En «manque de leadership tactique et stratégique», les Bleues du XV de France ont conclu leur tournée en Nouvelle-Zélande par une troisième défaite d’affilée (36-7) samedi à Christchurch, pour clôturer les Women XV Global Series.

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Six essais pour les joueuses en noir, dont un nouveau doublé de l'ailière Shyrah Tuliau-Tua'a (12e et 50e), un seul pour les joueuses de François Ratier, par la talonneuse Maylis Mailagi (40e), pour sa première titularisation: jamais les Bleues n'ont semblé pouvoir l'emporter sous le toit du Te Kaha Stadium. Après la lourdeur du score du premier test (81-12) à Hamilton et la «colère» après la défaite 31-12 il y a une semaine à Whangarei, c'est «la frustration» qui ressortait samedi dans les propos du sélectionneur François Ratier. «À nouveau on se crée des opportunités», a-t-il constaté. Comme ces deux occasions, via Assia Khalfaoui retournée dans l'en-but à la 3e minute, ou par l'ailière clermontoise Anaïs Grando (70e), seule face à la ligne néo-zélandaise mais maladroite sur la passe de Lylou Pedussaud après un magnifique ballon porté.

Mais il y a toujours chez les Bleues «cette capacité à se saborder par manque de leadership tactique et stratégique», a-t-il regretté, soulignant ces moments où les Tricolores «ont joué à l'envers». «On a l'impression que les joueuses découvrent encore ce que c'est que la construction d'un match de haut niveau», a-t-il détaillé, soulignant cette incapacité à tuer un match que son équipe «aurait pu remporter» selon lui, si elle avait su «appuyer sur l'accélérateur dans les moments forts et mettre le frein à main» dans les moments plus difficiles.

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«Trois ans c'est suffisant»

Face à la puissance et la vitesse des Black Ferns, les Françaises ont encore été trop brouillonnes samedi. Mais peut-être ne pouvaient-elles pas espérer beaucoup mieux, avec 11 joueuses à moins de cinq sélections sur la feuille de match, dont une paire de centres totalement nouvelle, avec Elodie Fernandez et Charlie Gauyat, trois capes chacune.

Refusant de parler de «défaite encourageante», François Ratier a cependant évoqué «des choses positives», avec certaines joueuses «qui ont montré leur potentiel», même si «d'autres ont montré leurs limites». «Il y a beaucoup de raisons d'être optimistes, même si on paie très cher cet entre-deux et notamment l'entre-deux générationnel», a-t-il relativisé, persuadé encore que «trois ans c'est suffisant» pour remettre le XV de France féminin au niveau des cadors d'ici le Mondial 2029 en Australie, après avoir fini 4e au Mondial 2025 en Angleterre.

Battues quatre fois au total par les Néo-Zélandaises lors de ces Women XV Global Series, avec la défaite inaugurale à Lyon en septembre (41-28), les Bleues, privées de nombreuses cadres (Bourdon-Sansus, Fall-Raclot, Manae Feleu, Escudero) avant même le début de cette tournée puis décimées par les blessures (Berthoumieu, Vernier, Deshayes, etc.), auront au moins eu l'occasion de tester de nouvelles joueuses.

Sur les six rencontres de ces Global Series, les 4es mondiales, ont décroché deux victoires en septembre, contre l'Australie (29-26) à Aix-en-Provence puis face aux N.3 mondiales canadiennes (21-5) à La Rochelle. Mais attention, «le fossé pourrait se creuser» avec le podium mondial, a averti le sélectionneur, qui retrouvera ses joueuses cet hiver pour la préparation du Tournoi des six nations et les retrouvailles avec les N.1 anglaises, qu'elles n'ont plus battu depuis 2018.