Seules équipes à n’avoir pas encore gagné après trois journées de championnat, les Rugby Club de Toulon et de Vannes s’affrontent ce samedi à Mayol. L’un des deux restera englué en bas de classement.
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Il y a deux ans, lors de sa première montée en Top 14, le RC Vannes avait dû attendre la troisième journée pour décrocher (face à Lyon) le premier de ses sept victoires (plus un nul) dans l’élite. Cette saison, après trois journées, le club breton n’a toujours pas goûté à la victoire, avant d’aller défier samedi le RC Toulon, autre équipe en souffrance avec aucune victoire au compteur mais trois points de bonus défensifs. Le dernier revers concédé par les Varois sur la pelouse des Castrais (29-27) a laissé d’énormes regrets et une légitime frustration.
Ce que reconnaît volontiers le demi de mêlée toulonnais Baptiste Serin. «Pendant 80% du temps, on est devant. Il nous manque du réalisme. Quand on a porté le ballon, on les a mis grandement en difficulté, regrette-t-il. C’est rageant parce que ces trois matchs, on a les occasions de les gagner.» Et de poursuivre : « Il nous manque ce petit quelque chose. Mais ce qui fait plaisir à voir c’est que, dans l’adversité, on est là. On est persuadé que ça va payer. Chaque défaite est difficile à encaisser. Même s’il y a la même finalité, c’est un peu différent…» Trois défaites sur le fil, d’un rien, et une différence de points marqués/encaissés de seulement -4. «Cette frustration, il faut la mettre dans la prochaine journée», martèle Baptiste Serin.
En ce moment, on est confiants en notre potentiel. On est tout proches, on se rate sur des détails
Lewis Ludlam, troisième-ligne anglais de Toulon
S’ils s’en défendent, les Toulonnais sont sous pression avant la réception de Vannes à Mayol, où ils ont déjà chuté face au Stade Rochelais. Le doute s’est-il installé dans les têtes ? Un deuxième revers à domicile - qui plus est face au promu breton - ferait tache. «Par le passé, il a pu arriver que l’équipe soit en proie à ce genre de sentiment, mais pas là. En ce moment, on est confiants en notre potentiel, positive le troisième-ligne anglais Lewis Ludlam dans les colonnes de L’Équipe.
Et l’ancien joueur du XV de la Rose d’ajouter : «On est tout proches, on se rate sur des détails. Mais on a 100 % de confiance en notre capacité à accomplir quelque chose de spécial. Il faut juste éviter de regarder le classement et de trop "cérébraliser".» Rabah Slimani souligne toutefois, auprès de Midi Olympique, que «le concept des défaites encourageantes montre rapidement ses limites. Tu ne peux pas te cacher derrière des défaites encourageantes. Une défaite, ça reste une défaite».
En face, le RC Vannes ne se pose pas, non plus, de question. La défaite face au grand Stade Toulousain (23-29), dans un choc délocalisé avec succès au Roazhon Park de Rennes devant plus de 30.000 personnes, a une nouvelle fois prouvé (à ceux qui pouvaient encore en douter) que le champion de France de Pro D2 n’est pas venu à l’étage supérieur pour faire de la figuration. Le manager breton Jean-Noël Spitzer a ainsi tenu à saluer la performance de ses troupes face au quadruple tenant du titre.
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«Le visage qu’on a affiché, je pense que c’était ce qu’on peut faire de mieux. J’ai retrouvé une équipe beaucoup plus investie collectivement, dans un rapport de force qui a fini par nous être défavorable. Je suis intimement convaincu que mes joueurs et mon équipe sont au niveau de ce Top 14», a martelé le technicien morbihannais. Un visage bien plus conquérant que lors des deux premiers matchs face à Castres (29-20) et à Montpellier (12-26). Véritable ogre de la saison dernière en Pro D2, le club breton est désormais devenu le Petit Poucet contre qui il faut absolument prendre des points…
Quand je vois le niveau de Vannes ce soir, je pense qu’ils vont poser des problèmes à beaucoup d’équipes…
Laurent Thuéry, l’entraîneur de la défense du Stade Toulousain
«C’est vrai que ce n’est pas évident de passer de favori à outsider, nous confiait l’ouvreur Maxime Lafage avant la reprise. Mais, on a un groupe très ambitieux avec des joueurs qui adorent la compétition, qui veulent se confronter et rivaliser avec les meilleurs. On a envie de tout donner. On est surtout très fiers de jouer dans cette division. Tous les joueurs rêvent de batailler contre les meilleurs.» Il y a deux ans, presque jour pour jour, Vannes avait largement chuté sur la pelouse de Mayol (54-19) mais avait fait douter le RCT pendant une mi-temps (14-14 à la pause).
Cette fois, les Bretons - qui disposent désormais d’une profondeur de banc bien plus conséquente - devront tenir sur la longueur et ne pas flancher. Laurent Thuéry, l’entraîneur de la défense du Stade Toulousain, a mis en garde après le déplacement à Rennes : «Ce n’est que la troisième journée. On leur souhaite (de se maintenir), mais c’est un championnat extrêmement dur. Après, quand je vois le niveau de cette équipe ce (samedi) soir, je pense qu’ils vont poser des problèmes à beaucoup…» Les Varois sont prévenus.
