Le jeune Français a largement dominé l’Israélien Yehonatan Elbaz pour monter sur le podium à Bakou. Et ainsi faire oublier la désillusion vécue par Joan-Benjamin Gaba.
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Le coup de massue lié à l’élimination, dès son entrée en lice, du tenant du titre Joan-Benjamin Gaba à peine digéré qu’un autre Français est venu ramener un petit rayon de soleil dans le clan hexagonal. À 20 ans, Dayyan Boulemtafes a décroché une superbe médaille de bronze aux Championnats du monde organisés à Bakou en surclassant de la tête et des épaules l’Israélien Yehonatan Elbaz lors du combat pour la 3e place dans la catégorie des moins de 73kg. Face au 50e mondial, le natif de Givors, dans la métropole lyonnaise, a fait étalage de tout son talent en infligeant d’abord un waza-ari à son adversaire, puis un yuko pour finir par un ippon tonitruant.
Toute la gamme y est donc passée, pour le plus grand bonheur du protégé de Franck Chambily, l’ancien entraîneur de Teddy Riner. Une magnifique performance pour celui qui était monté sur la troisième marche du podium à Tbilissi lors des Championnats d’Europe en avril dernier, une performance qui lui avait ouvert les portes d’une première sélection mondiale. Et pour une première, le licencié du Paris SG n’a visiblement pas été englouti par la pression de l’évènement…
Si ce n’est, sans doute, lors de son entrée en matière, balbutiante, face au Kazakh Angsarbek Gainullin, qu’il écartait au jeu des pénalités après deux minutes et demie tendues lors du golden score. Une victoire qui avait le mérite de le décrisper au vu de son combat suivant, remporté sans l’ombre d’un doute sur une immobilisation parfaite aux dépens de l’Australien Kohsei Toyoshima. En 8es de finale, il se retrouvait alors face au champion d’Europe 2024, le Russe Danil Lavrentev. Crispant, serré, l’affrontement allait tourner à l’avantage du Français lors d’un nouveau golden score, sur un waza-ari libérateur. Direction les quarts de finale où l’attendait le judoka local Rashid Mammadaliyev…
Du très solide, donc, en la personne du 5e mondial, vainqueur un peu plus tôt cette année du Grand Slam en Hongrie. Pourtant, c’est bien Dayyan Boulemtafes qui allait s’imposer au terme d’une démonstration technique, en infligeant deux yuko à son rival, l’un d’un mouvement d’épaule, l’autre sur un balayage à montrer dans les écoles de judo. Finalement, sa jeunesse, le Français allait la payer en demi-finale contre le Japonais Ryuga Tanaka. Auteur jusqu’ici d’une saison discrète avec notamment une défaite au 1er tour du Grand Slam à Paris et une au 2e à celui en Mongolie, le Nippon s’est réveillé au bon moment. Y compris lors de cette demi-finale où il paraissait dominé avant de profiter d’une erreur d’inattention de Boulemtafes pour lui infliger un waza-ari décisif. Mais derrière, le Français aura su se remobiliser pour aller conquérir le bronze, la deuxième de l’équipe de France à Bakou après celle de Shirine Boukli dimanche.
