Sur la troisième marche du podium à Bakou alors qu’elle visait l’or, la judokate française se montrait néanmoins «fière» de sa journée et de cette deuxième médaille en carrière sur le plan mondial.

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Que ressentez-vous après cette médaille de bronze mondiale décrochée à Bakou ?

Shirine Boukli : Je suis très contente. Franchement, je suis heureuse et vraiment fière de ce que j’ai pu accomplir aujourd’hui.

Comment la décrieriez-vous cette journée ?

Pas évidente, parce que ça reste un Championnat du monde. C’est à la fois une baston contre soi-même et contre des filles qui ont envie de gagner elles aussi. En plus, c’est seulement ma deuxième médaille mondiale, donc c’est particulier. Cette médaille-là, je pense que je la mérite.

Ne vous laisse-t-elle un sentiment de frustration ?

Il est certain que j’étais venue pour l’or. Mais le bronze me suffit parce que je sors d’une saison où j’ai vraiment travaillé dur et ça n’a pas payé à certains instants où j’y croyais. Derrière, je me suis accrochée à l’espoir et l’ambition que cela allait être bon pour le Championnat du monde, que ce serait la concrétisation de tout ce que j’ai essayé de mettre en place. Pour moi, c’était la fin de l’entonnoir. Est-ce que j’allais être capable de retranscrire sur le tatami tout ce que j’avais pu travailler ? Et toutes les erreurs commises allaient-elles m’avoir servi ? Est-ce que vraiment j’avais su me remettre en cause à ces moments-là ? C’est pour ça que je suis hyper fière de cette médaille, parce que ce n’était pas une journée évidente. Mentalement, c’est dur. Nerveusement, ça prend et il faut rester lucide, concentrée pour avancer. Tu ne sais pas comment ça va se terminer, mais il faut croire en soi et parfois c’est compliqué. C’est pour ça que cette médaille est belle à mes yeux, et qu’elle domine ma frustration de ne pas avoir eu l’or.

Quel est votre sentiment sur votre défaite en quarts de finale contre Marina Vorobeva ?

Je pense que là j’ai fait un peu la débile. Après, ça arrive, c’est ça aussi la difficulté d’un championnat, il faut savoir rester lucide et parfois on a des attitudes qui ne sont pas forcément bonnes. Donc les pénalités c’est le jeu, c’est le sport, c’est le judo. Mais à un moment, ça va être mon tour, je n’en doute pas. Je n’en douterai jamais, je sais que je travaille dur pour ça. Là c’est le bronze, mais petit à petit je crée mon moment, je m’améliore, je me vois progresser.

Désormais, quelle va être la suite pour vous ?

Déjà, cette médaille marque un moment important où je me cherchais un peu, même s’il y avait eu ce titre de championne d’Europe en début d’année. À l’époque, on avait pu voir que je n’étais pas complètement satisfaite sur le moment. Avec le recul, je suis heureuse de ce cinquième titre. Mais l’alignement de la Shirine qui aime le judo et de celle qui se sent bien et qui kiffe, il n’était pas présent. Et là, je commence à retrouver ça. Aujourd’hui, j’ai réellement pris du plaisir. Sinon, pour répondre à votre question, là, je vais couper un petit peu et derrière, il y aura le Masters (18-20 décembre), puis le Grand Slam à Bercy (5-7 février 2027) avant d’envisager un sixième titre de championne d’Europe. Et tout ça, on sait que c’est sur le chemin de ce fameux titre de championne olympique. C’est pour ça que tout est bon à prendre. Ce sont des repères, c’est du travail. Je dois en passer par là si je veux être en or à Los Angeles.