Vainqueur sans gloire de l’Estac dans un «match de la peur» (0-2), l’OM n’a pas rassuré grand monde dimanche soir.

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Bientôt deux mois qu’ils attendaient ça, une occasion de saluer leurs supporters en bondissant, la bonne mine, celle des victoires et non plus des défaites, qui s’accumulaient depuis fin août. Alors, les joueurs de l’OM en ont profité, tout heureux d’aller saluer un parcage qui ne demandait que de s’enflammer, dimanche soir à Troyes, où les Phocéens ont retrouvé le goût de la victoire (0-2).

Le sentiment du devoir accompli, celui de retrouver un peu de répit après cinq défaites d’affilée et autant de points d’interrogation, et éviter de sombrer un peu plus dans une sinistrose automnale. Car du reste, l’OM n’a pas rassuré grand monde, «petit» vainqueur de ce «match de la peur» dans l’Aube, où les Olympiens ont d’abord fait leur place (17e au coup d’envoi) avant de s’imposer, presque logiquement, face au modeste promu.

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«Je ne suis pas pleinement satisfait, car j’attache beaucoup d’importance au contenu des matches», a admis Bruno Genesio en conférence de presse. Soulagé lui aussi par cette deuxième victoire de la saison, l’entraîneur de l’OM, «rassuré» par sa récente entrevue avec ses dirigeants, a chaleureusement salué sous ouailles après cette timide victoire en Champagne. Car l’important, dans le football, ce sont les trois points, surtout dans le contexte actuel de l’OM. «Au vu de notre situation avant le match, on est satisfaits d’avoir renoué avec la victoire qui nous échappait depuis trop longtemps», valide le coach olympien, qu’on avait laissé les traits fatigués avant la trêve.

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Frustré, Paixao évite Genesio à sa sortie

Pour le contenu, donc, on repassera. Hormis le bilan comptable, cet OM n’a rassuré personne. Incapables de dépasser des Aubois volontaires mais cruellement limités, les Phocéens n’ont rien produit, empêtrés dans des circuits de passes sans effet. Le triste spectacle des 45 premières minutes n’avait rien de vendeur, à l’heure où la Ligue cherche à vendre son produit les prochaines années. «On était assez stressés en première période notamment, trop timorés dans notre jeu. On a eu la possession, mais on n’a pas beaucoup avancé, on a pris très peu de risques», relève Genesio. À la pause, les visiteurs avaient certes la possession mais dénombraient qu’une petite frappe, un centre tir d’Igor Paixao qui n’avait rien d’une véritable occasion.

Passé complètement à côté de sa rencontre, parfois sidérant, l’ailier brésilien, l’un des derniers joueurs de l’OM «d’avant», a fini par sortir frustré (87e), évitant sciemment son entraîneur au moment de regagner son banc, avant de fuir à nouveau une poignée de mains au coup de sifflet final. Une frustration dans la lignée d’un début d’exercice fantomatique (une passe décisive, 0 but) pour l’ailier, dont la valeur marchande demeure un atout pour les finances du club. Et un comportement qui n’a échappé à personne, au moment où l’OM cherche désespérément des leaders. «Je peux comprendre sa frustration, a tempéré Genesio. Il sait qu’il peut compter sur moi, il sait qu’on a fait beaucoup de choses pour qu’il reste ici.»

Attendu pour dynamiter la modeste défense troyenne, le Brésilien a enchaîné les mauvais coups, pas plus inspiré que ses compères de l’attaque Amine Gouiri, Angel Gomes ou Amine Harit, toutefois buteur 724 jours après son dernier but avec l’OM pour sortir les siens du marasme, au retour des vestiaires (50e). La suite de la rencontre a ressemblé au reste, l’OM ne s’assurant la victoire qu’au bout du temps additionnel, après un pénalty obtenu par l’entrant Faris Moumbagna, qui a disputé le droit de tirer à son partenaire Himad Abdelli, finalement auteur du deuxième but (90e+8), lui qui connaît un début de saison difficile, comme tout le monde.

Des «minots» pour sonner la révolte ?

«Le match n’était pas très bon mais l’important est de prendre les trois points», a convenu auprès de Ligue 1+ Jeffrey De Lange. Le portier olympien, pas exactement un rempart de la classe mondiale depuis la rentrée, à l’image de ce ballon mal négocié sur la barre en début de rencontre (5e), était surtout tout heureux de voir la tentative de Renaud Ripart heurter son poteau en fin de rencontre (90e+1) pour préserver sa cage inviolée et la victoire.

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Car l’OM en avait trop besoin, après une triste série ponctuée d’une défaite, certes «honorable», dans le Classique face au PSG (1-2) avant la longue trêve internationale. Une fenêtre qui a fait du mal à l’équipe, avec la blessure en particulier de Pierre-Emile Hojberg, l’indispensable plaque tournante au milieu. En son absence, c’est le jeune Nouhoum Kamissoko qui a pris ses responsabilités au milieu, donnant de la vie à cet OM liquéfié, signant l’une des rares satisfactions de la soirée olympienne avec un autre «minot», le latéral droit Kelyann Bezahaf.

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Et l’OM, pourtant pas coutumier de nouvelles têtes venues de la formation, pourrait bien avoir besoin de ses «minots», alors que les matches tous les trois jours sont désormais appelés à s’enchaîner, avec la venue de l’Olympiakos jeudi (21h) avant le déplacement à Angers dimanche (15h). L’étape de dimanche dans l’Aube était une première pierre dans le jardin de la rédemption, le reste viendra peut-être avec le temps.

Volontairement «pragmatique», Genesio, dont l’expérience et la lucidité seront de précieux atouts dans la périlleuse mission qui s’annonce, a souligné qu’il était «important de casser la spirale négative» avant de «pouvoir se réjouir à la fois du résultat et de la manière». Les prochaines semaines en diront certainement plus sur l’état de l’équipe et de ses ambitions pour les mois à venir. Mais pour l’heure, cet OM n’est toujours pas rassurant, pas même dans la victoire.