La jeune Française a décroché son premier titre national chez les seniors à 19 ans en s’imposant contre Enora Villard ce samedi à Paris.

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Elle règne sur la France à 19 ans et rêve de conquérir l’Olympe : sacrée championne de France de squash samedi à Paris, Lauren Baltayan est bien décidée à ne pas manquer le premier tournoi olympique de l’histoire de son sport, en 2028 à Los Angeles. Après une saison 2025-2026 où elle s’est révélée sur le circuit mondial, la 45e joueuse mondiale a profité cette semaine de l’absence de la numéro 1 française Melissa Alves (17e) pour décrocher sa première couronne nationale.

Mais celle qui clamait dès 11 ans son ambition de devenir numéro 1 mondiale, selon son entraîneur français Yann Ménegaux, ne compte pas s’arrêter là. Qu’importe si elle n’aura que 21 ans lors des débuts olympiques du squash, «je ne crois pas que ça arrive trop tôt», juge-t-elle auprès de l’AFP. «D’elle-même, elle ne se fixe pas beaucoup de limites», sourit le président de la Fédération française de squash Julien Muller.

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Née au Caire en mai 2007 d’un père égyptien et d’une mère française, Lauren Baltayan a pu cultiver très tôt son ambition dans un pays où le squash fait figure de sport national. «Tout le monde y joue, même à l’école. C’est un truc qui est en nous dès notre plus jeune âge», explique celle qui s’entraîne encore la plupart du temps au pays des pharaons. Alors qu’elle est âgée de «7-8 ans», ses parents profitent de la présence d’entraîneurs de la Fédération française de squash à un tournoi en Égypte pour leur parler de leur fille, raconte Lauren Baltayan.

«Ils ont proposé qu’on aille frapper quelques balles le lendemain. Ils m’ont directement dit que je devrais venir jouer les prochains championnats de France des moins de 11 ans. Je suis allée les jouer et je les ai gagnés. C’est là que j’ai pu jouer pour la France», rembobine la numéro 2 tricolore au classement mondial. Sous le maillot bleu, la Franco-Egyptienne s’est notamment offert le scalp de la Belge Nele Gilis (11e mondiale), début mai aux championnats d’Europe par équipe.

Quelques jours plus tard, elle a passé un tour aux Championnats du monde de squash, et a gagné à cette occasion le surnom de «Pocket Rocket» («fusée de poche» en français), une référence à ses déplacements et plongeons spectaculaires sur le court, et à son petit gabarit (1,52m). Un sobriquet qu’elle apprécie et qui a valeur d’adoubement dans un sport où chaque grand joueur possède son surnom, de la «tueuse de géants» malaisienne Sivasangari Subramaniam (5e mondiale) au «Puma péruvien» Diego Elias (3e) en passant par le «Maréchal de fer» français Victor Crouin (6e).

Deux prétendantes pour une place

Pour la saison 2026-2027, «on s’est fixé l’objectif d’entrer dans le top 30 en décembre, à mi-saison», explique à l’AFP son entraîneur Yann Ménegaux, «puis dans le top 20 en fin de saison.» Le classement mondial sera probablement décisif en vue de la qualification pour les Jeux olympiques, auquel seulement 16 joueuses auront le privilège de participer. En vertu des complexes critères de qualification pour Los Angeles, la France ne pourra vraisemblablement envoyer qu’une seule joueuse aux Jeux. Et à moins que Melissa Alves ou Lauren Baltayan ne gagne le tournoi de squash des Jeux européens d’Istanbul en juin 2027, directement qualificatif pour les JO, c’est celle des deux Françaises qui sera la mieux classée en mai 2028 qui s’offrira le billet pour la Cité des anges.

«Je pense que ça va être vraiment très serré entre elles deux», pressent Julien Muller. Et «on ne va pas faire de choix», complète le directeur technique national Eric Silvestri. «La concurrence sportive entre les deux filles va les tirer toutes les deux vers le haut», espère-t-il. Ironie des tirages au sort, la saison 2025/2026 de Lauren Baltayan s’était justement terminée fin mai par une défaite contre... Melissa Alves. «Elle me connaît par cœur (...) et elle a un jeu beaucoup plus solide que moi» à l’heure actuelle, reconnaît la numéro 2 française. Mais «je peux changer de plan de jeu, essayer d’autres choses. La prochaine fois que je vais la jouer, je suis sûre que le match sera meilleur», anticipe la cadette.