À Cincinnati, le prodige espagnol a répondu avec humour à ceux qui déplorent qu’il prenne plusieurs minutes pour resserrer ou changer ses lacets, notamment lorsqu’il est en difficulté au score.

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À seulement 19 ans, Rafael Jodar est l’un des espoirs les plus en vue du circuit ATP. Mais le 11e mondial ne fait pas parler de lui uniquement pour ses performances. Après avoir atteint les demi-finales à Montréal, où il a éliminé le Français Arthur Fils et l’Italien Lorenzo Musetti, puis disputé la finale à Washington en profitant de l’absence de Carlos Alcaraz et Jannik Sinner, le Madrilène a été au cœur d’une polémique liée à ses interruptions à répétition pour refaire ses lacets.

La journaliste brésilienne Marcela Linhares a dénoncé une pratique devenue, selon elle, trop fréquente, l’Espagnol prenant plusieurs minutes pour resserrer ou changer ses lacets, notamment lorsqu’il est en difficulté au score. « L’ATP considère que le jeu doit être interrompu parce qu’un lacet problématique peut provoquer des accidents. Sauf qu’on ne peut pas fermer les yeux sur quelque chose qui se produit à tous les matchs et, comme par hasard, toujours lorsqu’il est en train de perdre », avait-elle déploré.

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Dimanche, face au Canadien Denis Shapovalov à Cincinnati, Jodar a encore eu recours à cette interruption alors qu’il était mené 5-1 dans le troisième set, avant de renverser complètement la rencontre. Interpellé ensuite par son adversaire, il avait assuré : «Je ne peux rien y faire, c’est quelque chose que je ne peux pas contrôler. J’essaierai d’avoir des lacets prêts pour le prochain match ou d’autres chaussures, pour réduire le temps d’arrêt au cas où la même chose m’arriverait.»

Le jeune Espagnol a visiblement décidé de prendre cette remarque au pied de la lettre, mais aussi d’en jouer. Pour son 16e de finale lundi soir contre le Chilien Alejandro Tabilo, il est arrivé sur le court avec un sac particulièrement volumineux, avant d’en sortir un sac plastique rempli de chaussures neuves, sous les regards amusés du public. La polémique ne l’a pas perturbé sur le terrain : Jodar n’a concédé que trois jeux pour rejoindre les huitièmes de finale.

Ce n’est pas la première fois que l’Espagnol défraie la chronique. Son comportement suscite régulièrement des réactions, entre gain de temps, attitude jugée agressive et incidents extra-sportifs. À Roland-Garros, en mai, il avait dû démentir avoir volontairement poussé une ramasseuse de balles après un accès de colère.