Solide leader en Ultim, le skipper du trimaran SVR-Lazartigue doit se méfier dans une fin de course délicate. Son arrivée est prévue samedi en Guadeloupe.

Passer la publicité Passer la publicité

767 milles jeudi soir, 504 milles ce vendredi matin à 8 heures, l’avance de Tom Laperche sur son premier poursuivant a quelque peu fondu cette nuit mais à 620 milles (un peu plus de 1000 kilomètres) des rivages ensoleillés de la Guadeloupe, le skipper du trimaran SVR Lazartigue peut commencer à rêver au ti-punch de la victoire. Alors que les premières ETA annoncent une arrivée samedi (matin ?, après-midi ?), le jeune marin sait bien que désormais tout dépend de lui, tant l’écart avec Louis Burton (Armand Thiery) et Thomas Coville (Sodebo) est gigantesque, d’autant que le premier navigue sur un Ultim d’ancienne génération et le second est privé de voile d’avant.

Tout dépend de lui, mais pas seulement. Une dépression tropicale a perturbé sa progression cette nuit et complique singulièrement le jeu avec ses nuages noirs, ses molles imprévisibles et ses rafales soudaines et violentes. L’objectif est donc de ne pas se laisser surprendre. Pas évident après bientôt cinq jours de mer ultrarapides à plus de 30 nœuds de moyenne et une fatigue forcément intense.

Passer la publicité

« On est en plein dedans. On attend que le vent tourne pour retrouver du sud-ouest jusqu’aux Antilles. Je suis un peu tendu parce que je n’ai pas envie de laisser trop de plumes dans cette transition», a-t-il confié ce vendredi matin à l’organisation, regrettant l’absence des fameux alizés qui rayonnent d’habitude dans la région. «C’est hyper rare qu’il n’y en ait pas du tout dans cette zone. On ne sera pas en ligne droite, il y aura probablement des virements à faire. Ça me rappelle Franck Cammas, qui avait dû tirer des bords pour rejoindre la Guadeloupe en 2010, lorsqu’il avait gagné avec Groupama 3.».

Et d’ajouter : «On pourrait aller deux fois moins vite que les autres et arriver en même temps. Mais ce n’est pas le but ! Il faut bien faire avec ce qu’on a, sans prendre de risques. On a fait quelques jours bien intenses et ça laisse des traces. J’essaie de faire des siestes dès que je peux, pour rester lucide en permanence.»

Une belle première de Burton

Sauf catastrophe, il faut bien reconnaître que le triomphe ne devrait plus lui échapper samedi. Débarrassé de Charles Caudrelier, le tenant du titre (avarie de foil), d’Armel Le Cléac’h (chavirage, en route vers les États-Unis à bord d’un cargo panaméen) et d’Anthony Marchand (avarie de système de barre), il n’a plus qu’à contrôler de loin ses adversaires, notamment Louis Burton qui, pour une grande première en Ultim, signe une belle performance. Et à multiplier les manœuvres pour rejoindre en grand vainqueur les pontons de Pointe-à-Pitre. Comme en 2025 à Fort de France dans la Transat Café l’Or (en double).

Un solide leader en Ocean Fifty

Dans la catégorie des Ocean Fifty (trimarans de 15 mètres), Basile Bourgnon (Edenred), oui le fils de…, a retrouvé lui de conditions de navigation plus sages, après avoir affolé les compteurs (et sa mère) avec une pointe à 41 nœuds. « C’est presque la première fois de cette traversée qu’on peut vraiment dormir sur nos deux oreilles (…) J’ai des ampoules à force de lover les écoutes», a avoué le solide leader, avec 90 milles d’avance sur Pierre Quiroga (Wewise), ancien figariste comme lui.

Un patron bien installé et un blessé en Imoca

Autre Figariste bien connu et vainqueur de la Solitaire en 2023, juste devant Basile Bourgnon, Corentin Horeau (MACSF) continue de mener la danse en monocoque Imoca, ceux du Vende Globe, avec 265 milles d’avance ce matin, soit un bel écart, sur l’Allemand Boris Herrmann (Malizia) et 295 milles sur Sam Goodchild, à bord du Macif du regretté Charlie Dalin. Le combat fait rage à mi-course et il est chaud. «Hier, c’était la boucherie, j’ai même sorti le casque. Le bateau se comportait bien, mais, au bout d’un moment, j’ai calmé le jeu (…) Avec une telle avance sur une transat classique, je dirais que ça devrait aller. Mais là, ce n’est pas une transat classique ! Il reste une dépression avec des orages. On ne sait jamais comment ça va se passer.»

Passer la publicité

La preuve avec la blessure de l’Italien Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei), longtemps leader et qui a lourdement chuté dans son cockpit jeudi soir. Souffrant de fortes douleurs au dos, il a choisi de se dérouter vers les Açores et d’abandonner. Un de plus dans une liste qui reste tout à fait raisonnable à ce stade de la course, malgré le pedigree de certains de ces «abandons»…

Des touts petits écarts en Class40

Enfin dans la catégorie des Class40 (monocoques de 12 mètres), la bataille navale est celle qui présente les plus faibles écarts. 7 milles ce vendredi entre Guillaume Pirouelle (Sogestran-Seafrigo) et Achille Nebout (Amarris). Et la route est encore longue puisque ces petits monocoques longent actuellement les Açores.