Victorieuse de l’étape reine ce vendredi, la Polonaise Katarzyna Niewiadoma s’empare du maillot jaune devant Demi Vollering. Pauline Ferrand-Prévot a vécu une nouvelle journée difficile.
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La «Géante de Provence» s’appelle Katarzyna Niewiadoma. Profitant du marquage entre Marlen Reusser (Movistar Team) et Demi Vollering (FDJ United-Suez), la Polonaise de l’équipe Canyon//SRAM a dompté le mythique Mont Ventoux, inédit juge de paix de l’étape reine du Tour de France femmes. À deux jours de l’arrivée à Nice, la lauréate de la Grande Boucle 2024 réalise un magnifique coup double en s’emparant du maillot jaune avec 15 secondes d’avance sur Demi Vollering au classement général. Marlen Reusser, reléguée à la troisième place (à 39 secondes), devra prendre des risques pour décrocher la victoire finale. Qui ne concerne plus Pauline Ferrand-Prévot, lâchée dès les premières pentes par les favorites.
Très loin derrière la grande explication, «PFP» est montée à son rythme (18e de l’étape à 10 minutes et 44 secondes de Niewiadoma). Ses difficultés dans le «Mont Chauve» ne faisant que confirmer l’inquiétante tendance des dernières 72 heures. Du contre-la-montre à Dijon au terrain escarpé autour de Belleville-en-Beaujolais, la tenante du titre avait (déjà) perdu tout espoir d’un doublé, distancée par ses principales concurrentes. Et, dès mercredi, il ne lui restait que son habituel sourire et sa lucidité pour s’avouer vaincue à l’arrivée de la 5e étape. «Je me sentais à mon niveau. Les autres sont simplement un ton au-dessus, concédait la championne olympique de VTT en 2024. Le classement général ? Il ne faut pas se voiler la face, je pense que c’est irrécupérable. Aujourd’hui, j’ai tout donné, je ne pouvais pas faire mieux, je ne peux pas être déçue.»
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Arrivée «détendue» sur les routes françaises, «sans pression» mais avec «excitation et curiosité», la grimpeuse de l’équipe Visma-Lease a Bike n’a, visiblement, pas retrouvé ses jambes de l’an passé. Celles qui lui avaient permis de rentrer encore un peu plus dans la légende du cyclisme français en remportant Paris-Roubaix puis le Tour, sublimé par deux victoires d’étapes en solitaire. Au printemps, elle n’a pas pu lever les bras sur l’Enfer du Nord (3e) et le Tour des Flandres (2e) avant un Tour d’Espagne passé dans l’anonymat (35e au classement général).
Les signes d’une méforme pour la Rémoise de 34 ans qui prévoyait son pic de forme au mois d’août ? «Hier (mercredi), j’ai réalisé mon meilleur effort de puissance sur dix minutes lors de la dernière ascension (le Mont Brouilly). Donc je pense que je ne suis pas trop mauvaise», répondait-elle pourtant avant le départ de la 6e étape lors de laquelle elle n’a pas davantage pesé qu’au Ventoux. Méthode Coué ou non, le constat est sans appel : les prétendantes au maillot jaune sont cette année plus fortes. Trop fortes.
La bataille à trois entre Niewiadoma, Reusser et Vollering promet encore des rebondissements. Quand Ferrand-Prévot va espérer un hypothétique jour meilleur, avant «de se remettre en question pour revenir plus forte l’année prochaine». Il lui reste deux étapes tracées autour de Nice - avec notamment quatre ascensions du Col d’Eze prévues dimanche - pour retrouver de sa superbe et ainsi terminer sur une bonne note.
