À côté de Pauline Ferrand-Prévot, favorite à sa succession au palmarès du Tour, une génération dorée de coureuses tricolores compte bien briller sur le Tour de France femmes, qui s’élance ce samedi de Lausanne.

Passer la publicité Passer la publicitéL’an dernier, à la même époque, le Tour de France féminin s’est conclu sur un feu d’artifice tricolore absolu, avec quatre victoires d’étapes sur les quatre dernières étapes, une conclusion en apothéose avec la victoire finale de Pauline-Ferrand-Prévôt, 36 ans après Jeannie Longo. Un festival final qui devait aussi aux fabuleux raids solitaires de Maëvan Squiban juste avant la Rémoise, qui ont fait basculer le Tour de France Femmes avec Zwift dans une nouvelle dimension.

«C’était un coup de projecteur exceptionnel, c’est sûr que ça attire, sourit Franck Perque, le directeur course de l’épreuve. On espère la même chose cette année.» Et au moment où «PFP» remet en jeu son maillot jaune, à partir de ce samedi à Lausanne, c’est toute la jeune génération dorée du cyclisme féminin tricolore qui pourrait briller dans les jours à venir. «Les Françaises auront à cœur de dynamiter la semaine de course», promet ainsi Marion Rousse, la directrice de l’épreuve.

Passer la publicitéMaëva Squiban, souviens-toi l’été dernier

Le tube du Tour Femmes 2025. Sortie de nulle part pour boucler un raid en solitaire mémorable, puis un autre le lendemain, Maëva Squiban a marqué l’édition précédente en enlevant les 6e et 7e étapes. 32 km vers Ambert puis 20 km vers Chambéry, avec une attaque tranchante dans le Col du Granier, la Bretonne a marqué la dernière édition avant le feu d’artifice de «PFP» lors du week-end final. «C’était vraiment exceptionnel», se souvient Paul Brousse, le sélectionneur de l’équipe de France féminine. Avant de rappeler : «Par chance, sa leader Elisa Longo Borghini a dû abandonner. Ça lui a ouvert les portes pour aller jouer les victoires d’étape, ce qu’elle a très bien réussi. Elle a bien su saisir l’opportunité.»

Et si des nouvelles opportunités se présentaient ? «On les saisira si elles viennent», promet la coureuse de 24 ans, dont la science de la course et la classe suscitent forcément l’appétit. Mais la Brestoise reste une pièce de l’imposant puzzle de la formation UAE ADQ : «le plan principal reste d’épauler les leaders». Auteur d’elle dans la formation émiratie, section féminine de la surpuissante UAE Emirates, une armada qui n’a rien à envier à la bande à Tadej Pogacar. Avec une ambition bicéphale entre la jeune Espagnole Paula Blasi (23 ans), brillante depuis le début de saison et fraîche vainqueur de la Vuleta, et la doyenne Elisa Longo Borghini (34 ans), revancharde après son abandon l’an passé. Sans oublier à leurs côtés la Polonaise Dominika Wlodarczyk (4e du général l’an dernier) et Mavi Garcia (victorieuse de le 2e étape).

Célia Géry, le «phénomène» bleu-blanc-rouge

Régulièrement présentée comme un «phénomène», Célia Géry est l’autre attraction tricolore de la course. Curiosité pour le grand public, la jeune coureuse de 20 ans est déjà une tête d’affiche dans le peloton, où sa précocité est comparée à celle de Paul Seixas chez les hommes. Championne du monde espoirs en titre, victorieuse d’une semi-classique au printemps (Flèche Brabançonne) et de la 7e étape du Giro, la puncheuse de la FDJ United-Suez compte déjà au plus au niveau. Et sa victoire en patronne lors des championnats de France témoigne de son statut dans le peloton féminin français.

