La Pro D2 reprend ses droits ce jeudi avec sept rencontres sur les huit. Des meilleures recrues aux favoris et aux barragistes... Coup d’œil sur une saison 2026-2027 qui promet.
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Provence Rugby, le favori qui devra assumer son statut
Sans le moindre doute, Provence Rugby accueillera Agen, ce jeudi (21h00) pour le compte de l’ouverture de la Pro D2, avec le statut de favori pour la montée en Top 14. À l’image du RC Vannes la saison dernière, les hommes de Philippe Saint-André débarquent conquérants pour cette saison 2026-2027. C’est contre les Vannetais que les Provençaux s’étaient inclinés, de peu (14-18), la saison dernière en finale de la deuxième division française pour la montée directe dans l’élite, avant de perdre lourdement contre Perpignan en match d’accession (24-47). C’est tout de même dire le niveau et la constance affichée par le troisième de la dernière saison régulière. Pour accentuer la domination promise à Provence Rugby, les seize clubs du championnat ont élu le club comme le futur champion, dans un sondage effectué par nos confrères du Midi Olympique, dans lequel tous les entraîneurs ont voté. Le club du Sud empoche largement les voix, avec 14 points, contre 1 pour Montauban et Brive.
Cependant, il ne faudra pas se laisser griser. Si les joueurs ont parfaitement commencé leur préparation à domicile contre le promu niçois (victoire 42-19), ils s’étaient cassé les dents sur la pelouse de Soyaux-Angoulême la semaine suivante (défaite 33-19). Une défaite qui n’avait pas manqué de faire réagir l’entraîneur de Provence Rugby à l’issue de la rencontre, au micro de Rugbyrama. «Dans le rugby, quand tu ne mets pas l’engagement qu’il faut, tu es en difficulté. On fait une première mi-temps où on domine vraiment mais on a perdu beaucoup de ballons. Le rugby c’est un sport d’humilité, je pense qu’on en manquait aujourd’hui. Bravo à Angoulême qui a été très efficace, qui a été très bon. C’est bien car ça va nous faire une bonne semaine pour préparer Agen. On rentre dans la compétition, donc ça va être une autre intensité et je pense qu’on va montrer un visage différent.» Reste plus qu’à le démontrer, tout en sachant que les Montalbanais voudront regagner le Top 14 le plus rapidement possible et font, eux aussi, partie des favoris.
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Narbonne devra faire le dos rond
De l’autre côté du classement, Narbonne arrive en Pro D2 sans les mêmes ambitions. Si le club narbonnais a été un peu mis en lumière avec l’arrivée du footballeur du RC Lens Florian Sotoca comme investisseur, sa saison ne risque pas de l’être autant. Après avoir remporté le championnat de Nationale de justesse face à Nice - un succès arraché après avoir été mené 20-3 à la mi-temps - le RCN a validé sa montée en deuxième division. Mais la saison risque d’être (très) longue pour les supporters, qui attendaient un retour en Pro D2 depuis 2022. Cette année-là, les Narbonnais avaient fait l’ascenseur. Une prestation qu’il ne faudra pas répéter. Encore une fois, dans le sondage réalisé par le «Midol», 8 des entraîneurs du deuxième étage français voient le RCN être dernier et relégué directement, soit la moitié des managers. Une statistique qui en dit long, même si Jérémy Mialhe, le responsable de la performance du club, assure auprès de L’Indépendant que «les joueurs sont prêts à jouer les meilleurs matches avec les plus gros standards». Il faudra le prouver sur le rectangle vert.
Mais au petit jeu des pronostics, les entraîneurs n’ont pas été aussi unanimes que pour désigner le champion. Plus partagés, deux coachs ont été «sans opinion», un a voté pour Aurillac, deux pour Béziers, alors que trois ont désigné Nice comme le relégué d’office. Et on peut le comprendre. Dans un club à la dérive aussi bien économique que sportive. Lors de l’exercice 2024-2025, les Niçois n’avaient pas existé en Pro D2, terminant... à la 16e et dernière place, actant donc la descente en Nationale. Si le club a bien rebondi cette année pour ne rester en troisième division qu’une saison en battant Mont-de-Marsan dans un match épique lors du barrage, la tâche s’annonce difficile cette année. D’autant que la montée a failli capoter. En raison de problèmes financiers, le club se devait d’apporter 4,6 millions d’euros de caution exigés via sa société Sport Inside Europe (SIE) pour sécuriser sa participation dans l’antichambre du Top 14. Après avoir fait appel auprès de la LNR et réuni les fonds grâce à Louis-Vincent Gave, l’actionnaire majoritaire, le club n’a finalement été autorisé à évoluer en Pro D2 que début août.
