Avec seulement deux médailles de bronze en quatre jours, Stéphane Nomis dresse un bilan à mi-parcours sans concession pour l’équipe de France engagée à Bakou.

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L’échec de Clarisse Agbégnénou

«Je l’ai sélectionnée avant même qu’elle ait accouché. J’ai une part de responsabilités dans cette prise de décision, je le sais. Et peut-être que pour certains, je n’aurais pas dû la prendre parce qu’elle manquait de compétition avant un championnat du monde. Mais je suis content de l’avoir fait parce que c’était un pari osé et au judo, on doit prendre des risques. Elle a montré que même pas très bien entraînée, même pas au top, elle est capable de finir dans le top 7. C’est juste dommage car elle perd contre des filles moins fortes qu’elle à mon avis, mais elle n’était pas au taquet.»

Quel avenir pour elle

«Sa place n’est pas remise en question. Elle va se repréparer. On va faire en sorte de voir tout ce qui n’a pas été pour qu’elle revienne plus fort lors des prochaines échéances. C’est une pépite du judo français, qui a toujours brillé dans les grands événements. C’est important pour nous qu’elle soit prête le jour des Jeux olympiques, si c’est elle qui les fait. Aujourd’hui, on s’aperçoit qu’elle est toujours volontaire, qu’elle peut encore marcher sur ses concurrentes, même si elle chute derrière parce qu’elle manque un peu de judo, mais quand même, c’est elle qui met l’énergie. Peut-être qu’il lui manque des petits repères de compétition et je trouve que ce n’est pas si négatif que ça. C’est important qu’elle revienne dans le top 8 rapidement, donc elle va enchaîner des stages, des compétitions pour refaire plus de judo.

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Le bilan après quatre jours

«Ce qui est difficile, c’est qu’en judo, tu n’es jamais sûr de rien. Tu fais des super championnats d’Europe, les athlètes sont bien, tout le monde te dit qu’ils sont tous prêts. Mais tu arrives à la compétition, il y a un changement d’arbitrage et après quatre jours, tu n’obtiens pas la super performance que tu espérais. Ou pour appeler un chat un chat, ces quatre jours ont globalement été mauvais. Mais j’ai vu des belles choses. Shirine (Boukli), même si elle perd un combat qu’elle ne devrait pas perdre, elle fait quand même sa médaille. Chez les moins de 60kg, cela a été une catastrophe. Voir Luka (Mkheidze) perdre au 1er tour, ce n’est pas normal. En moins de 66kg, j’estime que Kelvin (Ray) a réussi sa compétition. Il perd contre Hifumi Abe, le champion olympique et véritable légende de la catégorie, mais d’un point de vue d’arbitrage, pour moi, il a gagné. Il le pousse jusqu’à quatre minutes au golden score et c’est le seul qui n’a pas été marqué par le Japonais. C’est quand même une pépite qui progresse. En moins de 73 kg, il se trouve que Gaba n’était pas prêt non plus. Un peu comme Clarisse, il manquait de compétitions, de repères. Mais derrière lui, on a un phénomène – Dayyan Boulemtafes – qui pousse et qui nous dit qu’on fait quand même plein de choses bien. Ce qu’il a fait, c’était juste magique. Donc tout n’est pas à jeter non plus, loin de là.»

Des solutions

«Il y a peut-être des changements à faire, des changements de méthode, de personnes, de manière de faire. Il manque peut-être de l’harmonie entre certains clubs et la fédération. Peut-être qu’on doit recadrer tout ça pour que tout le monde roule dans le même chemin parce que ce n’est pas tout à fait le cas aujourd’hui.»