Mécontents de la gestion du président Claudio Lotito, les supporters de la Lazio ont décidé de boycotter massivement la saison prochaine. Une contestation qui menace de transformer le Stadio Olimpico en théâtre désert.
Passer la publicité Passer la publicitéLa fracture entre la Lazio Rome et ses supporters semble avoir atteint un point de non-retour. Alors que la saison 2026-2027 approche, une grande partie de la tifoseria laziale a décidé de ne plus se rendre au stade pour protester contre la direction du club et son président, Claudio Lotito. Une situation rare pour une institution historique du football italien, qui pourrait évoluer dans une enceinte quasiment vide lors des prochaines rencontres à domicile.
Le mouvement de boycott est déjà visible dans les chiffres. Alors que près de 30 000 abonnements avaient été vendus la saison précédente, un peu plus de 2000 supporters seulement auraient renouvelé leur abonnement avant le nouvel exercice. Une chute spectaculaire qui illustre l’ampleur du malaise entre les dirigeants et les tifosi. L’enceinte de 70 634 places devrait ainsi sonner creux toute la saison, excepté lors des derbies romains.
Passer la publicitéDans la foulée, plusieurs groupes ultras, dont la Curva Nord, ont relayé des messages appelant à une absence totale des tribunes, dénonçant une rupture jugée irréversible avec la direction actuelle. Des banderoles et communiqués ont fleuri ces dernières semaines dans la capitale italienne.
Un conflit qui dépasse les résultats sportifs
Si la colère ne date pas d’hier, elle s’est accentuée ces derniers mois. Les supporters reprochent notamment à Claudio Lotito un manque d’ambition sportive et une gestion jugée trop prudente sur le marché des transferts. Les départs de plusieurs cadres (Ciro Immobile, Felipe Anderson, Sergej Milinkovic-Savic...), sans remplacement considéré comme suffisant, ont renforcé le sentiment d’un club qui ne chercherait plus du tout à rivaliser avec les meilleures équipes du championnat italien.
La situation s’était également tendue autour de Maurizio Sarri. Les désaccords publics entre l’entraîneur et la direction avaient marqué les esprits, avant le départ du technicien italien vers l’Atalanta. Pour une partie des supporters, cet épisode symbolise les difficultés de communication et de gouvernance qui entourent désormais le club.
Pourtant, l’histoire entre Lotito et la Lazio est loin d’être uniquement négative. Arrivé en 2004 alors que le club traversait une grave crise financière, le président avait permis aux Biancocelesti de retrouver une certaine stabilité. Mais après plus de vingt ans à la tête de l’institution, son image s’est progressivement dégradée auprès d’une grande partie du public.
Un bras de fer à sens unique
À travers ce boycott, les supporters veulent envoyer un message des plus clair en espérant pousser Claudio Lotito à revoir sa stratégie, voire à envisager une vente du club. Le choix de délaisser le Stadio Olimpico, pourtant l’un des symboles de la Lazio, constitue une forme de protestation radicale, mais assumée. Des protestations revendiquées depuis le 13 février dernier par La Voce Della Nord dans une pétition pour le départ du président, à plus de 45 000 signataires, expliquant notamment que les tifosi romains n’ont «plus rêvé depuis que Claudio Lotito a pris possession du club».
Passer la publicitéUn risque sportif mais également économique puisque jouer devant des tribunes vides prive une équipe de son soutien habituel et renvoie une image particulièrement forte à l’extérieur. Et par effet boule de neige, l’équilibre financier du club pourrait être d’autant plus fragilisé si la situation venait à durer (billetterie, abonnements, produits dérivés...).
Le principal concerné, Lotito, semble encore bien loin des débats pour le moment avec sa récente acquisition de la Reggina en Serie D le 20 juillet dernier, laissant planer le doute sur l’avenir de la Lazio, qui signe son pire classement en Serie A depuis douze ans (9e). La Lazio Rome jouera son premier match de championnat le 24 août à Bologne.
