Le RCT possède dans son effectif huit joueurs professionnels, dont cinq internationaux, pour deux places au centre de l’attaque. Une profusion qui interroge.
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Un seul départ l’été dernier, celui de la légende Ma’a Nonu, 44 ans (plus vieux joueur à avoir évolué en Top 14). Et deux arrivées. Majuscules. Gaël Fickou (ex-Racing 92), 98 sélections avec le XV de France, et Huw Jones (ex-Glasgow), 63 apparitions sous le maillot de l’Écosse (plus 3 avec les Lions britanniques et irlandais). Tous les deux âgés de 32 ans. Des profils expérimentés, établis, et non des potentiels à développer pour les saisons à venir. Ce qui interroge.
Car le RCT possédait déjà dans ses rangs six centres. Deux internationaux, Ignacio Brex (34 ans, 50 sélections pour l’Italie) et Antoine Frisch (30 ans, 2 sélections). Plus Mathieu Smaïli (26 ans, champion du monde U 20 en 2019), le vétéran Jérémy Sinzelle (36 ans) et le grand espoir à ce poste de trois-quarts centre, Oliver Cowie (21 ans). Sans oublier l’international fidjien Setariki Tuicuvu, ailier capable d’évoluer au centre. Et sans compter les quatre jeunes en contrat Espoirs…
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C’est peu dire, donc, que ça se bouscule au portillon et que les deux places de titulaires seront chères. Avec le retour à la règle des huit remplacements, il n’est même pas certain qu’un strapontin sera régulièrement réservé à un pur centre, la polyvalence des trois-quarts étant devenu une priorité pour les managers à l’heure de constituer leur banc.
Brex toujours là
Lors des deux premières rencontres - chacune perdue d’un petit point à Bayonne puis face à La Rochelle au stade Mayol -, le manager Pierre Mignoni et son bras droit Franck Azéma ont d’abord titularisé la paire Fickou-Smaïli (avec Jones sur le banc), puis la paire Fickou-Jones (avec Sinzelle remplaçant). Un Gaël Fickou, promu capitaine, qui apparaît donc comme le choix préférentiel…
Comment expliquer cette profusion ? Les dirigeants varois espéraient un départ de Brex, pourtant arrivé seulement un an plus tôt, et auteur d’une première saison honorable (20 matchs, dont 19 comme titulaire, 4 essais inscrits). Ils l’avaient anticipé en recrutant Huw Jones. Mais l’Italien a refusé de partir. Puis s’est présentée l’opportunité Fickou. Lassé de la méthode Collazo au Racing 92, le natif de la Seyne-sur-Mer voulait revenir dans son club formateur. Pour boucler la boucle. Et se donner une chance de revenir en jeu pour une dernière Coupe du monde, l’année prochaine en Australie.
Une concurrence énorme. Probablement la plus forte de ma carrière
L’Écossais Huw Jones
L’occasion était belle et le président du RCT, Bernard Lemaître, n’a pas voulu la laisser passer. Et tant pis si le centre des Bleus venait renforcer un secteur déjà bien pourvu. Reste au staff, maintenant, à gérer une féroce concurrence, à veiller à ce qu’aucun de ces huit joueurs ne se laisse aller à des états d’âme susceptibles de fissurer l’unité du groupe. On ajoutera ne pas laisser sur le bord de la route le jeune Olivier Cowie, l’un des plus prometteurs potentiels français au poste de centre (13 apparitions, dont 9 titularisations, la saison dernière)…
Huw Jones, en tout, mesure pleinement l’ampleur du défi. «C’est une concurrence énorme. Probablement la plus forte de ma carrière», a confié l’Écossais à Midi Olympique. Ajoutant que ses concurrents étaient «tous très bons». Et d’appeler à l’unité plutôt qu’à la division. «Nous devons mutuellement nous pousser. Ça ne peut faire que du bien à l’équipe, mais aussi à nous en tant qu’individus.» Plus facile à accepter par ceux qui vont jouer. Les laissés-pour-compte risquent d’être un peu moins positifs.
