Les Bleues affrontent, ce samedi (17h45) à La Rochelle, l’une des trois meilleures nations du rugby féminin. Un gros test pour les joueuses de François Ratier.

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L’heure du choc. Les Bleues, qui n'en sont qu'au début du projet du sélectionneur François Ratier, arrivé en janvier, vont s'étalonner ce samedi (17h45, France 2) à La Rochelle face à une des trois meilleures nations du rugby féminin, le Canada. Contre qui une victoire relèverait presque de l'exploit.

«Est-ce qu'elles sont favorites? Oui. Est-ce qu'elles sont meilleures que nous sur l'expérience collective et la profondeur des postes? Oui. Mais sur un match... C'est pour ça qu'on le joue». François Ratier, qui connaît très bien le Canada pour y avoir vécu 20 ans et y avoir dirigé la sélection nationale féminine durant quatre ans (2013-2017), sait que l'après-midi de ses joueuses sera rude face aux Canadiennes.

Car au contraire de la sélection masculine, 22e nation mondiale, les Canadiennes sont troisièmes au classement World Rugby et sur une pente ascendante. En témoignent leur finale du Mondial 2025 en Angleterre contre les Anglaises et le match nul décroché il y a une semaine contre ces mêmes Red Roses (26-26), dont la série de 39 victoires consécutives a ainsi été brisée.

Certes, la France a atteint le dernier carré de la dernière Coupe du monde. Mais elle semble en retrait par rapport aux trois équipes du podium: les Françaises n'ont plus gagné contre les Anglaises depuis bientôt 10 ans, malgré une vingtaine d'affrontements, ont perdu quatre de leurs cinq derniers matches contre les Néo-Zélandaises depuis 2021 et six de leurs sept dernières confrontations contre les Canadiennes depuis 2013.

Manque de maîtrise

Et la victoire contre l'Australie (29-26), 9e nation mondiale, a surtout montré le manque de maîtrise des coéquipières d'Ambre Mwayembe et Cloé Correa, toutes deux expulsées au cours d'une séquence surréaliste qui a réduit les Bleues à 11 contre 15 pendant 10 minutes.

«À cause de ce match contre l'Australie, on s'est forgé malgré nous une réputation pas très positive. Il va falloir gommer ces mauvais comportements», a déclaré la centre Téani Feleu en début de semaine, après un retour vidéo musclé de la part de l'arbitre référent des Bleues Thibault Santamaria. Les Canadiennes, «ce sont des athlètes. Culturellement, elles sont basées sur beaucoup de sport avant le rugby», rappelle la troisième ligne Axelle Berthoumieu, qui en côtoie plusieurs en club au Stade bordelais.

On sait que les Canadiennes c’est énormément physique, que c’est extrêmement carré.

Mouna Touré, troisième ligne du XV de France

Malgré des moyens limités - elles ont eu recours au financement participatif pour améliorer leurs conditions de préparation au Mondial-2025 -, les Canadiennes sont parvenues à rattraper leur retard technique pour proposer un jeu de mouvement efficace et précis. «On sait que les Canadiennes c'est énormément physique, que c'est extrêmement carré (...) il y a un peu plus de justesse, alors que les Néo-Zélandaises jouent à l'instinct», souligne la troisième ligne Mouna Touré, qui va connaître sa première titularisation pour sa deuxième sélection.

Trois novices seront encore alignées par le sélectionneur, qui se sert de ces Women XV Global Series comme d'un moyen de tester en conditions réelles des jeunes joueuses comme Marie Ibanez, fille de Raphaël l'ancien talonneur des Bleus, qui va connaître sa première sélection sur l'aile dès le coup d'envoi. C'est un choix mais aussi une contrainte en raison du nombre des absentes, des septistes (Jacquet, Arbey, Dezou) aux suspendues en passant par les blessées et autres indisponibilités (M. Feleu, Fall-Raclot, Grisez, Soqeta...)

«On est obligé de penser en termes de victoire/défaite quand on fait du haut niveau, mais je crois qu'il faut bien que, nous, on se situe dans le où est ce qu'on est aujourd'hui, qu'est-ce qu'on essaie de construire et où est ce qu'elles sont, elles, aujourd'hui et qu'est-ce qu'elles ont déjà construit», a assumé François Ratier. Les Bleues auront ensuite dix jours de repos avant de s'envoler pour la Nouvelle-Zélande, pour trois matchs contre les Black Ferns, qui les ont battues début septembre à Lyon (28-14).