale. Si les Bleus affichent la même confiance et la même sérénité qu’en 8es de finale contre le Portugal et en quarts contre la Roumanie, alors la Finlande ne constituera pas un obstacle insurmontable, loin de là. Mais si les bras de la bleusaille tremblent…