Une situation qui a engendré une préparation tronquée, soldée par une victoire contre Chambéry (33-0) - club de Nationale - et une lourde défaite contre Provence Rugby (19-42). Une saison s’annonçant compliquée, même si le président Jean-Baptiste Aldigé préfère tenir un discours contraire. «Le rugby c’est comme le vin. C’est un assemblage et il faut différents cépages en fonction des possibilités. Cela ne se fait pas en deux semaines. Ce travail a été entrepris depuis maintenant notre première année en Pro D2. C’est là que nous avons commencé à constituer une équipe capable de remonter dans cette division et de s’y maintenir tout en la consolidant. Contrairement à ce qu’il s’était passé il y a deux ans, les joueurs cette fois-ci ne vont pas découvrir le niveau professionnel», s’est-il exprimé à Midi Olympique . Résultat en fin de saison.
Un mercato prestigieux
Il n’y a pas qu’en Top 14 que le mercato a été fructueux. La Pro D2 fait aussi envie. Si l’antichambre de l’élite française a déjà accueilli de nombreuses vedettes, à l’image de Jonny May, George North ou encore Richie Arnold, elle accueille à nouveau des joueurs expérimentés cette année. À commencer par le centre ou ailier Malakai Fekitoa (34 ans), champion du monde avec les All Blacks en 2015, qui débarque à Béziers. Le désormais international tongien viendra apporter toute son expérience, lui qui a «toujours voulu revenir en France», sept ans après avoir quitté Toulon.
De son côté, Tyler Ardron (35 ans), le capitaine de la sélection canadienne, viendra aider Provence Rugby à réaliser son objectif d’être champion. Le deuxième ou troisième ligne arrive de Castres où il a disputé 92 rencontres pour 13 essais inscrits. Il n’y aura évidemment pas que des briscards qui auront la lumière sur eux. Certains clubs ont décidé de relancer des joueurs en manque de temps de jeu en Top 14, à l’instar de Montauban qui a recruté Enzo Hervé en provenance du Castres Olympique. Le demi d’ouverture de 27 ans apportera toute sa qualité de jeu au pied et sa vision du jeu à une équipe qui rêve de jouer les trouble-fêtes aux Provençaux dans la lutte au titre. Du côté des «jeunes», Lucas Tauzin renforce Grenoble pour deux saisons. L’ailier ou centre formé au Stade Toulousain est un renfort de taille pour le FCG.
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À noter également que le petit frère de Louis Bielle-Biarrey, Samuel, restera en deuxième division. Il quitte Grenoble pour rejoindre Nice. La Pro D2 accueille également l’Australien Alex Newsome du côté d’Oyonnax - en provenance du Top 14 et de Clermont - et le troisième ligne du MHR Marco Tauleigne à Valence Romans.
L’antichambre de l’élite garde ses pépites
Eux étaient déjà là et resteront des hommes forts à suivre tout du long de la saison. C’est le cas de Lucas Méret, meilleur marqueur de l’exercice dernier (334 points marqués), qui fera encore les beaux jours de Valence-Romans. Deuxième au classement des meilleurs buteurs du championnat, l’Anglais Jamie Shillcock continuera d’empiler les points à Brive, tandis que Justin Bouraux, qui bouclait le podium, avec 253 points marqués l’année passée pour Oyonnax, s’est envolé pour Clermont lors du mercato. Une perte pour la Pro D2.
La bonne nouvelle pour les Oyomen, c’est qu’ils garderont Mohamed Karim Qadiri. L’ailier, auteur de 16 essais lors de la saison 2025-2026, sera l’un des hommes forts pour le club et pour la deuxième division. Lui aussi à 16 essais, le talonneur Clément Martinez évoluera encore en Pro D2, mais du côté de Nice. Après avoir été (très) important du côté de Biarritz, le Français de 30 ans est indéniablement une belle pioche pour le Nissa Rugby. Pour les fans de la Pro D2 et d’Agen, il faudra savourer la dernière saison de Lucas Martins. L’ailier, qui a aplati 17 fois le ballon lors de l’exercice 2025-2026, a paraphé un contrat de trois ans en Top 14 pour la rentrée 2027, du côté de Castres. D’avance une grande perte pour le championnat.
Lui aussi est en fin de contrat en 2026 : Albert Tuisue. Le troisième ligne de Provence Rugby reviendra à bloc d’un exercice réussi, auréolé du titre de meilleur gratteur avec 32 ballons grattés. Un homme important pour Philippe Saint-André et la quête de l’élite.
