L’équipe gagnante empoche 1 million de dollars dans cette exhibition qui ne dit pas son nom et qui met sur la touche les spécialistes.
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Elles sont venues. Elles sont presque toutes là. Les stars du tennis ont répondu une nouvelle fois présentes pour la deuxième édition consécutive du double mixte de l’US Open. Pas que pour l’amour du jeu, bien sûr. 1 million de dollars (872 000 euros) est ainsi promis à la paire lauréate. Un montant cinq fois supérieur à celui de 2024, et largement au-dessus des dotations de Wimbledon ou Roland-Garros, qui ne dépassent pas... 150 000 euros à partager. Le double mixte restant une épreuve très marginale dans le calendrier tennis puisque seuls les quatre tournois du Grand Chelem, ainsi que les Jeux Olympiques, organisent un tournoi de double mixte.
Gagner beaucoup en jouant peu. Traditionnellement organisé en parallèle des tournois de simple féminin et masculin, le double mixte de l’US Open a été avancé depuis 2025 à la semaine des qualifications et raccourci à deux jours de compétition, mardi 25 et mercredi 26 août, en même temps que les qualifications pour intégrer les grands tableaux du simple messieurs et simple dames. Les matches se disputent en deux sets de quatre jeux (tie-break à 4-4). Les avantages sont supprimés et le troisième set éventuel sera un tie-break de dix points. Seule la finale sera disputée en deux sets de six jeux, sans que les autres règles ne changent.
Le casting est élitiste et alléchant. Sur les seize paires en lice, les huit premières étaient inscrites grâce à l’addition des classements WTA et ATP du duo. Les huit autres bénéficiant d’une invitation. Les paires des multiples vainqueurs en Grand Chelem, Aryna Sabalenka et Novak Djokovic ou encore celle avec Serena Williams et Carlos Alcaraz, vont attirer particulièrement les regards. Serena Williams a reçu l’une invitation des 8 invitations offertes de la part des organisateurs. L’Américaine aux 23 titres du Grand Chelem en simple dont six à l’US Open, a remporté le titre en double mixte en… 1998 avec Max Mirnyi. À l’époque, le tournoi était réservé aux spécialistes. Ils ne sont plus prioritaires, on l’a compris durant ces deux jours dans ce nouveau format. Les meilleurs de la spécialité doivent s’extirper de deux matches de qualifications pour glaner le droit d’atteindre les 8es de finale. Et deux tickets seulement sont distribués.
Sur Eurosport, Kristina Mladenovic, neuf titres majeurs en double dont trois en mixte, avait résumé : «En termes de stratégie business, c’est une idée brillante. Cela garantit à l’US Open une troisième semaine beaucoup plus lucrative au niveau billetterie, consommation sur place et, j’imagine, droits télés. Mais sportivement, c’est problématique car on touche là à l’essence du tennis. Un Grand Chelem, c’est une compétition ancrée dans l’histoire, en simple et en double. Et là, tout d’un coup, le double devient une super exhibition sans que rien ni personne n’ait son mot à dire. Il n’y a aucun souci pour faire un tel événement mais surtout, n’appelez pas ça un Grand Chelem !». Même son de cloche cette année d’Alizé Cornet. «Pourquoi ne pas faire une exhibition ?», a déclaré l’ancienne 11e mondiale et actuelle capitaine des équipes de France féminines et de Billie Jean King Cup dans les Grandes Gueules du Sport, sur RMC. «Il ne faut pas tout confondre. C’est vraiment un truc pour faire de l’argent. Ce n’est plus du tout le double mixte de l’US Open. Ça ne ressemble plus à rien. Cela «pénalise des joueurs de double qui s’impliquent dans cette discipline. C’est leur gagne-pain à l’année, ils travaillent dur pour cela. C’est injuste.»
Les organisateurs de l’US Open s’étaient félicités dans un communiqué d’avoir accueilli «78.000 spectateurs» la saison dernière. Le succès est d’ores et déjà garanti cette année. Les rencontres se disputeront encore sur les courts Arthur-Ashe et Louis-Armstrong, les deux plus grands du complexe basé dans le Queens, garantissant des tribunes bondées. Reste à savoir si les spécialistes Sara Errani et Andrea Vavassori réussiront le triplé. Les Italiens avaient conservé leur titre l’an dernier en dominant en finale la paire Iga Swiatek/Casper Ruud (6-3, 5-7, 10-6), deux stars du simple que la nouvelle formule mettait en lumière. Ce qui avait fait dire à Errani : «Cette victoire est pour tous les joueurs de double qui n’ont pas pu disputer ce tournoi».
