Après les lourdes défaites lors de leurs deux dernières sorties, les Ciel et Blanc sont dans l’obligation de réagir face aux Lyonnais, samedi à Créteil.
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Un sérieux retard à l’allumage. Et une violente gifle reçue à Chaban-Delmas. Encore une après l’humiliation subie à Marseille, en juin, contre le futur champion Toulouse (71-17). Le Racing 92 n’a pas chassé ses vieux démons et lancé sa saison 2026-2027 par une nouvelle débâcle, cette fois sur la pelouse de l’Union Bordeaux-Bègles (64-5). Des doubles champions d’Europe déchaînés, à l’évidence revanchards après avoir manqué la dernière phase finale du Top 14, face à des Franciliens, atones, fantomatiques et submergés de toutes parts. «On était toujours en mode avion», lâche Patrice Collazo, le manager des Ciel et Blanc - qui a prolongé, cette semaine (et malgré cette déroute) son contrat dans les Hauts-de-Seine jusqu’en 2030 - en pointant du doigt son équipe totalement éteinte pour la reprise.
Et le technicien altoséquanais de cingler, l’œil noir : «La copie qu’on rend, en termes de comportement et de standard, n’est pas acceptable. C’est sûr que, si on ne rivalise pas sur l’intensité à Bordeaux, on ne peut pas parler rugby. La preuve, il n’y a rien à analyser concrètement au niveau du rugby, puisqu’on est pris dès la première minute. Quand on est pris sur la première minute, ce n’est pas un problème physique, c’est un problème de comportement…»
Il y a trois joueurs sur le 15 qui démarrent à Bordeaux qui sont au-dessus de leur standard de la saison dernière. Tous les autres sont 30 % en dessous
Patrice Collazo
Une faute professionnelle ? «Pour manquer un rendez-vous, il faut déjà être au rendez-vous. Nous, on ne s’est même pas pointé au rendez-vous… Je pense qu’on s’entraînait bien, mais s’entraîner bien, c’est une chose. S’entraîner pour faire un match de Top 14, c’en est une autre. Après, je sais aussi que ça fait partie de notre personnalité d’avoir une capacité à switcher…»
Problème, l’été n’a pas dissipé les doutes. Le Racing reste sur deux gifles monumentales. «Avant de parler du collectif, on regarde l’individu. Quand vous prenez le match des 23 joueurs, la première chose que l’on regarde, ce sont les datas. C’est-à-dire les chiffres, c’est basique, factuel. Il y a trois joueurs sur le 15 qui démarrent qui sont au-dessus de leur standard de la saison dernière. Tous les autres sont 30 % en dessous», détaille l’entraîneur francilien.
Depuis de nombreuses années, le Racing est branché sur courant alternatif. Un mal chronique. Une équipe capable du meilleur - comme la fin de saison dernière en boulet de canon avec des victoires à Clermont puis à Pau, en barrage - comme du pire, avec ces inquiétants trous d’air. Ces absences coupables. Un constat forcément partagé par Patrice Collazo, qui souligne qu’il a «un jeune groupe. Ça fait 16 mois que je suis là. Je suis arrivé en cours de saison la première année. On jouait la descente, il faut dire ce qui est, puisqu’on était derniers. L’année dernière, on a mis des choses en place, mais on reste avec nos forces, mais aussi nos faiblesses, nos fragilités. Mais c’est un groupe qui se construit, c’est un groupe qui a besoin d’évoluer, c’est un groupe qui a besoin d’être challengé.»
Si on réagit, on est capable de faire quelque chose de bien contre Lyon. Et encore, ce n’est pas garanti parce qu’on est dans une réaction
Patrice Collazo
L’an dernier, déjà, les Ciel et Blanc avaient coulé d’entrée sur la pelouse de Lyon (32-7) avant de redresser la barre face à… l’UBB (44-32). Une réaction similaire est attendue à Créteil pour la première délocalisation de la saison. «Je l’ai dit aux joueurs : "Ce week-end, ce n’est pas qu’il faut réagir. Il faut agir, tout simplement." Si on réagit, on est capable de faire quelque chose de bien contre Lyon. Et encore, ce n’est pas garanti parce qu’on est dans une réaction.»
Dans un Top 14 de plus en plus relevé et homogène, les scores de la première journée ont été extrêmement serrés. «Sauf nous, sourit jaune Patrice Collazo. Comme on est montés un peu à l’envers, notre score n’était pas serré. Mais tirer des enseignements à la première journée… Toutes les équipes ne seront pas à ce niveau-là dans dix matches, dans quinze matches, après la dinde (des fêtes de fin d’année) et sur la dernière ligne droite.»
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Rechuter dès la deuxième marche ferait tache pour un candidat aux premières places, demi-finaliste du dernier exercice. Et Patrice Collazo de mettre en garde : «Je l’ai dit aux joueurs, surtout quand on a débriefé la saison dernière au stage : "On ne peut pas refaire une saison uniquement dans la réaction." Ça demande trop d’énergie, ça demande trop de contraintes mentales et physiques.» Pour le deuxième-ligne international Romain Taofifenua, «c’était malheureusement un mal pour un bien. La saison est longue, c’était un faux départ et on est prêts pour la suite…»
