ENTRETIEN – En difficulté sur le plan des résultats depuis deux mois, la pongiste française de 22 ans entend relever la tête à Ljubljana. Sans se laisser «miner moralement».
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Êtes-vous déçue de vos derniers résultats sur le circuit international ?
Prithika Pavade : C’est une question très directe (sourire). Est-ce que je suis déçue ? On parle de quels derniers résultats exactement ?
Le triptyque Smash de Suède-Champions de Macao et Smash de Chine (trois éliminations au 1er tour)…
Déçue, forcément parce que je n’aime pas perdre. Je perds à chaque fois au 1er tour, mais avec des situations un peu différentes. En Suède, j’ai quand même vraiment le match en main et c’était une rencontre assez folle. Franchement, il y avait de bonnes choses même si, à la fin, cela n’a pas tourné dans mon sens (défaite 16-14 au 5e set face à la Taïwanaise Yu-Han Peng). Cela s’est vraiment joué à quelques points. À Macao, j’ai joué face à Natalia Bajor qui joue très bien, qui a un système de jeu qui me pose des problèmes. Maintenant, si on regarde le ranking, peut-être que ces résultats peuvent paraître décevants. De mon côté, j’essaie d’être concentrée sur mon ping. C’est là où il y a des éléments où, sans être forcément déçue, j’ai envie de faire mieux. Mais pas non plus au point de me miner moralement. Je n’aime pas perdre et encore moins au premier tour. Néanmoins, il y a déjà eu des moments dans ma vie où j’ai été plus déçue que ça.
Donc cette mauvaise passe ne vous fait pas douter…
Non, comme je l’ai dit, j’essaie de prendre les éléments qui sont importants, dans le jeu. C’est là où il y a des choses que j’aurais pu faire mieux et c’est cela que je veux prendre en compte plutôt que le résultat en lui-même. Je sais que si j’arrive à produire un bon ping, je peux gagner des matchs. Donc c’est plus dans ce domaine-là que j’essaie d’être dure envers moi-même, d’essayer sur chaque match d’avoir les bonnes intentions. Là, sur mes derniers matchs, il y a forcément des trucs à revoir. Même sur la gestion des rencontres, il y a des fois où je mène mais, in fine, l’autre revient. Mais pour revenir au sens de votre question, de toute façon, en soi, les doutes sont toujours là, ce n’est pas non plus nouveau.
Ludovic Rémy a cédé sa place à la tête de l’équipe de France féminine à Patrick Chila. Ce changement vous a-t-il impacté, touché ?
Oui, forcément, avoir un nouveau capitaine change beaucoup de choses pour nous. Déjà, dans mon cas, Ludo, je le connais depuis très longtemps. On était habitués à travailler ensemble. Alors que là, je me trouve avec Patrick, sachant que je n’avais pas forcément de lien avec lui puisqu’il était beaucoup plus du côté des garçons ou des doubles. Donc c’est une nouvelle collaboration et je pense que c’était le but de la Fédération d’apporter un peu de fraîcheur. Mais oui, c’est sûr que ça fait quelque chose. C’est aussi pour ça que je tiens à remercier Ludo. Ça me paraît normal vu tout ce qu’il a pu faire et tout ce qu’on a pu construire ensemble. Mais je dois désormais me tourner vers ce que j’ai à faire avec Patrick et ce qu’il peut m’apporter pour essayer d’évoluer.
Quels seront du coup vos objectifs sur ces Championnats d’Europe, où vous disputez aussi le double mixte avec Thibault Poret et le double féminin avec Charlotte Lutz ?
Mon objectif, ce sera d’abord de bien jouer au ping. J’ai eu un peu de temps pour m’entraîner, donc je veux reproduire ce que je fais à l’entraînement en match. Je sais que les premiers tours ne sont jamais évidents, donc je veux réussir très rapidement à rentrer dans ma compétition. Et après, en termes de résultats, tout le monde sait à quel point je peux être ambitieuse, ce qui signifie que je veux décrocher des médailles, les plus belles possibles. Mais c’est vraiment plus sur ce que je vais réussir à produire à la table qui va être important. C’est ça qui va déterminer si je vais réussir à avancer. Je me concentre donc beaucoup plus sur mon jeu et après, je pense que la réalisation de mes objectifs suivra.
