Sacré Ballon d’Or, l’attaquant fait la une de la presse internationale. Entre célébrations en Angleterre et déception en Espagne, les réactions divergent autour du choix du vainqueur.
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Harry Kane a été couronné hier à Londres, et ce mardi matin, les médias du monde entier commentent l’événement, chacun avec un regard teinté de sa propre sensibilité nationale.
Outre-Manche, la fête est totale. Le sacre de Kane met fin à vingt-cinq ans d’attente, puisque l’Angleterre n’avait plus vu l’un des siens remporter le Ballon d’or depuis Michael Owen, en 2001. Le Sun joue sur les mots avec un «Yes He Kan !» en une, tandis que le Guardian salue un «vainqueur totalement méritant de la plus haute distinction du football», qui a fait preuve d’une «d’une humilité remarquable en tant que superstar».
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Même son de cloche dans le Daily Mail. Dans son éditorial, Oliver Holt, rédacteur en chef du service des sports, estime que ce moment prouve que le football sait récompenser des hommes qui n’ont recherché «ni la gloire, ni la controverse», mais qui se sont consacrés à «une carrière d’excellence discrète». Il cible au passage des contre-exemples, comme Lamine Yamal, à qui il reproche d’abuser de sa célébrité en «engageant des artistes atteints de nanisme pour fêter ses 18 ans», ou encore Cristiano Ronaldo, selon lui «d’un narcissisme exubérant».
L’Espagne grince des dents
De l’autre côté des Pyrénées, c’est Alexia Putellas qui est mise à l’honneur, à l’image de la une de Marca, qui titre en soulignant « l’âge d’or » du football féminin espagnol, de nouveau célébré lors de la cérémonie.
Une pointe d’amertume se fait tout de même ressentir concernant l’attribution du trophée à Harry Kane, surtout dans une année qui a vu la Roja décrocher sa seconde étoile. Le quotidien sportif AS ne résiste ainsi pas au fait d’égratigner un peu leurs confrères anglais. «Cet été, il n’y a pas eu de deuxième étoile, mais les Anglais doivent malgré tout penser désormais: Football’s Coming Home», écrit le quotidien sportif madrilène.
En Catalogne, le ton est encore plus offensif. Santi Nolla, directeur du média catalan Mundo Deportivo, juge que le choix de Kane comme meilleur joueur du monde cette saison «ne reflète pas la réalité», dans une saison ou il «n’a disputé ni la finale de la Coupe du monde ni celle de la Ligue des champions, et la Bundesliga se classe entre la troisième et la quatrième place des cinq meilleurs Championnats européens». À ses yeux, le vainqueur idéal était Lamine Yamal, qui représente « la magie » et qui incarne «l’imprévisible, le spectaculaire, l’originalité».
Mbappé encore frustré
En Allemagne, pays où Harry Kane joue au quotidien sous le maillot du Bayern Munich, les louanges sont de mise. «À vrai dire, même ici en Bundesliga, on ressent une certaine fierté pour ce professionnel exemplaire», avoue Henning Feindt dans Bild, qui en profite pour glisser un clin d’œil au championnat allemand. Pour lui, Kane envoie «le signal à toutes les stars du monde : c’est possible aussi de gagner le Ballon d’Or en Bundesliga !».
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Même concert de compliments en France, où l’Anglais est salué de toutes parts. L’Équipe prête allégeance au «Roi Harry» en une, et Le Figaro applaudit «le sacre d’un football sans paillettes». Reste la soirée de Kylian Mbappé, évoquée du bout des lèvres. «Comme un lundi…», ironise L’Équipe pour la résumer, et Le Parisien titre «L’élu attendra». Le même constat s’impose en Espagne, où Marca souligne que le joueur du Real Madrid « a une nouvelle fois échoué». Pour Kylian Mbappé, la soirée aura donc un goût d’inachevé, et le Ballon d’or, qu’il convoite tant, devra une nouvelle fois attendre.