À l’issue de la cérémonie lui rendant hommage au Centre aquatique olympique de Saint-Denis, le retraité des bassins est revenu sur sa soirée riche en émotions.
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Deux jours après avoir annoncé la fin de sa carrière, Florent Manaudou a eu droit à un jubilé plein d'émotions samedi en marge des Championnats d'Europe de natation de Paris, où il s'est dit heureux «de pouvoir dire au revoir» au public.
Pouvez-vous nous raconter les émotions qui vous ont traversé pendant cette cérémonie ?
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«Houla! L'émotion a commencé il y a 3-4 heures à l'hôtel quand j'ai fait une interview sur ma fin de carrière. Après j'ai pris ma douche et j'ai commencé à pleurer pendant 3-4 heures d'affilée. C'est étonnant de dire adieu comme ça, mais c'était génial de pouvoir le faire en France avec le public français. Je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de faire des compétitions en France, j'ai eu les championnats d'Europe en 2012 à Chartres et les Jeux olympiques. Je suis trop content de pouvoir dire au revoir ici après toutes ces années. J'avais aussi des choses à dire à mes parents devant tout le monde, je voulais qu'ils soient présents parce qu'ils sont toujours assis dans les tribunes, mais c'est grâce à eux, grâce à mes proches, grâce au public que j'ai fait une carrière comme ça.»
Depuis combien de temps saviez-vous que vous n'alliez pas reprendre ?
«J'ai eu des hauts et des bas. Après le clapping des JO à la Défense Aréna, j'ai fait une compétition à Saint-Dizier... Ce n'était pas la même natation, donc je me suis dit: +C'est ça qu'on vit au quotidien+ J'ai arrêté de m'entraîner à ce moment-là. En janvier, j'étais en Australie et je me suis dit: +Il me reste un peu d'énergie, est-ce que je n'irais pas jusqu'à Los Angeles?+ Et puis les mois passent et les envies passent aussi, j'avais envie de faire autre chose. J'ai envie d'être utile, je ne sais pas encore comment, mais je n'ai pas envie forcément de gratter des centièmes dans un bassin, j'ai envie de donner de l'amour et du bonheur et des sensations aux gens autrement.»
Qu'avez-vous envie qu'on retienne de vous ?
«J'aimerais qu'on retienne plus l'homme que le performeur. J'espère avoir donné des bonnes ondes aux équipes de France, j'espère avoir été un bon capitaine, un bon leader sur la fin et avoir prouvé qu'on pouvait prendre du plaisir et être heureux tout en performant, je pense que c'est ça qui est important.»
Votre titre olympique de 2012 reste-t-il le meilleur moment de votre carrière ?
«Pas forcément. C'était un super moment, mais honnêtement je ne me rappelle pas trop. Je crois que je me rappelle plus ce que j'ai vu à la télé que de mes propres sensations. J'ai des bribes quand je vois l'image de ma sœur qui m'enlace, quelques bribes de la chambre d'appel, mais la course en elle-même je ne me rappelle pas. J'étais plus stressé par le fait de devoir répondre aux journalistes en anglais après, que par ma finale! Donc c'était un super moment mais je crois que mes meilleurs moments, c'était hors bassin, la flamme, le fait d'être porte-drapeau, d'avoir été choisi par les athlètes, de représenter les athlètes. Tout ça, ces moments de stage, de dur labeur, de soirée aussi où on s'est régalé avec les copains... Le moment où on est sur le podium, où on fait la course, c'est vraiment une infime partie de notre carrière. On ne peut pas se construire par rapport à ça, on se construit par rapport à tout le reste. Et quand je vois les yeux humides de mes proches tout à l'heure, c'est ça qui me fait vivre.»
