Le demi de mêlée et capitaine auvergnat (22 ans) évoque pour Le Figaro les échéances à venir et la reprise du Top 14, où l’ASM tentera de retrouver la phase finale.

Passer la publicité Passer la publicité

LE FIGARO : Vous sortez d’une saison paradoxale marquée par plusieurs victoires retentissantes mais terminée hors du top 6. Qu’a-t-il manqué à l’ASM pour participer à la phase finale ?

Baptiste JAUNEAU : Quand tu n’atteins pas tes objectifs, c’est forcément frustrant. On a échoué à un petit point, c’est comme ça, le championnat est exigeant. Mais il faut repartir de l’avant. La discipline nous a clairement fait défaut sur la phase retour. D’autant plus que plus la saison avance, plus les matchs deviennent importants. Le deuxième point, c’est aussi d’avoir concédé trois défaites à domicile, ce qui nous a coûté cher. On voit que dès qu’une équipe gagne tout à la maison, elle est plus proche de se qualifier.

On connaît la ferveur qui entoure le club. Ressentez-vous davantage de pression quand vous jouez à domicile ?

Non, on n’a pas forcément de pression. Il ne faut pas avoir une pression négative. C’est un superbe endroit, on a des supporters en or, donc il faut s’en servir pour avoir une pression plutôt positive, vouloir se donner à fond, tout donner, et bien sûr régaler l’équipe et après le public.

On a beaucoup parlé de votre association étincelante avec la recrue néo-zélandaise Harry Plummer l’année dernière. Qu’attendez-vous de cette deuxième saison à ses côtés ?

Avec Harry, ça se passe très bien, que ce soit sur ou en dehors du terrain. On est assez différents. Il est très calme, il a beaucoup de sang-froid. Moi, j’ai un tempérament un peu plus chaud (rires). Il m’apprend beaucoup de choses, j’espère que je l’aide aussi. Dans le jeu, on a réussi à se trouver. Ça s’est fait assez naturellement. Harry est un très grand joueur avec beaucoup de qualités. Ce qui est bien aussi, c’est qu’il peut me laisser faire mon jeu. Je sais que je peux m’appuyer énormément sur lui, que ce soit pour attaquer la ligne, pour annoncer, pour le jeu au pied... Mais je suis aussi libre de faire ce que j’ai envie. C’est important de trouver le bon compromis. J’espère que cette année, on va pouvoir faire la même saison.

Avec Christophe, on peut se prendre le bec dans son bureau pendant 10-15 minutes (rires). Mais c’est important, je pense. Il faut se dire les choses en face

Baptiste Jauneau

Comme l’année dernière, vous devez jouer sur les deux tableaux, en Top 14 et en Champions Cup. Quand on voit que le champion d’Europe, Bordeaux, ne s’est pas qualifié sur le plan national, est-ce vraiment envisageable de jouer les deux compétitions à fond ou faut-il en sacrifier une ?

Sacrifier, c’est impossible. C’est impossible de partir sur une saison en disant que celle-là, on la sacrifie, surtout à Clermont. La Champions Cup tient à cœur au club. On a fait un zéro pointé l’année dernière et c’était assez dur à vivre. On a déçu énormément de gens et surtout, on s’est déçus nous-mêmes. Impossible de dire qu’on ne veut pas la jouer à fond. Impossible de dire qu’on ne veut pas tenter, essayer. Après, si on échoue, il faut espérer avoir tout donné.

C’est la quatrième année du projet Urios à Clermont. Quelle relation entretenez-vous ensemble ?

Avec Christophe, ça se passe très bien. C’est une personne franche. C’est assez bien parce qu’on se dit les choses en face. Parfois, on peut se prendre le bec dans son bureau pendant 10-15 minutes (rires). Mais c’est important, je pense. Il faut se dire les choses en face. Quand c’est bien, il va me le dire. De même quand il est mécontent. Mais au moins, quand je sors du bureau, je sais où j’en suis et je sais où il veut qu’on aille. Il aime aussi être challengé. On en parlait un peu avec Mathieu Babillot, qu’il a eu à Castres. Il me disait que les leaders avaient tous un fort tempérament. Christophe aime ça, il aime être challengé par ses joueurs cadres.

La direction a été active sur le marché des transferts avec notamment trois recrues en provenance du Super Rugby (Darcy Swain, AJ Lam, Etene Nanai-Seturo), comment se sont-ils intégrés ?

Ils sont arrivés directement. Dès la première semaine de préparation, ils étaient là, ils ont attaqué. Etene est resté un peu avec les blessés parce qu’il est arrivé blessé des Chiefs. Là, il a pu jouer un quart d’heure sur le deuxième match de préparation. Il est encore dans la phase de réathlétisation pour se retrouver à 100% de ses capacités. Les deux autres jouent et ils sont plein gaz (sourire).

Il y a des rumeurs de transfert autour de Régis Montagne et de Léon Darricarrère, deux cadres de l’effectif. Ils pourraient rejoindre Toulon à la fin de la saison...

Forcément, on n’est pas joyeux d’entendre des choses comme ça. Après, on attend que ça soit officiel (officialisé par Clermont ce mardi, NDLR ). Je n’ai pas envie de donner de scoop ou non, je n’en sais rien (sourire). Mais je pense que dès qu’ils auront fait leur choix, dès qu’ils vont l’annoncer, ils seront libérés pour faire cette saison à fond. S’ils prolongent ou s’ils partent, peu importe. Mais qu’ils fassent la saison à fond, c’est ce qui est important. Jouer ensemble pour gagner les matchs et faire une belle saison.

La Coupe du monde en Australie approche à grands pas. À quel point y pensez-vous et serait-ce un échec de ne pas y participer ?

Je ne peux pas dire que ce serait un échec. Pour l’instant, je suis tout sauf installé. Je n’arrive pas à enchaîner en équipe de France. Je vais me concentrer sur le club et sur moi. M’améliorer aussi personnellement. Et après, si on m’ouvre les portes, j’irai avec grand plaisir. J’aimerais vraiment être meilleur en sélection. Et pouvoir faire de belles prestations pour pouvoir enchaîner. Je ne peux pas dire que je serai à la Coupe du monde. Je ne peux pas prétendre à ça alors que j’ai manqué la tournée cet été. Je vais me concentrer sur moi, sur le club. Bien sûr, tout joueur a envie de jouer pour son pays. Tout joueur a envie de jouer une Coupe du monde. Pour l’instant, c’est le club. Et si on m’appelle, je répondrai présent.