LE SCAN SPORT - Le champion du monde du 10.000 mètres estime dérisoires les gains des vainqueurs de l’Ultra trail du Mont Blanc.
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L’Américain Ben Dhiman et la Française Blandine L’Hirondel ont remporté samedi la plus prestigieuse des courses d’ultrafond au monde, l’Ultra Trail du Mont-Blanc. Une victoire de prestige qui ne rendra pas ces deux athlètes professionnels millionnaires. Les deux lauréats vont chacun recevoir 20.000 euros pour leur exploit. Les primes à l’UTMB ont été instaurées depuis 2018 avec une parité hommes-femmes. Les dix premiers du classement ont touché une prime allant de 20.000 euros à 1500 pour l’athlète qui a fermé le Top 10. En France, ces sommes sont soumises à l’impôt sur le revenu.
Des gains dérisoires pour une discipline en plein boom
Discipline encore jeune, l’ultra-trail s’ouvre petit à petite au monde du professionnalisme et à celui du sport business. Mais pour Jimmy Gressier, ces sommes sont dérisoires compte tenu de l’argent généré par l’événement et la portée de l’exploit des champions.
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«Honteux quand tu vois combien ça rapporte aux organisateurs. La redistribution n’est pas efficace et équitable, car sans les athlètes, pas de course», a jugé le champion du monde du 10.000 mètres 2025 qui souhaite défendre la cause des athlètes français dans différentes disciplines.
«Il faudrait peut-être commencer à se poser des questions sur les rémunérations des athlètes en France ou même dans le monde sur les courses, routes et trail. Je ne me plains pas sur mon cas personnel, je parle au nom de tous les athlètes. Des organisateurs qui engrangent des millions grâce aux coureurs amateurs et professionnels. Faites quasi -60% avec le pourcentage de l’argent et les impôts», a ajouté le coureur de fond sur son compte Instagram.
Un peu plus tard dans une vidéo, le Nordiste a précisé le fond de sa pensée, répétant qu’il ne parlait pas pour lui. «Je ne me plains pas sur un cas personnel, évidemment je vis très bien et Dieu merci et merci à mes sponsors qui m’accompagnent. Par contre, sur les courses il est vrai qu’aujourd’hui quand tu regardes le prize money des athlètes et ce que gagnent les organisateurs de courses, il y a un tel décalage.»
5900 courses en France cette année
«Là, ce qui me choque c’est que les athlètes ont passé plus de 18h, ils ont couru 18h sans dormir, il n’y a pas beaucoup de monde qui puisse mentalement et physiquement réaliser ça. Et quand tu vois que le mec n’a gagné que 20.000 euros, en sachant qu’il va devoir reverser un pourcentage à son agent plus avoir une imposition sur ce qu’il gagne, à la fin il ne reste pas grand-chose et quand vous vous dites qu’ils ne font que deux courses dans l’année, ça fait mal à la tête», a insisté l’athlète conscient que l’ultra-trail est en plein boom sur le plan économique. 5900 courses de trail et d’ultra-trail ont été organisées cette année en France en affichant très régulièrement complet. Un nouveau record.
«Il y a de plus en plus d’entreprises privées qui se montent pour organiser des courses, parce qu’elles savent très bien que c’est assez fructueux et qu’elles peuvent empocher pas mal d’argent. Bien sûr, ils ont aussi des dépenses en sécurité, pour plein d’autres choses mais je peux vous dire qu’ils s’en mettent plein les poches. Quand tu vois le prize money à mon sens dérisoire pour les athlètes, ça fait mal au cœur», a détaillé Gressier.
