Le meilleur buteur de Ligue 1 avec Rennes la saison passée, convoqué par Zinédine Zidane en équipe de France, a réussi avec brio son passage devant les médias ce mardi à Clairefontaine.

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Ce n’est jamais un cadeau et il s’en est parfaitement tiré. Petit nouveau de l’équipe de France - avec Butez, Restes, Jacquet, Diouf et Da Cunha - Estéban Lepaul, 26 ans, a réussi avec brio son passage devant les médias ce mardi matin. Clair, concis, mais aussi bavard au moment d’entrer dans le fond des questions, le Rennais est apparu souriant, détendu et même parfois léger.

Bien loin de la pression d’un homme qui découvre une autre dimension et se voit observer par tous les suiveurs. Lundi, lors du premier entraînement, il a même reçu ses premières consignes de Zinédine Zidane. Avec quatre matches au programme durant cette séquence internationale, l’ancien Lyonnais aura l’occasion de se montrer.

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Ses souvenirs des Bleus

« Pour les moments forts, ça va être assez simple. Je ne vais pas vous parler de 98 parce que je n’étais pas né (18 avril 2000). 2006 sont les premiers souvenirs pour moi et ils sont assez douloureux pour le coup (défaite en finale contre l’Italie, avec un coup de boule de Zidane). La finale de la Coupe du monde 2018, que j’ai vécue à la place Bellecour de Lyon et que j’ai célébrée très tardivement. Pour les aventures un peu plus récentes, la défaite en finale de Coupe du monde 2022 qui m’avait fait très mal. Mais je dirais que je suis un enfant de la Coupe du monde 2018. »

Les échanges avec Zidane à l’entraînement

« Pour ce qui est de la première séance avec le coach, ça s’est très bien passé. Il a montré qu’il avait encore de beaux restes (sourire). Quoi de mieux que de recevoir quelques ballons de Zinédine Zidane pour un travail devant le but ? C’est un rêve éveillé, bien sûr, mais je veux être acteur de ce rassemblement. Tout s’est très bien passé. Ce qu’on peut considérer comme un peu de stress et de pression, c’est vite parti. Tout s’est très bien passé avec lui. »

Son vote pour le Ballon d’Or

« Tout ce que je peux espérer à ce moment-là, c’est que ce soit un Français qui le remporte et qu’on puisse fêter ça ensemble et que ça reflète encore que les Français sont au sommet et qu’on a les meilleurs joueurs actuels du football. »

Maintenant que mon père n’est plus là, c’est mon moteur au quotidien et c’est par ça que je suis animé

Quand a-t-il cru possible de découvrir les Bleus

« Je dirais très honnêtement à la fin de la saison de Ligue 1 l’année dernière, en finissant meilleur buteur. Je me suis dit que finir meilleur buteur d’un des cinq grands championnats, ce n’est pas donné à tout le monde et ce n’est pas quelque chose d’anodin non plus. Donc je me suis dit : « Pourquoi pas aller frapper à la porte de la sélection ? » On y est quelques mois plus tard... »

L’importance de son père

« Vous savez, quand vous avez eu un père (il a joué à l’AJ Auxerre) qui a connu le football de haut niveau, la Ligue des champions, je pense que l’équipe de France aurait pu être quelque chose pour lui aussi et qu’il n’y est pas arrivé, il y a quelque chose qui s’est transmis entre lui et moi dès mon plus jeune âge. Il a pris le relais sur le fait de m’accompagner le plus possible. Et au final, je crois que les choses sont bien faites puisque je l’ai perdu en 2020, comme vous le savez, mais sa carrière s’est arrêtée à l’âge de 24 ans. Et à 24 ans, c’est l’âge où la mienne a commencé. Je pense que c’était une sorte de passation et il y a un peu une sorte d’histoire à finir. C’est en bonne voie pour que ça se passe comme je le souhaite. Maintenant qu’il n’est plus là, c’est mon moteur au quotidien et c’est par ça que je suis animé. Voilà d’où vient toute cette force depuis 2020. »

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Sa découverte de Clairefontaine

« On a savouré ça (sa convocation). J’étais avec les joueurs du Stade, on était en stage en Slovénie et on a vécu ça ensemble. C’était incroyable, un moment inoubliable dans ma vie. Pour revenir sur l’arrivée en tant que joueur, je ne vais pas mentir, ce qui m’a frappé le premier, c’est de voir le coq avec deux étoiles. Pour moi, c’est l’image la plus marquante de mon arrivée. Et quelle fierté de pouvoir porter cet écusson avec ce double titre de champion du monde !J’ai découvert petit à petit Clairefontaine. Je ne connais pas tout encore. Je me suis trompé d’étage tout de suite en arrivant. (rires)»

« C’est la vie dont je rêvais étant petit »

