La championne olympique d’Athènes est revenue, lors d’un point presse, sur différents sujets : Léon Marchand, la retraite de son frère Florent, la santé mentale…

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Son regard sur ces Championnats d’Europe à domicile

«J’ai suivi de loin et quand je vois tout l’engouement qu’il y a autour de la natation aujourd’hui et de ces événements, c’est flatteur pour les nageurs, pour la Fédération qui met tout en œuvre et pour tous les bénévoles. Je pense que c’est bien aussi pour les jeunes qui arrivent et qui voient que la natation, ça marche par vagues. Je pense que ça peut motiver certains jeunes nageurs à continuer et à performer après dans leur petite ou grande carrière.»

Son regard sur Léon Marchand

«Que ça soit sur le 400m ou d’autres épreuves, il a tout ce qu’il faut. Je pense qu’il s’entraîne de la meilleure des manières. Il sait se gérer. Moi, je n’ai aucun conseil à lui donner puisque aujourd’hui, il a déjà une carrière exceptionnelle. Je pense que je suis un peu comme vous. Moi, je découvre et c’est vrai qu’à chaque fois, je me dis : «Mais on a de la chance de l’avoir.» C’est difficile de continuer à performer parce qu’on se met la pression, parce qu’on a du mal aussi à conserver le plaisir avec la pression qui prend le dessus parce qu’il y a les partenaires, les médias, etc. C’est vrai que moi, je ne l’avais pas bien vécu. Je trouve qu’aujourd’hui, il est bien protégé et c’est ce qui fait qu’il va durer. En tout cas, je l’espère pour lui. Il sait ce qu’il faut faire et le fait de changer d’épreuve, ça lui permet aussi de découvrir d’autres choses, d’autres tactiques de course, de nager contre d’autres personnes et de se nourrir de tout ce qu’il peut vivre aujourd’hui. On est à deux ans des Jeux, donc il faut qu’il prenne du plaisir en essayant de ne pas se mettre la pression, même si, inconsciemment, on se la met quand même.»

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Son regard sur la santé mentale

«À mon époque, il n’y avait pas de santé mentale. En tout cas, on ne se posait pas la question. On encaissait, on assumait et on ne se disait pas que nos têtes avaient besoin d’aide. Nous, c’était vraiment que le corps, on y allait à fond et je pense que c’est pour ça que les carrières étaient courtes. À un moment donné, on n’en pouvait plus et on ne se posait pas la question de ce dont on avait besoin psychologiquement. Aujourd’hui, c’est un tout. On est suivi par des kinés, par des ostéos et aussi par des psys. Je pense que même dans la vie en général, aujourd’hui, tout le monde accepte de dire qu’il va voir un psy. Ce n’est pas parce qu’on est malade, c’est parce qu’on en a besoin et parce que ça nous fait évoluer positivement. Je pense que c’est important, justement, d’axer la performance aussi sur ce côté-là. Moi, je me suis toujours dit que mon côté mental m’aidait à 80 % et mon côté physique à 20%. Je pense qu’on ne peut pas délaisser ce côté-là aujourd’hui. En tout cas pour être heureux.

Son regard sur la retraite de son frère, Florent

«Moi, l’image de Flo que je garde, c’est quand il était tout petit sur son vélo. Plus sérieusement, j’ai souvent répondu, quand on me posait la question de savoir quel était le meilleur souvenir de ma carrière, que c’était le titre de Flo aux Jeux de Londres en 2012 parce que je n’étais pas dans la piscine, enfin je n’étais pas dans l’eau et je n’étais pas maître de la performance. Donc forcément, émotionnellement, c’est différent. Je ressens toujours une grande fierté pour lui parce qu’il a effectué une grande carrière. Je suis un peu sans mots parce que c’est compliqué de tout résumer. On a vécu tellement de choses quand on était jeunes, tellement de choses pendant les JO, pendant d’autres courses, pendant toute notre vie. Pour moi, ça reste mon petit frère de 1m99 qui m’a donné beaucoup d’émotions. Plus que ce que moi, j’ai pu en avoir en nageant.»

Son regard sur le fait de partir aux États-Unis pour progresser

«Je pense que c’est important d’aller voir ailleurs ce qui se passe, de chercher d’autres manières de s’entraîner. Les Américains sont très forts là-dessus pour ne pas se mettre trop de pression puisqu’ils axent plus sur les études. Ça dépend de la raison pour laquelle on part. Si c’est pour continuer les études, si c’est juste pour avoir la paix et vraiment se concentrer sur sa carrière sportive, je pense que c’est bien que ça soit aux États-Unis ou ailleurs. Maintenant, il y a beaucoup plus d’ouverture et de partage dans le monde de la natation. Ce n’est pas parce qu’on est français qu’on doit rester en France. Ça, je trouve que c’est vraiment bien pour la nouvelle génération.»