LE SCAN SPORT - Dans un entretien accordé à l’émission Stade 2 La quotidienne, le judoka avait évoqué les futures élections présidentielles de 2027, ce qui a fait réagir le journaliste de la chaîne C News.

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«Teddy Riner a pris ce ton grave que prennent les personnalités dont on ne sait jamais s’il est sincère ou surjoué quand elles sont interrogées sur l’élection présidentielle à venir. «Ça m’angoisse de voir monter les extrêmes», a-t-il dit, reprenant un des éléments de langage qu’on entend dans cet espace médiatique qui aimerait tant fabriquer l’opinion. «Enfin des extrêmes, surtout l’extrême droite», a-t-il ajouté. Il faut appeler un chat un chat.» Dans son édito ce jeudi lors de l’émission L’heure des Pros sur la chaîne C News, Pascal Praud a réagi aux propos tenus la veille par le judoka lors d’un entretien diffusé par Stade 2 La quotidienne.

Sur France Télévision, le quintuple champion olympique avait lâché : «Ce qui m’angoisse c’est la tournure que prend le pays. Ça m’angoisse, même moi sportif de niveau. Ça m’angoisse de voir tout ça, la montée des extrêmes. Ça me fait flipper.» Ce à quoi l’éditorialiste a répondu : «Teddy Riner ne craint pas l’insécurité, la dette, l’islamisme. Non. Ce qui fait le flipper, comme il dit, ce n’est pas non plus l’antisémitisme rampant de La France insoumise ou le bilan cataclysmique de son grand ami Emmanuel Macron. Non, ce qui le fait flipper, c’est l’extrême droite. Sans vraiment la définir, sans dire pourquoi ni comment. Il dit ce qu’il faut dire quand on est comédien, footballeur, intellectuel et qu’on vient à la télévision. On achète ainsi un brevet de bonne conscience à peu de frais. On aura son rond de serviette à France Inter ou chez Quotidien. On est du bon côté, avec les résistants du Café de Flore.»

Si je m’exprime, ce n’est ni pour donner des leçons, ni pour diviser. J’aime profondément la France.

Teddy Riner

Une passe d’armes qui aurait pu en rester là, mais Teddy Riner a décidé de répondre à l’ancien journaliste sportif via ses réseaux sociaux : «Pascal Praud, être sportif de haut niveau n’empêche pas de garder les pieds sur terre et de porter un regard attentif sur son pays. Comme beaucoup de Français, la situation actuelle m’inquiète : la colère qui monte, les fins de mois difficiles, le respect de nos institutions qui s’effrite, les fragilités de notre école et le manque de perspectives pour notre jeunesse. Si je m’exprime, ce n’est ni pour donner des leçons, ni pour diviser. J’aime profondément la France : je défends son histoire, le génie de son peuple, son patrimoine, ses valeurs républicaines et sa diversité. C’est pour cela que je refuse la résignation (…) Qu’on ne partage pas mon avis, c’est le jeu du débat. Mais le droit de s’exprimer appartient à chaque citoyen, quel que soit son parcours. C’est avec humilité et conviction que j’entends participer au débat d’idées sur l’avenir de cette France que nous aimons toutes et tous.»

L’engagement politique du judoka aux onze titres mondiaux n’a rien de nouveau. Déjà, dans un entretien au Figaro, il avait fait part de son intérêt pour ce domaine quand l’heure de sa fin de carrière aura sonné, probablement après les Jeux de Los Angeles en 2028. «Je ne ferme aucune porte», avait-il alors confié. «Je suis un épicurien, ce qui signifie que si demain je m’engage dans une cause, je le ferai bien. Pour l’instant, je suis judoka. Mais souvent, c’est vrai, on me dit qu’on me verrait bien un jour dans le costume de ministre des Sports. Mais pourquoi devrait-on réduire le sportif que je suis à ce seul domaine ? Je vais vous dire, si demain je m’engage dans la politique, ce ne sera pas pour être ministre des sports mais pour être président de la République. Quand je fais quelque chose, c’est pour gagner et être une locomotive.» Pas sûr que cette ambition ne sied à Pascal Praud, lui qui conclut son édito du jour ainsi : «Ce que dit Teddy Riner ou rien, c’est au fond la même chose. Les Français s’en fichent.»