La LNR, dans le cadre d’une expérimentation accordée par World Rugby, a réduit de 15 secondes le temps de préparation des buteurs. Un changement, pas anodin, qui a perturbé l’arrière toulousain, dimanche, contre l’UBB.
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Une routine bousculée. La Ligue nationale de rugby a procédé, cette saison, à plusieurs changements de règles censés améliorer la fluidité du jeu en Top 14 et diminuer les temps morts. En plus du passage de douze à huit remplacements par match et d’un arbitrage vidéo facilité, un changement concerne directement les buteurs. Passé de 90 à 60 secondes en 2023, le temps offert aux canonniers a été diminué à 45 secondes dans le cadre d’une expérimentation accordée par World Rugby. Pour une pénalité, le compteur débute au moment où le capitaine décide de tenter les trois points ; pour la transformation d’un essai quand l’action est validée par l’arbitre. Et il faut faire plus vite qu’avant…
Sous pression, obligés de raccourcir leurs habitudes, les buteurs ont dû s’adapter. Et Thomas Ramos, meilleur réalisateur de l’histoire du Stade Toulousain et du XV de France, a visiblement été perturbé par ce rabotage de son temps de préparation. Il a en effet raté, dimanche soir, ses trois premières transformations lors du festival toulousain face à l’UBB. Certes ces tentatives étaient compliquées et en coin, mais voir un buteur de cette trempe présenter un zéro pointé interroge.
Des difficultés qu’il a confirmées au micro de Canal + à l’issue du match : «Mon point de vue, c’est qu’une minute sur les transformations, c’était très bien. Tout dépend quand tu es buteur. Si tu es buteur, que tu es à l’arrière, que l’essai est à l’opposé, tu arrives sur l’essai, il ne te reste pas beaucoup de temps. Après, je ne vais pas trouver d’excuses sur ça ce (dimanche) soir. Quand tu fais zéro sur 3, il faut savoir laisser le tir de côté, le donner à Romain (Ntamack) . Et je crois qu’il a assuré aussi de ce côté-là. Donc c’est plutôt cool pour l’équipe.» L’ouvreur des Bleus n’a, dans la foulée, pas rencontré de problèmes, signant un impeccable 4/5 face aux perches.
Ce sera une habitude à prendre, pour le porteur de tee, d’arriver vite et avec un ballon. Et pour certains buteurs qui ont des routines un peu longues, il va peut-être falloir les revoir
Jonathan Wisniewski
Avant même cette réduction du temps de préparation, certains buteurs avaient connu quelques petits ratés, notamment Louis Carbonel. À l’époque où il jouait à Toulon, en 2020, une de ses pénalités avait été annulée pour dépassement du temps lors d’une rencontre face à l’UBB. Et l’an dernier, l’ouvreur désormais au Stade Français Paris avait vu sa transformation à la 35e minute du barrage contre La Rochelle refusée, pour avoir dépassé le temps imparti. Le problème ne date pas forcément d’aujourd’hui.
Plus globalement, Thomas Ramos - qui rejoindra le Racing 92 la saison prochaine - s’interroge sur le fait que les principaux concernés, les joueurs et plus particulièrement les buteurs, n’aient pas été consultés avant ce changement de règle. «Ce serait bien que, sur des décisions comme ça, on puisse échanger aussi avec les acteurs. On n’est pas trop consultés, donc c’est dommage, déplore l’arrière des quadruples champions de France. Mais je pense que la majorité des buteurs auraient plutôt voté pour une minute et que ça reste comme ça. Après, ils veulent bouger le rythme, donc peut-être qu’ils en auraient eu un peu plus ce (dimanche) soir.»
Interrogé par l’AFP, Jonathan Wisniewski - ex-buteur du Racing 92, de Grenoble ou du Lyon, désormais directeur sportif de Valence-Romans en Pro D2 - avance que «c’est certain que 45 secondes sur une transformation ça peut être court». Contraints et forcés, les artificiers vont devoir s’adapter. «Ce sera une habitude à prendre, pour le porteur de tee, d’arriver vite et avec un ballon, avance-t-il. Et pour certains buteurs qui ont des routines un peu longues, il va peut-être falloir les revoir». Perfectionniste à l’extrême, Thomas Ramos va devoir changer ses (bonnes) habitudes.