La gestion des récents évènements

« Je le vis assez facilement. Je suis quelqu’un de très simple dans la vie de tous les jours, donc il n’y a pas grand-chose qui a changé. Généralement, chaque année, il y avait un nouveau truc qui m’arrivait. Non, je l’aborde assez facilement. Je ne change rien du tout dans ma manière d’être au quotidien, que ça soit à la maison, dans ma vie en dehors et au club. Très honnêtement, pas beaucoup de changements. Juste du kiff étant donné que c’est la vie dont on rêvait quand on était petit. Autant vous dire que je profite. »

Ses objectifs durant ce rassemblement

« Les premiers objectifs, déjà pour parler collectif, c’est de gagner les quatre matchs. On va être honnête et c’est ce qui va être le leitmotiv du groupe sur ces deux semaines. Et pour moi, ça va être d’aller chercher du temps de jeu, d’apporter ce que je peux à cette équipe sur le temps de jeu que j’aurai. S’il y a un premier but, ça me va. Et s’il y en a plusieurs, ça m’ira aussi. Mais non, l’essentiel, ça va être d’apporter ce que je peux au groupe. Et j’ai tendance à dire que quand on travaille bien, on est récompensé. »

Les échanges avec Zidane

« On a eu un premier meeting où il nous a présenté le staff. On a eu la séance terrain et une deuxième réunion qui a duré 10 minutes, où il nous a présenté une vidéo de l’histoire de l’équipe de France, de tout ce que ça peut représenter, pour qu’il y ait une prise de conscience de tout ce qu’elle a pu gagner, de toutes les compétitions dans lesquelles elle a brillé, de parler un peu de cet héritage qui est transmis, au final, de génération en génération. On sait l’importance qu’il accorde à la sélection et à l’équipe de France. C’est à nous de jouer. Il y en aura après, mais représenter en tout cas la France de la plus belle des manières. »

L’importance de l’équipe de France pour la nouvelle génération

« Le coach veut nous transmettre cette mentalité d’être des fervents défenseurs de notre écusson et de représenter ça le mieux possible. Je le répète et je pense que tout le monde qui vient en sélection sait ce que ça représente. Il n’y a pas de joueur qui sous-estime ce maillot bleu. Tout le monde le portera haut et fièrement pendant les quatre matchs qui vont arriver. Je pense que c’était nécessaire dans le sens d’essayer d’imprégner quelque chose dans ce nouveau groupe et avec ce nouveau staff. »

« J’apprécie Kane, Torres et Martinez dans les attaquants du moment » Passer la publicité

La concurrence en attaque

« On a sûrement ce qui se fait de mieux au monde dans ce secteur de jeu. Je veux être un profil différent. J’adore marquer des buts, mais de plus en plus, j’aime participer au jeu. Quoi de mieux que d’être entouré de joueurs comme Désiré (Doué), comme Michael (Olise), comme Ousmane (Dembélé), comme Kylian (Mbappé) pour être servi et pouvoir marquer des buts. Donc, ça va me permettre aussi d’essayer plus de choses, d’être très libéré parce qu’au final, il n’y a rien à perdre. Et puis avec la qualité qu’il y a autour, il y a de quoi être servi correctement. Je veux apprendre d’autres choses que je n’ai pas forcément dans mon jeu, qui sont plus dans le registre de ces joueurs-là. »

Son discours rafraîchissant

« Je l’ai dit, j’ai envie d’être acteur de cette sélection et encore plus d’être acteur de ce qui va se passer après, puisque après avoir été convoqué une fois et d’avoir goûté à ça, la seule envie que je vais avoir, c’est d’y regoûter encore et encore. Sur ma manière de fonctionner, elle ne changera pas, que ça soit ici ou en club, on travaillera toujours autant. Et moi, je n’aurai qu’une envie, c’est de revenir ici. Donc ça va me donner encore plus de motivation au quotidien pour aller au travail. »

Ce qu’il piquerait à Mbappé et Dembélé

« Ce sont des joueurs aux talents extraordinaires. Je vais m’inspirer d’eux dans la finition, le déplacement. De voir ce qu’ils peuvent proposer sans ballon. On va observer. Je pense que ce sont des joueurs qui ont une qualité technique bien au-dessus de la norme. »

Ses idoles en Bleus et les attaquants qui l’inspirent aujourd’hui

« En Bleu, au vu de la génération de laquelle je suis, ça a été Kylian et Olivier Giroud. Olivier dans un style plus de surface et de vrai buteur. Quelque chose qui m’inspire au vu de son histoire aussi, qui est assez semblable à la mienne au final. Et dans ce qui se fait maintenant, j’aime bien ce que Ferran Torres peut faire au PSG. Je suis un grand fan d’Harry Kane au Bayern. Il y a un peu de tout. J’aime bien Lautaro (Martinez) à l’Inter aussi. Il y a de la grinta sud-américaine. Harry Kane sait tout faire et Ferran Torres dans un rôle de joueur qui peut aussi ne pas marquer dans un match, mais faire énormément de choses pour l’équipe. Et qui en plus est un excellent finisseur. Si je dois m’éparpiller sur les profils, ce sera les trois là. »