PORTRAIT - Arrivé cet été à la Section paloise en provenance de Colomiers, l’ailier portugais a signé des débuts tonitruants, en inscrivant cinq essais en trois rencontres. Découverte.
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Des débuts fracassants en France
Né à Lisbonne, Rodrigo Marta a découvert le rugby au club de Belenenses à l’âge de 7 ans. Il est resté au sein du club lisboète jusqu’en 2022, avant de rejoindre le Lusitanos XV (qui avait disputé la Challenge Cup), puis de tenter sa chance en France. Durant sa jeunesse, il fréquente le lycée français de Lisbonne, ce qui a grandement facilité son intégration dans le championnat de France.
Pour sa première année à Dax, en Nationale (troisième division), l’ailier lusitanien inscrit 15 essais en 20 matchs, terminant meilleur marqueur du championnat et participant activement à la montée en Pro D2 du club landais. Il rejoint ensuite Colomiers et continue sur des bases élevées : 24 essais en 54 matchs.
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Suivi par la Section Paloise de longue date, le joueur, qui aura 27 ans en novembre, s’engage finalement avec le club béarnais où il a retrouvé Julien Sarraute, son ancien manager à Colomiers, désormais entraîneur des trois-quarts béarnais. Là encore, pas de retard à l’allumage, ses débuts sont fracassants avec cinq essais en trois sorties. Machine.
Un geste digne de Cristiano Ronaldo
Au pays du football roi, celui des Eusébio, Figo et Cristiano Ronaldo, son geste a dû tourner en boucle. Rodrigo Marta a montré, ce samedi face à Lyon, qu’en plus de ses qualités balle en main, il est aussi habile de ses pieds. Sur un coup d’envoi de la Section, il a sprinté et repris le ballon à la volée, évitant qu’il ne sorte en touche, avant de récupérer le ballon et d’aller marquer un essai de grande classe. Sans opposition, devant une défense lyonnaise médusée, l’international portugais est allé tranquillement aplatir (14e). Avant trois minutes plus tard, de doubler la mise après une glissade de l’arrière lyonnais, Gabin Lorre (17e). Grande classe.
L’Aviron Bayonnais n’avait pas voulu de lui
Et si Rodrigo Marta avait débuté plus tôt en Top 14 ? À 20 ans, Marta avait en effet été proposé à l’Aviron Bayonnais, mais le club basque n’avait pas donné suite, le considérant comme un second choix derrière son compatriote Raffaele Costa Storti. Patrice Lagisquet, alors sélectionneur du Portugal, estimait pourtant que Marta était «peut-être même meilleur», a-t-il expliqué dans Sud Ouest. Il a finalement rejoint Dax en 2022, sur les conseils d’Hervé Durquety, alors membre du staff de la sélection portugaise. La suite est connue… Et l’Aviron regrette sûrement de l’avoir laissé filer.
Un essai historique lors de la Coupe du monde 2023
Le 8 octobre 2023 à Toulouse, lors de la Coupe du monde organisée en France, le Portugal - Petit Poucet de la compétition qui participait aux joutes mondiales pour seulement la deuxième fois de son histoire après 2007 (déjà en France) - semblait condamné à s’incliner face aux Fidji, qui menaient 23-17 en fin de match. Mais, à la 79e minute, Rodrigo Marta a surgi pour être servi main-main par son ami d’enfance Raffaele Storti (qui joue à Grenoble) et inscrire l’essai de l’espoir (à partir de 5:26 dans la vidéo ci-dessous). Dans la foulée, Samuel Marques a transformé l’essai et offert aux «Lobos» (les Loups) la première victoire de leur histoire en Coupe du monde (24-23). Le jour de gloire du rugby lusitanien. En attendant la prochaine Coupe du monde ? Le Portugal a en effet décroché, en février dernier, son billet pour le Mondial en Australie.
«Anguille bodybuildée», «chien qui ne subit jamais»
Un centre de gravité très bas, des appuis électriques et une faculté à faire des différences en un contre un. Malgré un physique robuste pour un trois-quarts (1,85 m pour 90 kg). Et un surnom trouvé par son ancien coéquipier en sélection, le pilier Francisco Fernandes. «Défensivement, Rodrigo est un chien. Il ne subit jamais, alors qu’offensivement, il casse énormément de plaquages, prend les intervalles, sans jamais jouer l’homme. Et quand il trouve l’espace, il te cale un coup de reins pour réaccélérer, pivoter sur lui-même. Il est tellement gainé que je l’appelais l’Anguille bodybuildée», a-t-il raconté dans les colonnes de Sud Ouest .
