LE SCAN SPORT - Après plusieurs forfaits, la sélection slovaque n’avait plus aucun coureur disponible pour les Mondiaux de Montréal. Pour éviter de perdre de précieux points, elle a décidé d’envoyer son masseur sur la course en ligne.

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Il fallait oser. À Montréal, la Slovaquie s’apprête à aligner son masseur sur la course en ligne des Mondiaux, dimanche, face à Remco Evenepoel, Paul Seixas et les autres cadors du peloton. Vladimir Kovacik, 28 ans, n’était pourtant pas venu au Canada pour enfiler un dossard. Mais après une cascade de forfaits, il est devenu la dernière carte d’une sélection slovaque qui risquerait gros en ne prenant pas le départ.

Tout avait pourtant commencé avec un contingent de quatre coureurs autorisés à participer, avant que les portes ne se referment les unes après les autres. Matus Schwarzbacher a dû renoncer après une intervention chirurgicale, Lukas Kubis n’a pas été libéré par son équipe en raison de son calendrier et Martin Svrcek a finalement été écarté pour des raisons de santé. Résultat… plus personne pour prendre le départ.

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Un masseur qui va ressortir le vélo pour sauver la sélection

La Slovaquie a alors trouvé une solution pour le moins inattendue : faire appel à celui qui, d’ordinaire, s’occupe de récupérer les jambes des coureurs après leurs efforts. Vladimir Kovacik va donc troquer quelques heures son rôle de masseur contre celui de coureur et prendre le départ aux côtés de l’élite mondiale.

L’intéressé n’est toutefois pas totalement étranger au peloton. Entre 2014 et 2017, il avait connu une courte carrière amateur et disputé plusieurs épreuves en Europe de l’Est. De quoi lui permettre, au moins, de savoir dans quel sens tourner les pédales avant de se retrouver plongé dans l’un des rendez-vous les plus relevés de la saison.

La scène promet donc d’être assez surréaliste. Un membre du staff slovaque au milieu d’un peloton où figurent les meilleurs coureurs de la planète, avec Evenepoel en tête de liste, et le Français Paul Seixas, parmi les grands espoirs attendus à dimanche à Montréal. Mais derrière cette histoire qui prête forcément à sourire, la Slovaquie joue une véritable partie de poker avec son classement international.

Une histoire de points UCI et de Jeux olympiques

Car, ne pas aligner de coureur aurait eu des conséquences bien plus sérieuses qu’un simple forfait. La sélection slovaque risquait d’être rétrogradée en catégorie B la saison prochaine, avec à la clé une perte importante de points UCI (Union Cycliste Internationale).

Selon le sélectionneur Jakub Vanco, cette perte pourrait se compter en centaines de points, avec des conséquences potentielles sur les futures sélections pour les Mondiaux, les Championnats d’Europe et surtout les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.

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«Une représentation minimale de la Slovaquie dans la catégorie élites est importante pour les classements en vue des futures nominations aux championnats du monde, aux championnats d’Europe et aux Jeux olympiques», a expliqué Vanco sur le compte Instagram de la Fédération slovaque de cyclisme.

Alors, plutôt que de regarder la course depuis le bord de la route, Kovacik va enfiler le maillot national et s’élancer avec les meilleurs. Une participation avant tout destinée à préserver la place de la Slovaquie dans la hiérarchie internationale - même si, dimanche, le masseur pourrait bien avoir droit à quelques kilomètres particulièrement musclés.