L’ouvreur et l’ailier de Bordeaux-Bègles se projettent sur la saison à venir qui se conclura par le onzième Mondial de rugby, en Australie. Bien conscients que le chemin sera long jusque-là.
Passer la publicité Passer la publicité
La Coupe du monde en ligne de mire
Matthieu Jalibert : «C’est forcément de plus en plus proche. C’est un objectif qui va arriver très vite. Mais la saison est quand même assez longue. Il y a des objectifs avec le club, des objectifs avec l’équipe de France à court terme, la tournée de novembre, le nouveau Championnat des nations, le Six Nations. Il faut prendre les étapes les unes après les autres, mais forcément que c’est un objectif et en tant que compétiteur, on veut tous y être.»
Louis Bielle-Biarrey : «On est très contents, pour parler du XV de France, d’avoir gagné ce Tournoi des six nations une deuxième année consécutive. On est en marche pour notre objectif ultime qui est la Coupe du monde. Maintenant, chaque match va compter double pour pouvoir arriver le mieux préparé possible en Australie.»
Passer la publicité
Une saison à disputer, ne pas calculer
Louis Bielle-Biarrey : «Honnêtement, j’arrive à ne pas trop y penser (à la Coupe du monde). Je pense que si j’y pense trop, je ne serai plus bon avec mon club. Et si je suis plus bon avec mon club, je ferai des moins bons matchs et j’arriverai moins prêt sur les périodes avec l’équipe de France. Donc, j’essaye vraiment de me concentrer sur l’UBB. Il y a de quoi faire parce qu’on a des grosses ambitions encore une fois cette année. Donc, je suis focus pour l’instant à 100% sur le club. Et après, quand je serai en équipe de France, je serai 100% focus. Mais il n’y a pas d’économie à faire. Quand on s’économise, c’est là où il y a le plus de risques de se blesser. Donc il faut être à fond dans tout ce que je fais, dans ma préparation des matchs, dans mes matchs, mais aussi dans ma récupération, essayer de tout optimiser pour être le plus performant sur le terrain et arriver le plus prêt possible pour cette échéance.»
Si quelque chose doit arriver, c’est le destin. J’essaie de ne pas trop y penser. Ça m’a déjà coûté puisque j’ai raté de grands événements, mais c’est comme ça.
Matthieu Jalibert
Matthieu Jalibert : «Je pense que c’est dur de laisser la Coupe du monde de côté, mais, pour moi, la chose la plus facile à faire, c’est de me donner à 100% et ne pas faire de calculs parce que c’est le meilleur moyen de se blesser. De toute façon, dans tous les cas, on va devoir aller sur le terrain et se donner à 100 %. Et si quelque chose doit arriver, c’est le destin. J’essaie de ne pas trop y penser. Ça m’a déjà coûté puisque j’ai raté de grands événements, mais c’est comme ça. Mon but, c’est d’être à la Coupe du monde, je vais me donner à 100 % essayer de ne pas faire de calculs. Juste me donner à fond que ce soit pour le club ou l’équipe de France jusqu’à l’Australie.»
Le compte à rebours déjà lancé ?
Matthieu Jalibert : «On n’en est pas encore-là, c’est encore lointain, mais ça arrive vite. J’essaie juste de maîtriser ce que je peux maîtriser, déjà sur mon corps personnellement. L’année dernière a été une saison à rallonge où l’on a pas mal enchaîné. Je pense que j’en paye un peu les pots cassés en ce début de saison. Je veux juste réussir à retrouver le rythme, retrouver de bonnes sensations physiquement et, après, je sais que ça va aller. Mais on ne compte pas les jours quand même, on n’en est pas là.»
Louis Bielle-Biarrey : «Je pense que tout le monde aura à cœur d’abord de faire une super saison en club, parce que ça passera par là, avant de penser à l’équipe de France. Chaque joueur a des objectifs bien précis et ambitieux avec son club. Et, après, sur les fenêtres équipe de France, essayer de tous se reconnecter au plus vite pour pouvoir être le plus performant possible et éviter de perdre du temps.»
Décrocher enfin le Graal du rugby
Matthieu Jalibert : «C’est le trophée qui est le plus excitant dans le monde du rugby, surtout en France où personne, aucune équipe de France, n’a encore réussi à l’avoir. On sait qu’on a une génération qui a les capacités de pouvoir espérer et de rêver. Il y a tout pour faire de bonnes choses et, forcément, on a envie d’être dans le bon wagon pour vivre encore une fois une expérience extraordinaire. Parce qu’on a eu la chance de le vivre en 2023, même si ça ne s’est pas fini comme on l’a voulu. Mais on a quand même vécu quelque chose de fou avec un engouement incroyable. Ce sont des moments qui restent inoubliables.»
On sait que sur ces matchs-là, c’est du one shot. Donc il faudra être le plus prêt possible, être le plus prêt à aussi encaisser des coups durs, des temps forts. C’est vraiment ça qui fera la différence
Louis Bielle-Biarrey
Retenir les leçons de l’échec en 2023
Louis Bielle-Biarrey : «Qu’est-ce qui fera la différence ? Ce sera de se préparer du mieux possible. Il nous reste une dizaine de matchs avant d’arriver à cette Coupe du monde. Donc on n’a pas de temps à perdre. Je pense que l’équipe se dessine un peu plus. On a de plus en plus de repères communs ensemble. On sait que sur ces matchs de Coupe du mon, c’est du one shot. Donc il faut être le plus prêt possible, être le plus prêt à aussi encaisser des coups durs, des temps forts. Je pense que c’est vraiment ça qui fera la différence.»
Matthieu Jalibert : «Je pense que cela doit nous servir. L’échec, savoir vivre aussi les moments bien, mais moins bons, ça doit être une expérience et un vécu collectif qui va nous servir pour l’Australie, je l’espère.»
À lire aussi Nuit du Rugby : Louis Bielle-Biarrey sacré meilleur international français pour la deuxième année d’affilée
Les Springboks, toujours au sommet
Matthieu Jalibert : «Ça reste la nation qui domine le plus aujourd’hui. Mais on ne va pas partir perdant. Je pense qu’on a les capacités et les qualités pour les mettre à mal. Maintenant, c’est une équipe qui maîtrise tellement bien son sujet que ça sera toujours difficile. Mais d’ici là, il y a du temps. On va encore progresser et j’espère qu’on aura les capacités de les titiller.»
Louis Bielle-Biarrey : «Je ne me lève pas tous les matins en me disant : "Punaise, on a perdu en 2027". Mais c’est sûr qu’au moment de repenser à la Coupe du monde et de la repréparer, en tout cas sur les périodes internationales, cette frustration pourra remonter. Et je pense que ce sera quelque chose de bien. Il faut qu’on s’en serve sans pour autant faire une fixette dessus. Qu’on s’en serve plutôt pour pouvoir être les plus performants, les plus prêts possible en 2027.»