«J’en parle depuis le début de l’année et là elle ne va pas passer inaperçue avec son maillot bleu blanc rouge», sourit Marion Rousse. Si, comme ses partenaires de la formation tricolore, elle devrait être au service de l’autre favorite de l’épreuve, la championne d’Europe Demi Vollering, «elle pourrait trouver des opportunités sur la route», comme sur le Giro, donc (où Vollering a triomphé). Assez réservée, la jeune pépite se révèle en course, où elle peut briller sur des efforts secs. Passée par les rangs du cyclo-cross, comme tout bon puncheur qui se respecte, l’Ardéchoise pourrait montrer son maillot tricolore en ce début de Tour, elle qui pourra faire apprécier ses talents plus facilement qu’en haute altitude. «La première étape peut lui correspondre», glisse malicieusement Marion Rousse.

Cédrine Kerbaol, leader (déjà) mature

Deuxième des «France» derrière Géry, «intouchable» à La Tour-du-Pin, Cédrine Kerbaol a échoué à accrocher un premier titre de championne de France sur la course en ligne. Et ce n’est qu’une demi-surprise pour l’autre Brestoise du peloton, déjà tournée vers le classement général. Déjà riche d’une grande expérience sur la Grande Boucle femmes, où elle avait remporté le maillot blanc de meilleure jeune pour sa première participation en 2023, la Bretonne s’avance désormais en leader de sa formation EF Education-Oatly, à tout juste 25 ans.

Passer la publicité«Cédrine va avoir le général en tête et elle peut, car son équipe est très belle sur le papier», avance Paul Brousse. En vue dans la Madeleine l’an dernier (4e), la Bretonne avait finalement décroché au général (8e) après une chute au pied du col de Joux Plane. À l’aise en montagne, Kerbaol peut rêver de faire mieux que sa 6e place en 2024 avec un parcours dessiné pour ses ambitions, avec un contre-la-montre entre Gevrey-Chambertin et Dijon (4e étape) où elle pourrait faire état de ses qualités de spécialiste, elle la double championne de France du chrono (2023, 2025).

Et aussi... Juliette Berthet, Evita Muzic, Marion Bunel, Célia Le Mouël

Demi Vollering, la grande rivale annoncée de Pauline Ferrand-Prévôt, va pouvoir compter sur une belle armada tricolore dans sa quête de deuxième triomphe sur la Grande Boucle (après 2023). La Néerlandaise, leader de la formation FDJ United-Suez, sera entourée de son armée de championnes de France : Célia Géry, donc, mais aussi Marie Le Net (2025), et surtout Evita Muzic (2021) et Juliette Berthet (2024). Abonnée au top 10 depuis le retour du Tour Femmes en 2022, Juliette Berthet (née Labous) va être une lieutenant de prestige pour Vollering, au même titre qu’Evita Muzic (4e en 2024). Quid de la stratégie désormais ? «Si elles peuvent servir d’appât et gagner une étape entre-temps, elles le feront», promet Stephen Delcourt, le patron de la formation numéro 1 du peloton.

Autre lieutenant très en vue, cette fois pour Pauline Ferrand-Prévôt chez Visma-Lease a Bike, Marion Bunel pourrait avoir sa carte à jouer. Troisième de la dernière Vuelta, l’élégante grimpeuse de 21 ans, vainqueur du Tour de l’Avenir (2024), semble franchir les étapes avec une précocité semblable à Célia Géry, mais attention toutefois à l’enchaînement des semaines de compétition, elle qui aura complété les trois Grands Tours cette année.

Célia Le Mouël aura à cœur de faire briller la tunique de Ma Petite Entreprise, la nouvelle formation de Vincent Lavenu aux moyens limités. Vainqueur surprise du contre-la-montre des championnats de France en juin dernier, la native de Saint-Malo rêve de briller avec son maillot bleu-blanc-rouge entre Gevrey-Chambertin et Dijon mardi 4 juillet. Pour un nouvel exploit ? «Ce serait assez extraordinaire de gagner une étape, confie Vincent Lavenu. Célia est championne de France de chrono, alors pourquoi pas. Mais ça reste le Tour de France, la course la plus dure.»