Après le départ surprise de Dino Toppmöller, les Sang et Or sont attendus en Principauté ce vendredi. Le nouvel entraîneur Yannick Cahuzac, promu par ses dirigeants, se retrouve en première ligne.
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28 jours entre son premier et dernier match, une victoire historique au Trophée des champions, des émotions à Prague en Ligue des champions… L’aventure de Dino Toppmöller au Racing Club de Lens fut aussi brève que renversante. Et elle est déjà terminée, avant même l’ouverture de la cinquième journée de Ligue 1 ce vendredi (20h45) à Monaco, puisque le club sang et or a décidé de le remercier dès mardi. Pour ouvrir, à la surprise générale, une nouvelle ère dès la mi-septembre.
«Au terme de nombreux échanges consacrés à la vie du groupe, au fonctionnement et l’organisation du staff. Ces évolutions structurantes n’ayant pu être partagées par Dino Toppmöller, le Club, en responsabilité, a pris la décision de mettre un terme à sa mission, ainsi qu’à celle de ses deux adjoints. [...] Le Club précise également que le tacticien a accepté de renoncer à une partie substantielle de ses indemnités contractuelles», a détaillé le communiqué officiel du vice-champion de France, tout en saluant «la sincère humanité et l’élégance dont Dino Toppmöller a constamment fait preuve.»
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«Ça n’a pas fonctionné»
Pour la première fois depuis six saisons et demie, le RCL s’est séparé de son entraîneur en cours de saison. Toppmöller devenant au passage le technicien à la plus faible durée de vie sur le banc lensois sous l’après-guerre. Alors comment expliquer un tel chamboule-tout ? Certes, le dernier vainqueur de la Coupe de France, fébrile défensivement, n’a engrangé que quatre points en quatre matchs de championnat, bousculé voire dominé par Strasbourg (1-2), Lorient (0-1) et Le Mans (2-2). Mais il n’y avait pas (encore) péril en la demeure sur le plan sportif, avec des choses intéressantes montrées offensivement.
Toutefois, selon L’Équipe, le vestiaire emmené par Florian Thauvin émettait déjà des doutes sur la méthode de l’Allemand, plusieurs joueurs cadres ayant notamment alerté sur un déficit physique et tactique. Outre-Rhin, où le coach de 45 ans s’est affirmé à l’Eintracht Francfort (2023-2026), le quotidien Bild a identifié la raison du divorce. La mise à pied en début de semaine de l’un de ses adjoints, Nelson Morgado - qui reprochait un manque d’engagement aux membres français du staff sang et or - a été le point de rupture pour Toppmöller, opposé à cette décision de la direction.
Un motif confirmé par le directeur général du RC Lens, Benjamin Parrot, interrogé ce jeudi en conférence de presse. «Ça n’a pas fonctionné tout simplement, il faut avoir l’humilité de le dire. Cette décision n’a pas été acceptée par l’entraîneur et a donc conduit au fait que l’on change le staff et que l’on agisse en responsabilité», a reconnu le dirigeant, évoquant une «non-connexion» qui avait «des conséquences sur le rendement de l’équipe». Même son de cloche chez le directeur sportif Jean-Louis Leca, présent à ses côtés pour justifier ce revirement de situation : «La première pensée qui me vient est pour Dino (Toppmöller). J’ai rencontré un homme extraordinaire, un bon entraîneur. [...] On était convaincus au mois de juin de ce choix-là, qu’on pouvait amener quelque chose de plus, ça n’a pas pris. Maintenant, il y a un futur et on ne doit pas le compromettre, d’où notre réflexion qui n’est pas de trois jours. J’entends : “il y a eu quatre matchs”. Mais ce qui s’est passé sur trois mois nous laissait penser qu’on ne prenait pas la bonne direction, d’où cette réorganisation qui a emmené à ce que vous savez.»
Jusqu’ici membre du staff, Yannick Cahuzac est promu numéro un, lui l’ancien milieu de terrain et capitaine des Sang et Or (2019-2022) qui a fait ses classes en tant qu’adjoint de Régis Le Bris puis Olivier Pantaloni à Lorient ces deux dernières années. Le Corse de 41 ans, membre de la promotion 2026-2027 du BEPF (le brevet d’entraîneur professionnel de football), ne possède pas encore le diplôme nécessaire à la fonction. C’est pourquoi le RCL va s’acquitter d’une amende de 25.000 euros versée après chaque match à la Ligue de football professionnel. Un choix pleinement assumé par Benjamin Parrot : «Nous, quand on donne notre confiance, c’est difficile de la limiter dans le temps. Il n’y a pas de notion de temps, il n’y a pas de notion d’intérim. Aujourd’hui, il est l’entraîneur de l’équipe première.»
Leca et Cahuzac, «amis» mais…
Voilà qui a le mérite d’être clair. Mais les décideurs lensois, désormais en première ligne, ne peuvent esquiver les interrogations des observateurs et supporters, certains pointant du doigt la proximité entre Jean-Louis Leca et Yannick Cahuzac, ex-coéquipiers de longue date au Sporting Club de Bastia. «Oui, c’est mon ami. Mais aujourd’hui, dans ces murs, ce n’est pas mon ami. Dans ces murs, je suis son N+1, a répondu Leca. Ça nous semblait évident, à ce moment-là, que c’était la bonne personne pour reprendre le fil de ce qu’on était en train de faire.»
Plongé dans le grand bain, Cahuzac, lui, ne s’est pas dit perturbé par ces critiques sur un éventuel copinage. «Sur un plan personnel non, parce que j’essaie de me protéger un peu de tout ce qui vient de l’extérieur. Après, ça me déçoit pour l’institution. Jean-Louis n’est pas seul aux commandes. Il y a des personnes au-dessus de lui et Jean-Louis n’est pas un fou, a lancé le natif d’Ajaccio. Ça m’embête plus pour l’image du club, au RC Lens on ne fait pas n’importe quoi. Il y a énormément de salariés, il y a énormément d’enjeux, donc ça me déçoit plus par rapport au club que par rapport à moi.»
S’il ne s’estime «pas encore numéro un» - «mais je suis en train de le devenir» - le successeur de Toppmöller devra vite faire ses preuves, malgré les pépins physiques qui touchent son groupe (Baidoo, Nawrocki, Titraoui et Abdulhamid sont blessés). Ce choc face à l’AS Monaco de Filipe Luis - deuxième du classement et toujours invaincue - tombe peut-être à pic.
