Dans un contexte très particulier à Debrecen, les Irlandais ont marqué leur position avant même le coup d’envoi, avant de s’imposer largement face à Israël (3-0).
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L'Irlande a facilement dominé Israël (3-0) dimanche soir à Debrecen, en Hongrie, dans un stade quasi désert et avec un protocole d'avant-match réduit, après plusieurs jours d'intense débat autour d'un possible boycott de joueurs irlandais. Les trois buts ont été inscrits avant la pause lors d'un match sans relief, et sans incident majeur. Seule une brève échauffourée sur le terrain entre plusieurs joueurs, à l'heure de jeu, a conduit l'arbitre à distribuer deux cartons jaunes, un dans chaque camp. Juste avant le coup d'envoi, et comme les dirigeants irlandais l'avaient annoncé la veille, il n'y a pas eu d'échanges de fanions ni de poignée de main entre les capitaines des deux équipes.
Les joueurs irlandais portaient un brassard noir, en signe de solidarité avec «toutes les vies perdues dans ce conflit», comme l'avait là aussi expliqué la veille le directeur général de la Fédération irlandaise (FAI), David Courell. Ces initiatives ont été vivement critiquées dimanche par le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui a accusé Dublin d'être «du mauvais côté de l'Histoire». Sur X, M. Saar a dressé un parallèle avec le salut nazi effectué par l'équipe nationale irlandaise lors d'un match amical à Brême en 1939. «À l'époque, ils faisaient le salut nazi. Cette fois, ils se tiennent du côté du terrorisme palestinien. Au-dessus des brassards noirs que les joueurs irlandais porteront ce soir flotte le drapeau noir du jihadisme», a-t-il fustigé.
Prochaine échéance le 4 octobre
L'Irlande doit affronter à deux reprises Israël lors de la Ligue des nations. Le match de dimanche, officiellement organisé à domicile par Israël, s'est déroulé sur terrain neutre en Hongrie, Israël ne pouvant accueillir de rencontres internationales sur son sol en raison de la situation sécuritaire. La seconde rencontre, lors de laquelle l'Irlande sera officiellement «à domicile», aura lieu le 4 octobre à Backa Topola, en Serbie.
Samedi, à la veille du match, les dirigeants du football irlandais ont confirmé son maintien après un vote de l'équipe, organisé à la suite de la décision du gardien Gavin Bazunu de boycotter les deux rencontres pour protester contre la guerre à Gaza. Soutien de longue date de la cause palestinienne, l'Irlande a reconnu un État palestinien en 2024 aux côtés de l'Espagne et de la Norvège et a plusieurs fois condamné la guerre à Gaza.
Interrogés par l'AFP dimanche soir aux abords du stade de Debrecen, des supporters israéliens ont regretté ce qu'ils perçoivent comme une politisation de la rencontre. «Le sport, le football, le basket, tout cela appartient au public, aux gens, et non à la politique. À partir du moment où l'on décide, pour des raisons politiques, de priver les supporters irlandais de venir, je pense que c'est une décision vraiment stupide», a ainsi déclaré Mol Michael, 31 ans, professeur de développement logiciel, une écharpe aux couleurs israéliennes autour du cou.
Dans l'optique de ce match, la Fédération irlandaise (FAI) avait décidé de ne pas réserver de billets pour ses supporters. Et la télévision publique RTE devait le diffuser sans aucun commentaire de ses journalistes.
