À l’entame du quatrième jour de course, les différentes classes bataillent sur le front de la Route du Rhum.

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Après trois jours/nuits agités sur le front de la casse mécanique et des abandons, plus d’ailleurs en termes de notoriété qu’en nombre au vu du total élevé de bateaux (115 au départ dimanche de Saint-Malo), la nuit de mardi à mercredi a semblé plus calme sur la Route du Rhum que pour Donald Trump et les Républicains aux États-Unis. A priori pas de déconfiture, ni de drame dans les urnes de la mer. Rien n’a été signalé ce mercredi matin sur le fil alerte des journalistes suiveurs de la course depuis l’annonce mercredi soir du chavirage de Matthieu Perraut (Elvest) dans la catégorie Ocean Fifty (petits multicoques de 15,24 extrêmement volages) toujours dominée par Basile Bourgnon (Edenred) devant Lénoard Legrand (Sodebo) pointé à 36 milles en approche des Açores.

Ultim: des écarts resserrés et des options

En Ultim, la catégorie reine, Tom Laperche (SVR Lazartigue), le leader depuis le Cap Fréhel, ne compte plus qu’une vingtaine de milles d’avance après en avoir amassé plus de 70 la veille sur Armel Le Cléac’h (Banque Populaire XI) au sortir d’une nuit loin d’être de tout repos. « On a eu zéro nœud, puis 30 nœuds avec toute la toile dessus ! Le vent était vraiment instable et on n’a pas pu aligner les belles moyennes. Mais si on arrive à rester devant, c’est bien», a confié le vainqueur de la dernière Transat Café L’Or. L’écart au classement s’est resserré également avec Thomas Coville qui ne compte plus que 18 milles de retard au petit matin et a décidé de plonger plein sur la route directe dans une option différente de ses petits camarades. Du jeu, de l’incertitude, on se régale avec la régate des Ultim, malgré l’abandon mardi en fin de journée du tenant du titre, Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) en route vers la maison. Un point de vigilance cependant: Armel Le Cléac’h n’a pas été localisé ce matin sur la cartographie. Est-ce à dire qu’il pourrait avoir un problème technique ?

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Horeau se régale

Il y en a un autre qui se régale, ce mardi matin, c’est Corentin Horeau (MACSF), qui a pris la poudre d’escampette en monocoque Imoca, au nord des Açores, en réussissant à franchir une zone de transition avant que la porte ne se referme derrière lui. Résultat, le vainqueur de la Solitaire du Figaro 2023 s’est envolé au classement avec plus de 170 milles d’avance sur l’Allemand Boris Herrmann (Malizia) et sur l’Américano-Italienne Francesca Clapcich (11th Hour Racing).

« Quand je vois les pointages, je n’ose pas y croire ! C’est ce dont on rêve en tant que marin : faire des gains comme ça. J’ai bien cru que je n’allais pas réussir à passer, puis j’ai trouvé le petit bout de vent qui m’a permis de repartir. Après, c’était plein gaz», s’est réjoui le leader, qui ne doit cependant pas mollir pour éviter de se retrouver à son tour à l’arrêt. Élodie Bonafous (Association Petits Princes – Quéguiner), cinquième, n’apprécie guère la séquence : « Je savais qu’il ne fallait pas traîner pour passer le front. Mais je ne pensais pas qu’on galérerait autant et qu’on resterait coincés aussi longtemps. Ça va être compliqué de revoir Corentin, même si rien n’est perdu. » Effectivement, la route vers Pointe-à-Pitre est encore longue. Pour les Imoca, comme pour les trois autres classes en course, dont celle des Class40, la plus nombreuse, menée ce mercredi par Robin Follin (Solano) juste devant le favori Guillaume Pirouelle (Sogestran - Seafrigo), Alexis Thomas (Afterdata - Elcia) allant lui faire une escale technique pour réparer un safran récalcitrant.