Organisée cette année en Afrique du Sud, cette tournée mettra aux prises tous les quatre ans les deux meilleures nations mondiales. Présentation.

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Pourquoi cette nouvelle compétition

Le rugby, aussi, a horreur du vide. Avec la création du nouveau Championnat des nations mettant aux prises les équipes des deux hémisphères, en juin et en novembre, avec une finale officielle en suivant, la SANZAAR (le consortium qui organise les compétitions du Sud) a sauté sur l’occasion. Première décision, le Rugby Championship, qui met aux prises l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Argentine, ne se disputera désormais plus qu’une année sur deux. À la place, en alternance et tous les quatre ans donc, la tournée des Lions britanniques et irlandais dans le Sud et ce nouvel événement (pompeusement) baptisé Rugby’s Greatest Rivalry (la plus grande rivalité du rugby).

Cette compétition, étalée sur près de six semaines, est pensée comme une célébration de la rivalité entre les All Blacks et les Springboks, les deux meilleures nations au classement World Rugby. La deuxième édition est déjà programmée pour 2030. Si cette confrontation tient toutes ses promesses, elle s’inscrira durablement dans le calendrier international, toujours en alternant entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande comme pays hôte.

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Pourquoi est-elle baptisée «La plus grande rivalité»

Les deux sélections se sont affrontées pour la première fois en 1921. Pour atteindre désormais 104 confrontations. Avec un bilan favorable aux Néo-Zélandais avec 62 victoires, contre 42 succès pour les Sud-Africains. Une rivalité qui s’est logiquement étendue à la Coupe du monde, avec six oppositions durant la compétition, dont deux finales... remportées par les Springboks, en 1995 et en 2023.

À elles deux, ces deux nations totalisent sept titres mondiaux (quatre pour les Boks et 3 pour les Blacks) en dix éditions. Ce qui en fait, effectivement, l’opposition la plus prestigieuse du rugby international. Avec la présence, des deux côtés, d’innombrables stars du ballon ovale pour des duels alléchants. Même si les 111 oppositions, depuis 1906, entre la France et l’Angleterre n’arrivent pas loin dans la hiérarchie des plus grandes rivalités…

Sur le principe des tournées à l’ancienne

Plutôt qu’une nouvelle compétition, il s’agit d’un retour aux tournées à l’ancienne. La sélection en déplacement affronte en effet les quatre franchises du pays hôte et dispute quatre tests officiels. Soit huit matchs. Curieusement, les All Blacks n’ont effectué que six tournées en Afrique du Sud depuis le début de leur histoire, la dernière en 1996. Il y a trente ans, elle s’était soldée par un succès historique des Néo-Zélandais dans la série (2 victoires à 1), les All Blacks y gagnant alors le surnom de «The Incomparables».

Quand et où voir les matchs

Les All Blacks ont déjà disputé trois de leurs quatre rencontres face aux franchises sud-africaines. Pour autant de victoires face aux Stormers (38-21), aux Sharks (54-0) et aux Bulls (50-19). Il reste aux hommes en noir à défier les Lions, le 25 août au mythique Ellis Park de Johannesburg.

Côté test-matchs, Springboks et All Blacks s’affronteront le 22 août (Ellis Park, Johannesburg), le 29 août (DHL Stadium, Cape Town), le 5 septembre (FNB Stadium, Johannesburg) et le 12 septembre, mais cette fois… aux États-Unis, au M&T Bank Stadium de Baltimore.

Toutes ces rencontres sont retransmises sur les antennes de Canal +. Coup d’envoi, en heure française, à 17h10 pour les trois premiers chocs, celui du dernier, décalage horaire oblige, étant, lui, prévu à 23h.

Une manne financière aussi

Évidemment, tout cela n’a pas été conçu uniquement pour l’amour du sport. Si l’intérêt sportif est bien réel pour les quatre test-matchs, l’intérêt financier n’est pas oublié. Selon la fédération sud-africaine, cette tournée devrait injecter plusieurs dizaines de millions d’euros dans ses caisses - et celles de la fédération néo-zélandaise, les revenus étant partagés -, grâce aux sponsors, aux juteux droits télévisés et à la billetterie. L’économie du pays devrait également bénéficier des retombées générées par les milliers de supporters néo-zélandais attendus en Afrique du Sud.

La Fédération internationale, World Rugby, y trouve également son compte. Et a profité du prestige de l’affiche pour promouvoir le rugby féminin (Springboks Women-Black Ferns se disputera en lever de rideau, le 5 septembre à Johannesburg), mais aussi pour faire la promotion de son sport aux États-Unis. «Il existe peu de rivalités plus intenses et pouvoir présenter le meilleur de notre sport à Baltimore, l’une des 27 villes et régions très impliquées dans l’organisation de la Coupe du monde 2031, est une perspective enthousiasmante qui pourrait inciter davantage d’amateurs de sport américains à se passionner pour le rugby», s’est ainsi félicité le directeur général de World Rugby, Alan Gilpin.