Balayé en juin dernier en demi-finale par Toulouse, le club francilien a lancé sa saison par une nouvelle gifle, reçue cette fois à Bordeaux. Et s’est mis d’entrée sous pression.

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On prend les mêmes et on recommence. Pas les mêmes adversaires, mais les mêmes scores fleuves. La saison dernière s’était terminée sur une déroute à Marseille, en demi-finale du Top 14 face à Toulouse, sur un cinglant 71-17. La reprise a été du même acabit. Une claque monumentale reçue à Chaban-Delmas face à l’UBB. L’addition est encore bien salée : 64-5. Une prestation indigne d’un demi-finaliste, d’un prétendant au titre. «Il n’y a pas de débat, il n’y a pas photo ce (samedi) soir. Il faut surtout que l’on comprenne que le championnat a commencé, c’est le premier match. Mais c’est sûr que ça ne peut pas passer comme ça», a pesté le manager francilien Patrice Collazo.

«On est un peu sonnés, confirme l’ailier Max Spring auprès de Sud Ouest. On n’était pas au même niveau d’intensité qu’eux. Ils ont fait une bonne partie. Nous, nous étions bien en dessous de nos standards.» Avant cette reprise à Bordeaux, Patrice Collazo avait le même mot à la bouche et expliquait que «c’est un peu utopique de parler d’objectifs début septembre. Et la demi-finale de la saison dernière n’acte pas une qualification cette année. S’autoproclamer avec des objectifs, je n’y crois pas. Il y en a qui peuvent se les mettre, les objectifs, mais c’est souvent les mêmes et c’est souvent eux qui gagnent à la fin (le Stade Toulousain, NDLR). Nous, on doit essayer de se fixer des standards.»

On ne va pas tirer de conclusions hâtives. L’année dernière, on avait pris à peu près le même score à Lyon à la première journée. Malgré tout, on avait fini en demi-finale

Maxime Baudonne

La fin de saison dernière, avec une remontée au classement pour accéder aux phases finales, avait redoré le blason des Ciel et Blanc. L’intersaison a été moins agitée que la précédente (il y avait eu 17 départs avant le dernier exercice). Mais, à l’évidence, la claque reçue à Marseille n’a pas (encore) été digérée. «Il n’y avait pas de signes. On n’a pas répondu et déjà dès la 2e journée, il faudra être dans la réaction comme on a été la saison dernière, regrette Patrice Collazo. J’aurais préféré qu’on soit plus dans l’action car dans la réaction, ça va nous demander une énergie dingue, plein de choses. Il faut passer un cap, ce n’est pas conforme à ce qu’on veut et à ce groupe.»

Et le technicien altoséquanais de poursuivre auprès de L’Équipe : «C’est plus le mood collectif qui me dérange, le manque d’énergie. On s’est entraînés pour le Top 14, on se dit : "vivement que ça recommence". Moi j’en avais marre de m’entraîner, faire des entraînements, ça va deux minutes ! Mais je n’ai pas senti cette excitation, ce truc...» Des Ciel et Blanc dans le rouge dès la deuxième journée avec la réception de Lyon, qui a frappé fort d’entrée contre Clermont ?

Le troisième-ligne Maxime Baudonne ne veut pas tirer la sonnette d’alarme. «C’est sûr que c’est difficile de prendre un score comme ça sur la première journée. Malgré tout, on ne va pas tirer de conclusions hâtives. L’année dernière, on avait pris à peu près le même score à Lyon à la première journée. Malgré tout, on avait fini en demi-finale», veut-il positiver. Difficile de trouver du positif : une indiscipline coupable (15 pénalités concédées, contre 5 à l’UBB), des recrues dans le dur d’entrée (Maxime Machenaud et Paul Costes) et, pis, une absence de véritable révolte.

«Comme l’a dit Yannick Bru, les Bordelais, eux, avaient une saison à se faire pardonner», avance Patrice Collazo, rappelant que l’UBB a manqué les phases finales du Top 14 après avoir réalisé son doublé continental. Pas d’opération rachat pour les Racingmen ? «La demi-finale, c’était la saison dernière. On est maintenant sur une nouvelle saison. Si vous voulez résumer ce résultat à ça… Je sais qu’on n’est pas arrivé en demi-finale par hasard», balaie le manager francilien. Et Maxime Baudonne d’acquiescer : «On a de la chance que le Top 14 soit un championnat très long. Il reste encore 25 matchs à jouer. On joue tous les week-ends et, la semaine prochaine, on joue Lyon à domicile. On a de quoi se rattraper...» Mais le Racing 92 s’est mis d’entrée sous pression. Sérieux retard à l’allumage.