Les All Blacks ont fait chuter des Springboks ce samedi (16-33), à Ellis Park, dans le cadre du premier des quatre matchs du Rugby’s Greatest Rivalry.

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Il fallait un premier acte à la hauteur du nom – pompeux mais réaliste - donné à cette tournée. “Rugby’s Greatest Rivalry”, l’appellation est presque provocatrice mais elle met en évidence une réalité : l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande sont actuellement les deux meilleures nations du monde.

Et on pourrait même aller plus loin. À eux seuls, les deux géants du rugby mondial ont remporté la quasi-totalité des couronnes mondiales (7 en 10 éditions depuis 1987). Ce samedi à l’Ellis Park, les All Blacks revenaient disputer une tournée sur le sol sud-africain, une première depuis 30 ans. L’enceinte se souvenait aussi de la finale de Coupe du monde remportée après un final épique par les Springboks face à ces mêmes Néo-Zélandais en 1995.

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31 ans plus tard, ce sont pourtant les All Blacks qui ont signé un succès surprenant mais logique au vu de la physionomie de la rencontre (16-33). Cinq essais à un, des cadres au rendez-vous et une défense de fer, la Nouvelle-Zélande confirme son retour en force. À un peu plus d’un an de la Coupe du monde en Australie.

Seconde période fatale

Les deux équipes ont été fidèles à leur philosophie. L’Afrique du Sud a d’abord fait parler sa puissance, avec les plaquages rugueux du remplaçant de Villiers, remplaçant de luxe de Kolisi, des charges de Wiese et Marx. Il y a eu aussi une domination sans partage de la mêlée des Boks et une guerre des rucks à l’avantage des doubles champions du monde. Mais en face, les All Blacks, en reconstruction depuis la prise de pouvoir du sélectionneur Dave Rennie, n’ont pas oublié ce qui faisait leur force : le jeu au large, les retours gagnants et le jeu après-contact. En première période, les ailiers Jordan et Moorby (8e, 22e) sont allés derrière la ligne. Répondant ainsi au pied de Cheslin Kolbe, buteur du jour, et à la puissance du troisième-ligne ou trois-quarts centre Esterhuizen (13e). Un point d’écart à la pause, des Sud-Africains quelque peu brouillons, des All Blacks trop pénalisés, rien n’est fait.

Si la mêlée des Boks est toujours aussi dominatrice, et que Kolbe est parfait face aux perches, les doubles champions du monde en titre font preuve d’une maladresse inhabituelle, avec une multitude de mauvais choix. La preuve en est avec la frustration du sélectionneur Rassie Erasmus dans sa cabine… Surtout après l’essai du 2e ligne néo-zélandais Fabian Holland, à l’affût suite au dégagement manqué et contré du demi de mêlée adverse Williams (49e). Preuve de la fébrilité locale, cette mêlée renversée par les Blacks à la 56e, alors que ces derniers avaient subi toute la partie.

Pire encore, Kolbe sort blessé et avant ça, Luke Jacobson aplatit le quatrième essai des siens (60e). L’Ellis Park est éteint et attend que la lumière se rallume… Il n’y en aura finalement pas. Van Staden écope d’un carton jaune logique à 10 minutes du terme, Reinach aussi et Jordan, encore lui, plante la dernière banderille de la partie. Dans un silence de cathédrale, les All Blacks prouvent leur montée en puissance. Les Boks, eux, devront montrer un tout autre visage. Il reste trois confrontations.