DÉCRYPTAGE - Invaincu cette saison et 3e de Ligue 1 avant son déplacement à Lorient, samedi (20h45), le Paris FC a signé un départ tonitruant et plutôt inattendu. Une belle trajectoire née de choix stratégiques pour l’instant payants.
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Un recrutement malin
La riche famille Arnault, propriétaire de la marque de luxe LVMH et du club parisien, a sorti son chéquier cet été. Sans faire de bruit, le Paris FC a dépensé tout de même un peu plus de 70 millions d'euros, ce qui, vu le contexte économique actuel des clubs français, n'est pas rien. Diego Coppola et Luca Koleosho, en prêt la saison dernière, ont été conservés pour près de 30 millions d'euros, et de l'avis du directeur général du Paris FC Jean-Marc Gallot, «prendre des joueurs sous contrat avec des clubs de Premier League, et que ce soit raisonnable, ce n'était pas si évident».
Mais c'est surtout l'association de la paire d'attaquants Lassine Sinayoko et Pablo Pagis, le premier arrivé d'Auxerre avec 12 buts au compteur, le second de Lorient, le tout pour 35 millions d'euros, qui semble être l'un des plus jolis coups de ce mercato. Le triplé de Sinayoko au Vélodrome lors de la victoire à Marseille (3-2), le but splendide face à Strasbourg de Pagis (2-1), qui possède en plus une agilité technique au-dessus du lot, et l'entente en pointe entre les deux joueurs démontrent que jusqu'ici, l'affaire fonctionne. «Attention, il n'y a que cinq journées donc il faut rester très modeste. C'est une équipe en construction. Mais on a un effectif qui est resté assez stable», résume Jean-Marc Gallot.
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La greffe Rosenior
Le technicien anglais Liam Rosenior n'avait pas forcément le vent en poupe après son passage éclair à Chelsea la saison dernière. Trois mois en Premier League pour l'un des plus mauvais bilans de l'histoire des Blues et une image de bon élève passablement égratignée. Mais les dirigeants du Paris FC, bien décidés à remodeler le staff et à ne pas conserver Antoine Kombouaré, ont été convaincus par le profil de l'ancien joueur de Fulham, ex-coach de Strasbourg. Malgré les bons résultats avec 11 points pris en cinq matches, l'approche de Rosenior face aux médias est en tout cas teintée de patience et d'humilité. En conférence de presse, il multiplie depuis l'entame de la saison les phrases évoquant «le début d'un processus», un projet demandant «du temps», tout en appuyant sur la qualité de son effectif, «des +top top+ players».
Les joueurs semblent adhérer de plus ne plus au projet de jeu que Rosenior souhaite mettre en place. «C'est sûr que, surtout tactiquement, il nous apprend énormément de choses», assure par exemple le défenseur Adama Camara. «Ce qui me réjouit particulièrement, c'est la rapidité avec laquelle les joueurs ont assimilé nos idées, leur travail acharné à l'entraînement et l'intensité que nous mettons dans notre jeu. Ce sont des points très positifs», a loué Rosenior vendredi.
Le plus dur commence...
Si le Paris FC a déjà affronté deux gros calibres avec Lyon (0-0) et Marseille en cinq journées, son calendrier va tout de même sérieusement s'emballer dans les prochaines semaines. «On a quelques gros matches qui nous attendent après Lorient, nous recevons Rennes avant d'aller à Lens et de recevoir Monaco», rappelle Jean-Marc Gallot. «Là ce sera un beau test», prévoit-il.
«Nous n'avons encore rien fait», insiste de son côté Rosenior pour tempérer l'enthousiasme né de cette belle entame. Ce bon départ semble avoir tout de même modifié la perception et l'image du Paris FC au sein de l'élite. «Avec les résultats qu'on a eus, forcément, les gens se posent des questions», reconnaît Adama Camara. Mais pour l'instant, les objectifs du club restent inchangés. «Nos ambitions n'ont pas été revues à la hausse, nous sommes un club en construction, nous visons entre la 6e et la 10e place, réaffirme Jean-Marc Gallot. L'avis des autres ne changera rien à notre plan de route.»
