Le drapeau à damier agité à Budapest, il est l’heure pour les pilotes de profiter de presque un mois de vacances. Mais c’est aussi et surtout l’heure de dresser le bilan de cette mi-saison de Formule 1.
Passer la publicité Passer la publicitéAvec la victoire de Lando Norris à Budapest, la 77e édition du championnat du monde de Formule 1 a atteint le cap de la mi-saison. Et alors que les 22 pilotes de la grille profitent de leurs vacances de presque un mois jusqu’au prochain week-end à Zandvoort (21-23 août), l’heure est venue de dresser un bilan de ses 11 premières courses de l’année 2026.
Mercedes au-dessus du lot... pour le moment
Leader du classement des constructeurs avec plus de 70 points d’avance sur Ferrari, Mercedes semble très clairement être l’équipe qui s’est le mieux préparée pour cette saison 2026. Avec un pilote leader du championnat du monde (Kimi Antonelli) et un autre à la lutte pour la 2e place (George Russell), difficile de tirer autre chose que du positif pour l’écurie de Toto Wolff. Et les chiffres sont très flatteurs. 10 pole positions, 8 victoires en Grand Prix et 3 courses sprint remportées sur 4 disputées pour l’écurie allemande. Mais outre les chiffres, c’est la manière dont Mercedes et ses pilotes écrasent la concurrence qui impressionne, en témoignent les qualifications du Grand Prix de Belgique où Verstappen a fini à plus de trois dixièmes d’Antonelli, malgré l’aspiration offerte par Isack Hadjar.
Passer la publicitéPourtant, l’avance aux différents classements (constructeurs et pilotes) n’est pas si impressionnante. «Seulement» 50 points d’avance pour Antonelli sur son dauphin et 72 points d’avance pour les Flèches d’Argent au championnat constructeur. Une avance qui n’est clairement pas insurmontable pour les autres équipes surtout au regard du scénario des dernières courses. La domination de Mercedes semble s’estomper peu à peu tandis que McLaren et surtout Ferrari montent en puissance au fil de la saison. L’écurie allemande ainsi que son jeune pilote italien vont donc devoir se méfier au retour des vacances s’ils veulent glaner les deux titres qui semblaient déjà acquis à l’issue des six premières courses.
Ferrari, enfin le retour au sommet ?
Et s’il y a bien une écurie en mesure d’aller titiller Mercedes cette année, c’est bien Ferrari. L’écurie italienne s’affirme de plus en plus comme un prétendant au titre. Pour le moment, la Scuderia compte deux victoires à son actif, soit deux de plus que l’ensemble de la saison 2025. Lewis Hamilton, enfin vainqueur avec Ferrari (à Barcelone), semble enfin avoir trouvé la bonne formule avec cette monoplace tandis que les problèmes de freins dont souffrait Charles Leclerc ne sont plus à l’ordre du jour lui qui s’est offert une magnifique victoire à Silverstone suivi d’une excellente 2e place à Spa-Francorchamps au Grand Prix suivant.
Sur le plan comptable, l’écurie de Fred Vasseur est bien placée dans les deux championnats. Au classement constructeur, ce sont les dauphins de Mercedes qui les devance de 72 points. Pour le classement pilote, Lewis Hamilton est installé à la deuxième place, à 50 points de Kimi Antonelli. Et l’expérience du septuple champion du monde pourrait jouer en sa faveur dans cette course au titre. Ferrari, elle, rêve d’un titre constructeur qui lui échappe depuis 2008 et veut offrir une deuxième partie de saison de rêve à ses Tifosi.
Une diversité de vainqueurs
Si les premières courses laissaient penser que Mercedes allait retrouver son écrasante domination comme lors de la période 2014-2020, la suite de la saison a totalement balayé cette hypothèse. Cette année 2026 nous a offert 11 podiums différents... en autant de courses. Au niveau des vainqueurs, 5 pilotes différents sont montés sur la plus haute marche du podium pour le moment (Russell, Antonelli, Hamilton, Leclerc et Norris). C’est déjà plus que sur l’ensemble de la saison précédente où seulement 4 pilotes s’étaient partagé les victoires en 24 Grand Prix.
Surtout, les cinq dernières courses nous ont offert autant de vainqueurs différents ce qui promet pour le reste de la saison. Oscar Piastri est passé tout proche de la victoire en Hongrie et voudra certainement remettre cela tandis qu’on imagine mal Max Verstappen terminé la saison sans se hisser sur la première marche du podium au moins une fois.
