Après avoir été brièvement capitaine des Aiglons, le latéral droit de 34 ans paie parfois son caractère entier. Tout en restant un atout fort de Nice qui défie Lyon dimanche.

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Buteur décisif contre Strasbourg le week-end dernier, le latéral droit de Nice Jonathan Clauss, qui a récemment demandé à être délesté du brassard de capitaine, compte démontrer dimanche à Lyon (20h45) qu'il a retrouvé son meilleur niveau. Il se passe toujours quelque chose avec lui, d’ailleurs. La saison dernière, sollicité par le Bayer Leverkusen puis retenu par Nice, il a raté un dernier gros contrat, en a été déstabilisé et a manqué le bon wagon pour la Coupe du Monde. Mais il a aussi prolongé son contrat avec Nice jusqu'en 2028 et voit l'exercice en cours comme celui d'un renouveau sportif personnel.

Devenu père, l'homme de 34 ans s'investit au club et entend retrouver l'Europe avec lui. Son nouvel entraîneur Olivier Pantaloni a rapidement décelé chez lui cette exigence et en a fait son capitaine au terme de la préparation. Mais après quatre journées, Clauss a jeté l'éponge. À la veille de la réception de Lille, le 20 septembre dernier, il a annoncé ne pas se «sentir l'âme d'un capitaine». «Il a parlé au groupe, je trouve ça positif», explique Pantaloni, qui a alors apprécié le courage de son joueur face à ses partenaires.

On peut se demander si ce leadership est positif ou négatif.

Olivier Pantaloni

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Avec le recul, le Corse continue de voir en son défenseur un «leader technique qui montre de belles choses, de l'envie. Mais il s'est décrit lui-même par rapport à son caractère, qui fait qu'à certains moments, on peut se demander si ce leadership est positif ou négatif», a-t-il reconnu. Mais à quoi ressemble cet autoportrait ? L'international (14 sélections) a été d'une grande honnêteté après la victoire contre Strasbourg et il estime que son désir d'exigence est incompatible avec le port du brassard.

«C'est surtout au plan communication. On ne me voit pas de la bonne manière, car parfois je casse les couilles. Désormais, on voit ça différemment et pas en se disant : c'est le capitaine, il veut en faire trop», a-t-il expliqué. «Moi, j'ai toujours été comme ça : chiant, exigeant envers moi-même et les autres. Le brassard a peut-être trop appuyé l'exigence. À un moment, j'ai peut-être saoulé les gens. Aujourd'hui, je pense que ce n'est plus le cas. La communication est plus saine», a-t-il ajouté.

On sait comment il est. Donc par moments, quand il entre dans sa petite folie, on va le laisser tranquille et il redescend.

Niels Nkounkou

Son partenaire Niels Nkounkou corrobore. «Jo, il est lui-même», souligne-t-il. «C'est vrai, de temps en temps, il est derrière tout le monde sur certains détails, des petits trucs qui ne nous paraissent pas importants. Mais pour lui, il faut les faire. Parfois, il est un peu plus dur avec certains. C'est sa force de caractère.» Jusqu'au conflit ? «Non», rétorque Nkounkou. «On sait comment il est. Donc par moments, quand il entre dans sa petite folie, on va le laisser tranquille et il redescend.»

Brassard ou pas, Clauss n'a donc pas changé. «Je reste un relais du coach sur le terrain», dit-il. Sauf que ses exigences, il les distille désormais à titre personnel. Et c'est son aîné Axel Witsel, 37 ans, qui représente le groupe au quotidien. Quant à Pantaloni, il ne croit pas à une relation entre sa progression actuelle et ce délestage. «Je n'ai pas le sentiment que le brassard lui ait mis un poids supplémentaire sur les épaules et qu'il en soit libéré. C'est simplement un joueur aux qualités énormes, qui a mis du temps à retrouver la plénitude de ses moyens, de ses sensations», estime-t-il. Avant d'évoquer des «problèmes respiratoires qui l'avaient gêné» en début de saison. «Il avait des difficultés à répéter les efforts, se remémore l'entraîneur. Il se questionnait à ce sujet. C'est maintenant réglé. Il est rassuré et peut se lâcher complètement.»