Battus 48 à 12 à Toulouse, les champions d’Europe ont reconnu la supériorité des champions de France. Mais ils soulignent leur réaction d’orgueil après la pause.

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Vingt-cinq minutes en enfer. Asphyxiés par le rythme dément imposé par Dupont et ses partenaires. Des vagues incessantes, du jeu à la main (jeu de Toulousains…), des prises de risque du 1 au 15. Pour, de la 16e minute à la pause, un récital, une orgie de rugby récompensée par six essais inscrits en 25 minutes. Laissant les Bordelais pantois, perdus, assommés.

«Sur les dix premières minutes de la rencontre, il y a eu match. Mais, après, ça va trop vite, ça tape trop fort. On ne met pas l’intensité nécessaire pour rivaliser sur la ligne d’avantage. Quand on a commencé à prendre des points, on ne se rebelle pas assez, on baisse un peu la tête, reconnaissait, après la rencontre, l’ailier Pablo Uberti. Est-ce un problème de préparation ou de mentalité ? Il va falloir se poser la question cette semaine à la vidéo. (...) On sait la qualité des joueurs qu’ils ont, mais on est un peu passif, on ne peut que constater aujourd’hui qu’on n’est pas au niveau.»

En première mi-temps, on ne s’est jamais sortis de ce piège.

Marko Gazzotti

Un constat partagé par Marko Gazzotti. «On a été pris à la gorge. Les Toulousains ont toujours eu une seconde d’avance sur nous, et on n’a pas réussi à ralentir le jeu. Contre Toulouse et ses excellents joueurs, si on n’arrive pas à ralentir le tempo, on sait qu’il y aura forcément des essais à la clé. En première mi-temps, on ne s’est jamais sortis de ce piège», regrettait le numéro 8 qui vient de prolonger son contrat avec l’UBB.

Côté staff, Jean-Baptiste Poux, en charge de la mêlée, a eu le redoutable privilège de se présenter devant la presse. Et il a reconnu que la peur de prendre une raclée de l’ampleur de celle subie en finale du Top 14 il y a deux ans (59-3) lui a traversé l’esprit. «Je suis déçu par notre prestation, et, surtout pour nos supporters et aussi les amoureux du rugby. Parce qu’ils s’attendaient quand même à une belle affiche. Mais c’est vrai qu’on est passé à travers. Prendre 36-0 à la mi-temps, c’est plutôt rare surtout dans une affiche entre deux grosses équipes. J’ai eu peur qu’on en prenne 80 à la fin. On a certainement raté quelque chose dans la semaine de préparation.»

Il y a eu quand même une réaction et on n’a pas baissé les bras en seconde mi-temps.

Jean-Baptiste Poux

À la pause, Yannick Bru a cependant su trouver les mots pour remobiliser sa troupe, éviter la débandade et relever la tête. Avec l’apport des entrants, Maxime Lucu et Tom Willis entre autres. Le score de la seconde mi-temps ? 12-12, 2 essais à 2. Plus en rapport avec le niveau supposé des champions d’Europe. «En seconde période, il y a eu un petit sursaut d’orgueil», concède Uberti, auteur du premier essai girondin. «Il y a eu quand même une réaction et on n’a pas baissé les bras en seconde mi-temps», retenait l’ancien Toulousain JB Poux.

Marko Gazzotti explique la révolte : «Après le repos, ce fut un peu mieux. On a ralenti les rucks, le match est devenu plus équilibré. On a essayé de relever la tête. On a essayé de se dire qu’il ne fallait pas se faire humilier ici et qu’on devait défendre notre maillot pour ne pas en prendre 80. Il y a 12-12 en seconde période. On a au moins réussi à faire ça, même si on n’a pas été très bons pour autant.» Et de conclure, désireux d’éviter la sinistrose : «Ce n’est que la deuxième journée. Ne faisons pas de conclusions trop rapides. On verra où on en sera après dix journées…»