Le prototype pouvant atteindre des vitesses vertigineuses a été rénové pendant sept années après avoir été laissé à l’abandon pendant quatre ans dans le Pacifique.

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C’est un phénix qui vient de renaître de ses cendres à Nantes, bientôt prêt à reprendre la mer où il a collectionné les records de vitesse au début des années 2000. L’Hydroptère, un voilier précurseur équipé de foils imaginé par Eric Tabarly et Dassault Aviation puis construit par Alain Thébault avant sa mise à l’eau en 1994, a échappé de peu à la disparition. En 2019, le bateau gisait, abandonné à Hawaï, où il se détériorait depuis quatre ans lorsque Gabriel Terrasse a fait le pari un peu fou de sa restauration.

Hawaï, le cimetière de l’Hydroptère pendant cinq ans

Racheté aux enchères 8500 dollars à l’État de Hawaï par ce logisticien et informaticien de 48 ans qui fut impliqué dans le projet initial et un Américain, Chris Welsh, le voilier a été ramené en France, à Nantes. Une petite équipe resserrée de bénévoles armée d’un budget limité a lancé le chantier de sa restauration après l’avoir entièrement démonté.

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Pendant cinq ans, ils ont mené à bien un chantier titanesque pour redonner la vie au «Concorde des mers» qui avait établi quelques années auparavant des records de vitesse. 500 mètres à 51,36 nœuds en 2009 puis, quelques semaines plus tard un mille à 50,17 nœuds. Réputé fragile, l’Hydroptère devait même s’attaquer à un tour du monde en moins de quarante jours mais la tentative n’a jamais eu lieu. Au contraire, ce fut une vraie descente aux enfers après l’échec d’un record entre San Francisco et Hawaï. Le voilier a fini par être saisi par l’État américain...

Marie Tablarly présente à la présentation

Dix mille heures de travail, trois à quatre mille vis et rivets à remplacer avec l’appui d’une centaine d’entreprises ont permis de retaper ce bateau sauvé d’une mort certaine et désormais certifié Bateau d’Intérêt Patrimonial. Jeudi, Gabriel Terrasse et tous ses collaborateurs ont présenté le nouvel Hydroptère sorti du chantier et rutilant. Plusieurs personnalités étaient présentes pour cette renaissance : les navigateurs Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam, Yves Parlier, qui avaient navigué à bord du temps de sa splendeur, l’architecte naval Vincent Lauriot-Prévost mais aussi Marie Tabarly, la fille de la légende des mers Eric Tabarly.

«Les bateaux ne nous appartiennent pas. Ils font partie de nos vies, mais ils doivent nous survivre. Notre rôle est de les accompagner, les entretenir, de veiller à ce qu’ils continuent de naviguer longtemps après nous. Soutenir l’Hydroptère, l’un des bateaux de mon père, dans cette nouvelle dimension d’intérêt général, c’est poursuivre cette transmission. Et pour moi, cela a profondément du sens», a déclaré la navigatrice.

Je me suis dit qu’il était fou de vouloir se lancer dans un chantier pareil

Michel Desjoyeaux

«Quand j’ai reçu un appel de Gabriel Terrasse il y a quelques années, j’ai presque hésité à décrocher. Je me suis dit qu’il était fou de vouloir se lancer dans un chantier pareil. Aujourd’hui, quand je vois le travail accompli, je ne regrette pas une seconde d’avoir pris cet appel, ni de donner de mon temps à ce projet», s’est réjoui Michel Desjoyeaux.

L’Hydroptère ne tentera plus les records

Mais après avoir été un symbole de vitesse et d’innovation, l’Hydroptère aura le droit à une retraite au calme. Il prendra la mer à l’automne mais dans le cadre d’un programme d’intérêt général tourné vers la transmission, l’éducation et la valorisation de l’ingénierie française. Son avenir s’écrit probablement du côté de Lorient pour devenir un ambassadeur du lien entre aéronautique et maritime et servir d’outil pédagogique.

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«L’Hydroptère est plus qu’un bateau : c’est une idée, une vision, un pont entre deux mondes. Après sept ans de travail, nous sommes fiers de le présenter assemblé, bientôt prêt à voler à nouveau et à transmettre. Cette renaissance est une œuvre collective, et nous voulons désormais la partager avec tous», a déclaré Gabriel Terrasse, l’homme à l’origine de la résurrection du prototype, qui travaille avec un certain Damien Grimont, ex ministe et figariste.