Dans un rapport publié jeudi, Addictions France dénonce l’échec de l’autorégulation des opérateurs, particulièrement auprès des jeunes, et appelle à renforcer l’encadrement des stratégies promotionnelles.
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La Coupe du monde de foot 2026, où les paris sportifs ont atteint un record de 1,3 milliard d'euros de mises en France, a été l'occasion d'une «pression marketing intense» des opérateurs, ce qui prouve la nécessité d'un meilleur encadrement, estime jeudi l'association Addictions France. L'évènement, échelonné du 11 juin au 19 juillet, a été «massivement investi» par les opérateurs de paris sportifs, qui avaient annoncé prévoir 150 millions d'euros en marketing «pour recruter de nouveaux parieurs et fidéliser les joueurs actifs», souligne l'association dans un rapport.
«Cette compétition a été inédite par l'ampleur des moyens déployés», affirme Addictions France, après l'analyse des campagnes marketing des trois principaux opérateurs en France, Betclic, Winamax, Parions Sport/Unibet, ainsi que des contenus d'influenceurs jugés souvent «problématiques». Résultat: une moyenne de 9 publicités pour les paris sportifs par matchs recensés à la télévision et 671 publications sur les réseaux sociaux des opérateurs, entre autres.
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Pendant le Mondial 2026, l'exposition à ces publicités a été «permanente et inévitable» et, «plus alarmant», a souvent visé un «public jeune» des banlieues populaires, juge Addictions France, qui a recensé «une publicité toutes les deux minutes» (affiches, écrans...) dans les transports en commun entre la Seine-Saint-Denis et Paris. Betclic, sponsor de l'équipe de France et parrain des émissions sportives consacrées au Mondial, a installé dans six villes des dômes rouges permettant de parier sur la victoire des Bleus, exposant les passants, dont les enfants, à sa campagne publicitaire qui «liait pari et victoire de la France».
Il n’est plus possible d’attendre passivement une explosion garantie du nombre de joueurs pathologiques
Addiction France
Et alors que les chaînes de télévision diffusant le Mondial s'étaient engagées auprès de l'Arcom, dans une charte de bonne conduite signée en 2022, «à diffuser des spots de prévention», aucune ne l'a fait, déplore encore l'association, disant avoir proposé son propre spot à TF1, M6, France TV et BeIN Sports, sans succès. Or, avec un cadre «trop permissif» et des «moyens de contrôle dérisoires», l'Autorité nationale des jeux (ANJ) peine à contenir l'essor des stratégies promotionnelles agressives des opérateurs, estime-t-elle.
«Il n'est plus possible d'attendre passivement une explosion garantie du nombre de joueurs pathologiques avec toutes les conséquences associées: endettement, isolement, suicides...», plaide Addictions France, appelant députés et gouvernement à inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée la proposition de loi du député écologiste Emmanuel Duplessy pour mieux encadrer le marketing des paris sportifs.
