Sans regret sur sa gestion du Mondial 2026, Thomas Tuchel a profité de sa conférence de presse de rentrée pour tendre la main à Trent Alexander-Arnold, longtemps mis à l’écart, tout en promettant quelques ajustements dans le style de jeu de l’Angleterre.

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Trois mois après la désillusion en demi-finale du Mondial, Thomas Tuchel a dévoilé ce vendredi la liste des joueurs convoqués pour la Ligue des nations et amorce, sans reniement, la reconstruction des Three Lions.

Le sélectionneur de l'Angleterre Thomas Tuchel a promis des adaptations et tendu la main à Trent Alexander-Arnold, star populaire qu'il a longtemps snobée, sans pour autant afficher de regret concernant sa gestion de la Coupe du monde.

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«Cela n'a pas vraiment de sens de se torturer l'esprit en regardant derrière nous». En une phrase, l'entraîneur allemand a résumé le mot d'ordre général de la longue conférence de presse tenue à Wembley.

Pour lui, le tournoi nord-américain n'a semé que des promesses, notamment dans l'état d'esprit affiché, et le décrochage fatal contre l'Argentine (défaite 2-1) en demi-finale, après avoir mené 1-0, ne doit pas «éclipser» tous les progrès accomplis sous son mandat.

«En 18 mois, globalement, nous avons eu des résultats fantastiques», a-t-il dit en citant la «campagne de qualification immaculée» (huit victoires, aucun but encaissé NDLR) puis les dix matches joués en Amérique du nord, en comptant la préparation au Mondial et la «petite finale» gagnée 6-3 contre la France: «huit victoires, un nul et malheureusement une défaite, qui a fait très mal et fait encore mal».

«Pas une seule nuit blanche»

Les médias et de nombreux supporters britanniques ont transformé Tuchel en bouc émissaire après le match perdu contre l'Albiceleste, en fustigeant les changements défensifs réalisés en seconde période, alors que son équipe semblait sur le reculoir.

L'ancien entraîneur du Bayern Munich, du Paris SG et de Chelsea a répété vendredi qu'il était toujours «très critique» envers lui-même, mais que «personne ne sait» ce qu'il se serait passé avec une autre approche. «Je ne laisserai pas 30 minutes de cette Coupe du monde éclipser la manière dont nous voyons ce que nous avons accompli».

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Sur les joueurs retenus, pas de regret non plus.

«J'ai passé beaucoup de nuits blanches, mais pas une seule à cause de notre sélection» car les heureux élus ont tous été «formidables», a-t-il insisté, avant de bâtir un pont entre le passé et l'avenir: «ces joueurs ont été cruciaux pour nous dans la construction de cette fraternité et de cet état d'esprit qui nous ont menés très loin dans le tournoi. Nous ne ferons aucun compromis là-dessus».

Trent, le retour

Des changements, Tuchel en a pourtant effectué en grand nombre en vue du rassemblement de septembre et octobre.

Si certains sont dictés par les blessures (forfait de Stones, Spence et Henderson par exemple), d'autres ressemblent à une main tendue. C'est le cas notamment pour Cole Palmer et Trent Alexander-Arnold, dont l'absence à la Coupe du monde avait fait couler beaucoup d'encre.

«Ils n'ont jamais rien fait de mal, nous avons simplement choisi d'autres joueurs», a développé le sélectionneur. «La qualité de Trent est indiscutable, celle de Palmer aussi. Ce n'est pas un sujet, mais ils doivent la montrer».

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Le retour d'Alexander-Arnold pourrait presque ressembler à un mea culpa de la part de Tuchel, qui l'a ignoré depuis juin 2025. Se priver de l'expérience et des nombreuses qualités (passe, coup de pied arrêté, jeu offensif) de l'arrière-droit du Real Madrid, à un poste où l'Angleterre dispose d'un réservoir limité, a toujours posé question.

«Il n'était pas avec nous à la Coupe du monde, nous avons fait confiance à d'autres joueurs et j'assume toujours cette décision», a lancé le patron des Three Lions. «Il a toujours dit qu'il était prêt à se battre, c'est désormais à lui de le prouver».

Pour Tuchel, ce rassemblement ne marque pas un tournant. «Ce n'est pas un nouveau départ: nous construisons sur une base solide et très précieuse». Mais, a-t-il ajouté, «nous adapterons notre style». «Je dois peut-être faire des compromis sur mon désir de contrôle. Accepter le chaos. Peut-être que cela fera ressortir le meilleur de nous».

L’Angleterre débutera cette fenêtre internationale contre les champions du monde espagnols, le 26 septembre à Wembley, avant d’affronter la République tchèque (deux fois) et la Croatie. Ces quatre rencontres permettront d’avoir un premier élément de réponse, et de voir ce que Tuchel a en tête pour la suite de son aventure à la tête de la sélection.