Avant de défier trois fois la Nouvelle-Zélande sur ses terres, le sélectionneur tricolore François Ratier trace la feuille de route pour les Bleues. Premier test, ce samedi, à Hamilton.
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Un triple test pour les Bleues. Le XV de France féminin avait perdu son premier match des Women XV Global Series en septembre contre la Nouvelle-Zélande (14-28) avant de s’imposer face à l’Australie (29-26) et surtout contre les vice-championnes du monde canadiennes (21-5). Place désormais à trois matches en Nouvelle-Zélande face aux redoutables Black Ferns. Un défi de taille pour les joueuses du sélectionneur François Ratier. Premier choc samedi (4h05) au Waikato Stadium de Hamilton.
Beaucoup de vos joueuses cadres sont absentes pour cette tournée. Qu’attendez-vous des joueuses que vous avez amenées en Nouvelle-Zélande ?
François Ratier : Pour celles qui ont déjà deux ou trois sélections, on commence à vouloir qu’elles s’imposent, en tout cas qu’elles enfilent le costume directement, sans trop se poser de questions. Pour les nouvelles, celles qui connaîtront leur première sélection ce week-end, il faut surtout qu’elles profitent du moment. Ensuite, on verra.
Qu’avez-vous retenu de votre match face aux Black Ferns à Lyon (défaite 14-28) ?
Nous avons surtout observé le jeu néo-zélandais à Lyon, davantage que le nôtre, car nous étions en reprise. Certains repères n’étaient pas encore en place. De leur côté, les Néo-Zélandaises avaient déjà disputé deux matches internationaux et commençaient à trouver un rythme très intéressant. Elles possèdent des individualités et des capacités au contact et dans les duels assez phénoménales. Nous nous sommes davantage appuyés sur notre performance contre le Canada, tout en restant mesurés. C’est un bon résultat à l’instant T, mais nous l’avons analysé avec recul. Certaines choses sont intéressantes, d’autres ne le sont pas du tout. Pour les Black Ferns, nous avons plutôt regardé leur match contre l’Angleterre afin d’évaluer l’évolution de leur jeu.
Comment avez-vous exploité votre match remporté face au Canada ?
Ce match n’a pas changé grand-chose, et il ne faut surtout pas qu’il nous fasse changer de cap. Cette rencontre a confirmé que nous avions du caractère, déjà mis à l’épreuve le week-end précédent contre l’Australie, dans des conditions particulières. Nous pouvons valider cet aspect. Elle a aussi montré que nous étions capables de nous rapprocher des objectifs fixés dans notre projet offensif, et parfois de les atteindre, sans que ce soit le fruit du hasard. C’est très encourageant. Notre système défensif est également bien en place et constituera l’une de nos grandes forces sur ce cycle. Pour être champion du monde, il faut avoir la meilleure défense du monde. C’est comme ça. Le système que nous avons mis en place est adapté à nos objectifs.
Il y a plusieurs motifs de satisfaction…
Nous nous sommes servis de ce match, mais les joueuses savent qu’il faut garder la tête froide après l’émotion et l’euphorie d’une victoire. La joie est légitime, sinon cela ne sert à rien de faire du sport ni de s’entraîner autant. Mais normalement, le Canada, c’est 40 points, pas 21. Les vingt points laissés en route doivent nous interpeller. Lors de matches comme celui qui nous attend, nous n’aurons pas douze entrées dans la zone de marque. Les occasions que nous obtiendrons, il faudra les concrétiser. Nous avons tiré des enseignements de cette victoire, mais nous ne sommes pas encore au niveau souhaité.
Il a fallu vous acclimater à la Nouvelle-Zélande. Quel est votre quotidien depuis votre arrivée ? Il y a notamment eu cette visite de l’Eden Park pendant le match des All Blacks ?
Après une vingtaine d’heures de voyage, les trois premiers jours ont été consacrés à l’acclimatation, presque individuellement. Nous avons laissé beaucoup de liberté aux joueuses. Nous sommes allés sur le terrain une fois avant de reprendre normalement, à la fin de la semaine dernière. Depuis dimanche soir, nous avons retrouvé les mêmes routines qu’à Marcoussis : débrief du match précédent, contre le Canada, le dimanche soir, entraînement le lundi et le mardi, repos le mercredi, entraînement le jeudi, puis reconnaissance du terrain vendredi et match samedi. Nous essayons de lutter contre le décalage horaire et les effets du voyage grâce aux entraînements, mais aussi aux visites de la ville.
Quels sont vos objectifs pour cette série de trois matches face aux Black Ferns ?
L’objectif est évidemment de monter en puissance au fil des matches. Nous avons une équipe jeune, avec 24 ans de moyenne d’âge et très peu de sélections. C’est le bon moment pour le faire dans notre cycle. Il fallait voir tout de suite les jeunes qui nous ont rejoints, afin de pouvoir aligner la meilleure équipe possible au fur et à mesure de la tournée. Nous avons également deux joueuses suspendues qui sont avec nous, mais qui ne seront de nouveau éligibles qu’à partir du deuxième match. Ce sont deux avants, ce qui n’est pas négligeable. Nous espérons donc construire notre dynamique, un match après l’autre. Pour le premier, nous voulons voir ce que les jeunes peuvent apporter au groupe.
Comment sentez-vous vos joueuses ? Au-delà de cette aventure en Nouvelle-Zélande, il y a beaucoup de places à prendre, y compris pour celles qui sont déjà expérimentées…
Elles sont plutôt enthousiastes, en tout cas au vu des derniers jours passés ensemble. Le staff essaie de créer un climat d’apprentissage dans lequel les joueuses se sentent bien. Nous sommes très exigeants sur le terrain, mais elles doivent aussi profiter du moment et se sentir dans les meilleures conditions pour performer. Si je reprends le cliché selon lequel le groupe vit bien, je dirais qu’il vit bien ! Récemment encore, l’ambiance était très sympa, très bruyante et pleine d’énergie.
