DÉCRYPTAGE - Olivier Giroud a endossé, ce vendredi, le costume de sauveur pour offrir à Lille le 125e derby du Nord face à Lens (1-0). Découvrez ce qui a retenu l’attention de la rédaction.

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TOPS

Roi du Nord, Olivier Giroud

Le roi du derby du Nord, c’est pour lui. Qui d’autre qu’Olivier Giroud pour délivrer tout un stade ? Il aura fallu attendre les derniers instants d’une rencontre électrique pour voir le champion du monde 2018 sortir de sa boîte et faire chavirer Pierre-Mauroy (victoire 1-0 de Lille face à Lens). Longtemps cantonné au banc, avant de remplacer un Ethan Mbappé étincelant mais blessé (voir par ailleurs), le vétéran de 40 ans n’a pas mis longtemps à enfiler son costume de sauveur. À l’affût d’une frappe lointaine de Nabil Bentaleb repoussée par l’infranchissable Robin Risser, Giroud a surgi pour expédier le ballon au fond des filets. Un but de pur avant-centre, fait de placement, d’instinct et de ce flair qui ne s’apprend pas.

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L’ancien attaquant d’Arsenal n’a décidément rien perdu de son appétit. Car derrière l’expérience et les années, il y a toujours cette faim de gamin, cette envie de tout renverser sur un seul ballon. Et quel ballon ! Alors que les Dogues s’étaient cassé les dents pendant plus de 80 minutes sur le mur lensois, il a suffi d’un geste pour que Giroud change le destin du derby. Un «super-sub» dans toute sa splendeur. Giroud de secours, Giroud décisif, Giroud roi de Lille. Et franchement, qui pourrait lui contester la couronne ce soir ?

Mbappé, quand le petit frère a tout du grand

Le poison lillois de la soirée, c’était lui ! Ethan Mbappé a fait vivre un véritable calvaire à la défense lensoise. Et pourtant, son derby avait bien mal commencé. Touché au pied dès les premières minutes, le jeune Dogue a dû quitter provisoirement la pelouse avant de revenir avec une envie… débordante. Accélérations fulgurantes, crochets dévastateurs, prises d’initiative à répétition : prenez le temps de souffler, car le numéro 8 lillois, lui, n’en a presque jamais pris. À la 17e minute, parfaitement décalé par Benjamin André, il fait frissonner Pierre-Mauroy d’une frappe enroulée du gauche venue caresser le poteau de Robin Risser. Et ce n’était que le début.

Au retour des vestiaires, le portier lensois a encore dû sortir le grand jeu pour repousser ses tentatives. Du culot, de la personnalité et surtout cette insouciance qui fait tant de bien à voir. Remplacé par le futur héros Olivier Giroud, a d’ailleurs coïncidé avec une perte de vitesse dans le jeu des Dogues, soudain moins tranchants offensivement. Pas de réalisation pour Mbappé, certes, mais une prestation plus que satisfaisante.

Risser, le dernier rempart du château de Lens

Seul contre tous ? On n’en était franchement pas loin. Pendant plus de 80 minutes, Robin Risser a donné l’impression d’être invincible. Face à des Dogues déchaînés, le portier lensois a sorti le grand jeu. Une parade exceptionnelle sur la tête de Diaoune en première période, plusieurs interventions décisives devant un Ethan Mbappé intenable, puis un nouvel arrêt face à Haraldsson. Mais au fait, où étaient ses défenseurs ?

À force de multiplier les sauvetages, on aurait presque cru que Risser occupait tous les postes de l’arrière-garde lensoise… Toujours sur la trajectoire, toujours à la rescousse, le jeune gardien a longtemps tenu les Sang et Or à bout de bras, masquant les difficultés d’une défense régulièrement prise de vitesse. Le numéro de soliste. Mais à force de subir, le mur a fini par se fissurer. Sur une énième frappe lilloise, signée Nabil Bentaleb, Risser repousse encore. Sauf que cette fois, Olivier Giroud rôde, à l’affût du moindre ballon. Sans lui, ce 125e derby du Nord aurait pu tourner à la correction. Le dernier rempart a fini par céder… Dommage mais il aura été, de très loin, le Lensois le plus inspiré de la soirée.

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FLOPS

Thauvin du mal-aimé… au fiasco total

Les retrouvailles promettaient d’être électriques. Pas d’inquiétude. Le public lillois s’est chargé de le rappeler. Treize ans après son départ mouvementé vers Marseille, sans avoir disputé le moindre match avec les Dogues, Florian Thauvin retrouvait Pierre-Mauroy, cette fois avec le brassard de capitaine lensois. Un retour sous les sifflets, à chaque prise de balle ou presque.

Mais sur le terrain, l’international français n’a pas vraiment trouvé de quoi répondre à ses anciens supporters. Lui qui avait si souvent porté l’attaque des Sang et Or depuis le début de saison est resté dans l’ombre, rarement en mesure de faire parler sa créativité. Le football lui a pourtant tendu une occasion idéale de faire taire tout un stade. Lancé seul face à Berke Özer en seconde période, le capitaine lensois manque son dernier contrôle et voit le portier turc surgir dans ses pieds. Bref… La messe est dite.

Le milieu lensois cherche encore le ballon

Ils ont passé leur soirée à regarder les autres jouer. Cahuzac a dû devenir fou. Face à la maîtrise technique de Benjamin André, Nabil Bentaleb et Ngal’ayel Mukau, l’entrejeu lensois a pris l’eau. Mickaël Cuisance et Amadou Haidara ont passé une grande partie de la rencontre à courir après un ballon que les Dogues semblaient bien décidés à ne jamais leur rendre.

Trop peu de mouvements, des transmissions approximatives et une incapacité chronique à casser les lignes adverses. Les Lensois ont subi pendant 90 minutes sans jamais trouver une solution. Résultat : des attaquants sevrés de ballons. Face à la vivacité et à la justesse des milieux lillois, le Racing a surtout donné l’impression d’avoir un temps de retard à chaque fois.

Cahuzac, avec l’amour du maillot mais sans solutions

Pour sa première à Pierre-Mauroy dans le costume d’entraîneur, l’ancien capitaine lensois espérait prolonger une série de trois victoires consécutives en championnat. Sauf que cette fois, le scénario lui a échappé. Face à des Dogues (bien) plus inspirés, son Racing a passé la soirée à chercher la solution. Un pressing trop timide, un entrejeu dépassé et des attaquants rarement en mesure d’inquiéter Berke Özer.

De quoi donner quelques maux de tête au technicien corse. Ses changements en seconde période ont bien permis aux Sang et Or de respirer, sans réellement renverser la tendance. Puis Giroud. Avant la rencontre, Cahuzac avait demandé à ses joueurs de maîtriser leurs émotions. Le message semble être passé. Mais beaucoup de choses sont à revoir. Lui qui connaissait si bien la ferveur de ce derby sur le terrain vient d’en découvrir l’amertume depuis le banc.