Au bout de la nuit et d’un match en cinq sets, l’Américain est venu à bout de l’Espagnol pour se qualifier pour le dernier carré.

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Ben Shelton l’a fait ! Pour la première fois de sa carrière, il a fait tomber un membre du Top 3 mondial en la personne de Carlos Alcaraz. Lui, le bouillonnant américain, aussi exubérant que parfois fragile sur le plan mental, n’a jamais craqué au long d’un cinquième set tendu, crispant, où il servait le premier, ce qui l’a peut-être guidé, avec les forts encouragements du public new-yorkais, vers la victoire (6-7, 6-1, 6-3, 1-6, 7-6) et une qualification pour le dernier carré de l’US Open, où il affrontera son compatriote Frances Tiafoe.

Le numéro 1 américain met fin ainsi à la série de 18 victoires consécutives de l’Espagnol en Grand Chelem, qui faisait à New York son retour à la compétition après plus de quatre mois sans jouer en raison d’une blessure au poignet droit. Surtout, Ben Shelton inflige à Carlos Alcaraz sa deuxième défaite, seulement, en cinq sets, pour quinze victoires. Un ratio exceptionnel qui n’a pas résisté au scénario de cette folle nuit dans la «Big Apple», avec un ultime ace surpuissant frappé par l’Américain pour en finir à plus de 3 heures du matin. Du jamais vu dans l’US Open.

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L’Espagnol, tenant du titre ici même, avait pourtant bien commencé la rencontre en dominant la première manche au jeu décisif (7 points à 5), après avoir cependant gâché une opportunité d’en finir à 6-5 sur son service dans la foulée de son premier break réussi. Le tout en 1h10, ce qui laissait déjà présager d’une furieuse, et longue bataille entre les deux hommes. Curieusement, au lieu de surfer sur ce gain initial, Alcaraz perdait subitement le fil en passant totalement à côté du set suivant, remporté aisément par un Shelton revigoré (6-1). Et qui, lui, gardait le pied sur l’accélérateur pour mener 3-0 d’emblée de troisième set.

Le dos au mur, Carlos Alcaraz réagit à merveille

Un avantage qu’il conservait jusqu’au bout pour prendre l’avantage sur son adversaire (6-3). Proche de la rupture, celui-ci devait même sauver deux balles de break pour commencer la quatrième manche. Soudain rattrapé par le stress ou la portée de sa performance, Shelton baissa d’un ton en termes d’intensité dans l’échange et il n’en fallait pas plus à Alcaraz pour ressurgir de sa boîte, tel un beau diable. Les jeux défilaient alors en sa faveur (1-6), direction un ultime acte ô combien incertain tant les deux joueurs avaient eu du mal, jusqu’à présent, à évoluer à leur meilleur niveau au même moment.

Ce qui allait être le cas dans ce cinquième set lors duquel Alcaraz eut une balle de break, et Shelton trois, sans qu’aucune ne soit concrétisée. Emporté par la foule et l’excellence de son service, l’Américain, après quatre premiers jeux chancelants, trouvait une forme de solidité remarquable pour résister aux assauts, un brin désordonnés, d’Alcaraz. Inévitablement, le sort de la rencontre ne pouvait se jouer que lors d’un super tie-break. À 6-6, Shelton remportait deux points de suite qui faisaient toute la différence. Et à 9-7 pour lui, son bras ne tremblait pas au moment de conclure. Du grand art.