Le joueur de la Section Paloise sera attendu, samedi, au poste d’arrière de l’équipe de France face à la redoutable ligne de trois-quarts des Fidji.

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Patrick Arlettaz  a parlé d’une vraie émulation, d’une nouvelle compétition  et d’une envie de gagner chez les joueurs. Est-ce que vous le ressentez ?

Théo Attissogbe : Oui, il a raison. C’est vrai que c’est une nouvelle compétition qui a commencé cet été. On en avait déjà parlé cet été, on est tous des compétiteurs et quand on s’engage dans une compétition comme ça, évidemment que l’on veut la gagner. Ça fait plaisir de revenir et de rebattre les cartes en novembre, donc c’est cool.

Est-ce que vous regardez le classement et les résultats des autres équipes ?

Oui, complètement. On a pu débuter cette compétition cet été en Nouvelle-Zélande avec cette tournée dans l’hémisphère sud. C’est hyper excitant. On sait qu’il y a des bonus offensifs, des bonus défensifs, ça change des test-matches classiques. Il y a un aspect stratégique qui est aussi différent et qu’on apprécie tous. Dès qu’on s’engage dans une compétition, on y va avec la volonté de la remporter. On va commencer par un gros match face aux Fidji.

Depuis le début de la saison, avec la blessure de Jack Maddocks, vous êtes titulaire à l’arrière. Qu’avez-vous travaillé cet été pour être encore plus performant à ce poste ?

J’ai en effet beaucoup joué à ce poste en ce début de saison après la blessure de Jack. C’est aussi un de mes postes. J’aime bien naviguer entre le poste d’ailier et d’arrière. Je sais que dans le rugby actuel, le jeu au pied et toutes les formes de jeu au pied sont très importants. Donc si je devais retenir simplement un axe important pour moi, je pense que c’est la qualité de jeu au pied, d’autant plus sur le poste d’arrière. C’est un sujet sur lequel je passe pas mal de temps en club et aussi ici pour être performant sur les matches.

En équipe de France, l’arrière est souvent un deuxième ouvreur, avec Thomas Ramos ou Matthieu Jalibert. Votre rôle à l’arrière sera-t-il différent de celui que vous avez à Pau ?

Oui, parce qu’il y a une adaptation générale et que le projet de jeu change par rapport à la Section Paloise, ce qui est normal. Mais ça fait maintenant quelques années que j’ai la chance de faire partie de ce groupe France. Donc, j’ai quand même des habitudes avec ce projet. Et après, c’est aussi un projet qui est adaptable par rapport aux qualités de chacun et au profil de chacun. C’est sûr que j’ai un profil différent, par exemple, de Thomas Ramos, mais je vais jouer sur mes qualités pour aider au mieux le collectif et pour pouvoir être le plus présent possible.

Le XV de France a souvent utilisé l’arrière comme un meneur de jeu, notamment avec Thomas Ramos ou Matthieu Jalibert. Vous sentez-vous capable d’endosser ce rôle ou vous verra-t-on faire quelque chose de totalement différent ?

Ce projet de jeu, c’est aussi s’adapter aux profils qui le construisent. J’ai peut-être un profil un petit peu différent des profils cités, mais il faut aussi que je puisse être capable à certains moments de soulager un petit peu aussi Romain (Ntamack) dans la conduite du jeu. C’est un aspect aussi important pour moi lorsque j’occupe ce poste d’arrière qui peut être un peu différent du poste d’ailier. C’est aussi un point qui est important pour moi quand j’aborde les matches à l’arrière, savoir suppléer aussi et aider un petit peu Romain et Antoine dans la conduite du jeu.

Vous allez probablement jouer avec Aaron Grandidier-Nkanang, que vous connaissez en club. Qu’est-ce qui fait sa force ?

Aaron, c’est un énorme athlète ! Déjà physiquement, il a des qualités physiques qui sont assez impressionnantes, une certaine vélocité et une vitesse pure aussi qui font de lui un joueur ultra-imprévisible. On connaît tous aussi sa qualité dans les duels aériens. C’est une force pour nous à Pau. J’espère que ça le sera aussi ici en bleu. C’est un joueur sur lequel on peut s’appuyer sur beaucoup d’aspects du jeu, parce que c’est aussi quelqu’un qui prend du plaisir à défendre, qui aime enchaîner les tâches. On aura besoin de lui.

Le triangle arrière que vous allez composer avec Louis Bielle-Biarrey et Aaron Grandidier-Nkanang va proposer de beaucoup de vitesse pour relancer. Comment voyez-vous cette association ?

Le profil de ce triangle arrière est plutôt porté sur la vitesse et les espaces. Donc, il va falloir qu’on se trouve au mieux et qu’on sache aussi alterner pour être le plus imprévisible possible. Je pense que c’est quelque chose d’ultra-important, rester imprévisible pour pouvoir s’adapter aussi à ce que nous propose l’adversaire, donc en l’occurrence les Fidjiens. Mais en tout cas, c’est sûr qu’on a une certaine appétence pour ce jeu d’espace et ce jeu de mouvement.

Antoine Dupont et Romain Ntamack vont être associés à la charnière. Vous sentez leur leadership dans la semaine, notamment à l’entraînement ?

Totalement. Depuis qu’on s’est réunis, on sent sur chaque entraînement le leadership qu’ils apportent. Ils sont à deux postes clés, ceux de la charnière. On sent qu’ils s’entendent bien et qu’ils ont l’habitude de jouer ensemble. C’est super pour nous parce que jouer autour d’eux, on sent que c’est plus simple. On est très heureux de les voir associés.

Quel regard portez-vous sur la ligne arrière des Fidjiens ? Avez-vous discuté entre vous de la manière de la gérer ce week-end ?

On les connaît tous du fait qu’ils jouent pour la majorité dans le championnat de France. On les voit tous les week-ends, on les voit aussi réaliser très souvent des exploits. On s’y prépare parce qu’on sait que ça va être un rude combat qu’ils vont nous proposer. Donc à nous d’être prêts samedi soir pour répondre à tout ça et essayer d’endiguer au maximum leurs offensives.

Les blessures sont nombreuses en Top 14. Avez-vous parfois le sentiment qu’elles constituent, malgré elles, le seul moyen de récupérer au cours de saisons aussi longues ?

C’est une question intéressante. Mais c’est vrai que lors des blessures, on retrouve aussi nos week-ends, des choses comme ça. Mais il ne faut pas oublier non plus que quand on est blessé, on travaille durement pour revenir sur le terrain, revenir rapidement, revenir dans la meilleure forme possible. C’est quand même un travail de longue haleine et qui est parfois usant autant physiquement que mentalement. Je ne pense pas que la solution, finalement, ce soit d’avoir des blessures pour récupérer, mais force est de constater que c’est vrai que les longues périodes, en tout cas sans contact et sans match, les seules périodes aussi longues, ce sont les périodes de blessure. Donc c’est sûr qu’il y a un questionnement à avoir par rapport à ça.

Propos recueillis en conférence de presse