Passer la publicitéFortunes diverses pour les Français
S’il y avait de quoi s’inquiéter pour les trois pilotes Français avant le début de cette saison 2026, il semblerait que la plupart puissent tirer un bilan plutôt positif de ces premières courses. Pour Isack Hadjar, on lui promettait l’enfer. Le Français arrivait pour occuper le baquet «maudit», celui de pilote numéro 2 de Red Bull. Combien de courses allait-il tenir ? Si les premières courses laissaient présager le pire pour le pilote de 21 ans (4 points après les 4 premières courses), l’ancien de chez Racing Bulls ne s’est pas laissé abattre et vient d’enchaîner 7 Grand Prix dans le top 6. Une performance qu’aucun français n’avait réalisée depuis Alain Prost. Désormais, Hadjar est installé à la 8e place au championnat pilote.
Pour Gasly, il était difficile de faire pire que la saison passée. Malgré quelques points, son écurie (Alpine) avait terminé dernière au championnat constructeur. Mais avec l’arrivée du moteur Mercedes, les attentes étaient élevées. Et le début de saison de Gasly a été excellent. Toujours dans les points, le Français s’est même offert un podium à Monaco (podium qui lui a été attribué une semaine après la fin de la course). Et même si les dernières courses semblent plus compliquées, la 10e place du pilote Alpine au championnat du monde montre de bons signes.
En revanche, la saison d’Esteban Ocon est à oublier pour le moment. Seulement 3 petits points pour le pilote Haas. Mais surtout, le Français est complètement largué par son coéquipier, le jeune Ollie Bearman, qui porte l’écurie à bout de bras. Le pilote de 29 ans n’a pas encore de volant pour la saison 2027 et ses performances récentes ne montrent pas de signes d’amélioration. Si l’ancien pilote Alpine dit ne pas être «préoccupé» par l’absence de contrat, son avenir en Formule 1 reste en suspens.
Red Bull pas au niveau des «tops teams»
Red Bull est le meilleur motoriste de la grille. C’est en tout cas le verdict rendu par la FIA début juin. Pourtant, le classement constructeur ne reflète pas cette tendance. L’écurie autrichienne est seulement 4e, derrière les trois autres «tops teams» que sont Mercedes, Ferrari et McLaren. Et avec aucune victoire à son actif cette saison, Red Bull semble clairement un cran en dessous.
Verstappen se plaint presque chaque week-end de sa monoplace et malgré quatre podiums, «Mad Max» est loin de la lutte pour le titre comme lors des saisons précédentes. Et les rumeurs d’un départ du Néerlandais continuent de surgir chaque week-end de Grand Prix. Isack Hadjar, lui, enchaîne les résultats satisfaisants mais il n’a pas encore réussi à finir sur le podium (il est monté sur le podium à Monaco mais sa 3e place lui a été retirée une semaine plus tard). Enfin, les monoplaces de Laurent Mekies ont connu de nombreux problèmes de fiabilité depuis le début de la saison et il semblerait que les départs soient toujours aussi capricieux. Si l’écurie veut revenir sur ses concurrents au classement constructeur, elle devra montrer un tout autre visage en deuxième partie de saison.
Passer la publicitéUne nouvelle réglementation qui suscite la controverse
La saison 2026 de Formule 1 a vu l’intronisation d’une nouvelle réglementation pour les monoplaces avec notamment, l’électrification des Formule 1 (53% thermiques, 47% électriques). Et si la première course nous avait offert un spectacle d’envergure avec un nombre de dépassements records, ces moteurs ont rapidement suscité la polémique. Pour beaucoup de fans, ces dépassements sont «fictifs», estimant qu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour accélérer.
Chez les pilotes, même son de cloche. Pour certains (Verstappen notamment), le moteur fait tout et le pilotage du pilote n’a plus d’impact sur la monoplace. Avant le Grand Prix de Chine, le quadruple champion du monde avait évoqué la situation avec ironie. «J’ai remplacé le simulateur par ma Nintendo Switch. Je m’entraîne à Mario Kart», avait plaisanté le Néerlandais. Une comparaison qu’avait également faite Leclerc lors de la première course. «C’est comme le champignon dans Mario Kart», lançait le Monégasque à la radio.
La FIA avait fini par trouver un accord avec les écuries pour effectuer un rétropédalage sur cette électrification de ses moteurs avec la partie thermique qui devrait progressivement reprendre le dessus en 2027 puis 2028.. Et si les polémiques s’estompaient au fil de la saison, les derniers Grand Prix ont relancé le débat chez certains pilotes. Avant le Grand Prix de Hongrie, Verstappen a de nouveau taclé cette réglementation 2026 qui ne semble clairement pas à son goût. Le pilote Red Bull a affirmé que «ce n’est pas de la vraie course». Si ces nouveautés offrent un spectacle certain, il semble assez clair qu’elles ne fassent pas l’unanimité dans le monde de l’automobile.
