Après avoir saisi sa chance cet été dans l’hémisphère sud, le talonneur de Bordeaux-Bègles, double champion d’Europe, va enchaîner, samedi à Lyon, face aux Fidji.

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Il faut se méfier des trois-quarts fidjiens , mais est-ce qu’il faut aussi craindre leurs avants et en particulier la mêlée fidjienne ?

Maxime Lamothe : Oui, de toute façon, je pense qu’à ce niveau, peu importent les équipes que l’on affronte, il faut se méfier de tous les joueurs. C’est vrai qu’on parle beaucoup des individualités de la ligne arrière des Fidjiens, mais j’ai envie de dire qu’à tous les postes, ce sont des joueurs qui peuvent faire la différence. Et on voit ces dernières années qu’ils s’améliorent aussi au niveau du collectif, au niveau de la conquête, que ce soit en touche ou en mêlée. C’est évidemment une équipe qui est très dangereuse dans ces secteurs.

Avec la Coupe du monde en Australie  qui approche, est-ce qu’on a l’impression de jouer sa place à chaque rendez-vous qui se présente ?

Je ne sais pas s’il faut le voir comme ça, mais en tout cas, chaque fois qu’on a l’opportunité de pouvoir porter le maillot de l’équipe de France, il faut se donner à 100 % et vouloir faire le meilleur match possible. La Coupe du monde, c’est loin et c’est proche, mais si on commence déjà à se projeter là-bas, on risque de faire de mauvaises performances. C’est match après match. D’abord, on a le match face aux Fidji ce week-end. Essayons de faire tous un bon match et ensuite, on verra par la suite.

Votre histoire avec le XV de France est récente, elle s’est beaucoup accélérée ces derniers mois. Quel regard portez-vous sur votre trajectoire ?

La première fois que j’avais été appelé au rassemblement, c’était après la Coupe du monde 2023. Ensuite, il y a eu un enchaînement où je n’ai pas forcément joué pendant deux ans. Ma première sélection est arrivée il y a un an, c’était à la même période en novembre, justement, face aux Fidji. C’est allé très vite la saison dernière. J’ai pu enchaîner ensuite un match au Tournoi et j’ai eu la chance de pouvoir disputer les trois matchs cet été. Je suis très content, je prends ce qu’on me donne et j’essaie, dès que je porte ce maillot, de donner le meilleur de moi-même pour pouvoir aider l’équipe à gagner.

À votre droite, vous allez avoir Sipili Falatea , votre coéquipier à l’UBB. Ça fait assez longtemps qu’il n’a pas été titulaire avec le XV de France. Comment le sentez-vous ?

Sipili, je le connais très bien. C’est vrai qu’il avait passé un an et demi, presque deux ans assez difficiles parce qu’il avait enchaîné les blessures, notamment au genou. Ça fait maintenant plus d’un an qu’il revient au top niveau. On le voit, il est dominant en mêlée, il est dominant dans le jeu, il enchaîne les tâches. Évidemment que ça fait plaisir de revoir ce joueur au top niveau parce qu’il avait été au top niveau avec l’équipe de France, notamment à la dernière Coupe du monde. Il a beaucoup travaillé, beaucoup travaillé dans l’ombre. C’est quelqu’un de très discret, mais qui ne rechigne jamais devant les efforts, il travaille tout seul. Franchement, ça, c’est respect. Je pense que tout le monde est content pour lui, pour ce qui lui arrive.

Vous côtoyez aussi Louis Bielle-Biarrey  au quotidien. Ressentez-vous tout l’engouement qu’il y a autour de lui ?

C’est vrai qu’il y a un certain engouement, une effervescence autour de Loulou. C’est quelqu’un qui est beau à voir. Je pense que, quand on le voit sur le terrain, on attend tous de le voir faire ses fameuses courses de 50-60 mètres, qu’il perce, qu’il traverse le terrain, qu’il fasse un petit exploit individuel avec ses crochets, sa vitesse. C’est ce que le public attend et c’est ça qu’il aime. C’est vrai qu’il y a beaucoup de jeunes qui s’identifient à lui. C’est plus facile de s’identifier à un ailier qu’à un talonneur quand même (rires). Mais, en plus de ça, avec son casque rouge qui est quand même sa petite marque à lui, c’est vrai que dans les tribunes, on voit beaucoup ce casque rouge et on entend beaucoup les supporters crier «Loulou !» Ce sont des choses qui sont bien pour lui, mais c’est mérité au vu de tout le travail qu’il fait.

La semaine prochaine, il y a l’Afrique du Sud  qui se profile. Qu’est-ce que vous inspire ce paquet d’avants des Boks qui domine le rugby international depuis quasiment huit ans ?

Tout le monde le sait, c’est une équipe qui est très dominante, très puissante. Ils ont un pack qui est redoutable. Mais le match de l’Afrique du Sud, c’est la semaine prochaine. Là, on affronte les Fidji et on est concentrés à 100 % sur cette équipe fidjienne.

Il y a beaucoup de blessures en Top 14, dans les carrières de haut niveau, avec les saisons longues des internationaux. Avez-vous l’impression que les blessures sont parfois le seul moyen de récupérer de vraiment récupérer vu la longueur de ces saisons ?

Oui, c’est vrai que c’est le sujet d’actualité du moment et c’est important d’en parler. C’est vrai que les saisons sont quand même très longues et il y a peu de récupération au milieu. Malheureusement, c’est souvent sur ces moments-là que le corps peut récupérer longuement. C’est vrai que c’est un sujet assez sensible. On voit qu’avec les répétitions des matchs, les répétitions des saisons, surtout celle-ci, il y a énormément de blessés. C’est assez compliqué. Mais oui, avec les grosses blessures, c’est sur ces moments-là qu’on peut récupérer.

Est-ce que vous avez le sentiment que les instances et les clubs se préoccupent de plus en plus de votre santé, de manière à vous préserver ?

Évidemment qu’on est confrontés à un calendrier qui est quand même assez infernal. On a onze mois de compétition avec très peu de repos. Donc les clubs ont besoin de tous les joueurs aptes, ils ont besoin de tout le monde à 100 %. Donc oui, évidemment qu’ils nous poussent à jouer. Maintenant, on est quand même assez grands, nous, pour savoir faire la part des choses. Si jamais on n’est pas apte à jouer, on saura le dire. Si jamais on est apte à jouer, on sait aussi le dire.

Propos recueillis en conférence de presse