Accueilli en héros par les supporteurs il y a une semaine, l’attaquant, de nouveau prêté à Nice par Francfort, sera présent dimanche à Jean-Bouin pour défier le Paris FC.
Passer la publicité Passer la publicité
Inhabituelle en France, la scène a fait le tour des réseaux : Elye Wahi, artisan du maintien niçois la saison dernière, protégé par le service de sécurité du club et accueilli à coups d’embrassades par une centaine de supporteurs à son arrivée sur le sol azuréen. Comme pour effacer définitivement l'image trouble laissée la nuit du 30 novembre, lorsque les ultras du club avaient ciblé certains joueurs, tels Terem Moffi et Jérémie Boga ou le directeur sportif d'alors, Florian Maurice.
«L'accueil a été exceptionnel, je ne m'y attendais pas», sourit Wahi. «Après l'atterrissage, je suis allé aux toilettes, j'entendais des bruits. Je me disais : C'est quoi ça ? J'ai vu deux, trois regards, j'ai compris.» «Si j'avais été à sa place, j'aurais été très content», en a même salivé son néo-partenaire Gauthier Hein, transfuge de Metz cet été. Wahi, lui, avait quitté Nice sur un doublé contre Saint-Étienne (4-1) en barrage retour. C'était quelques minutes avant sa garde à vue et son interrogatoire effectués au stade juste près la rencontre.
Je suis assez démonstratif, je montre mes sentiments avec mes coéquipiers, les supporters, les dirigeants. C’est ça aussi que les gens aiment chez moi.
Elye Wahi
Cela faisait suite à une plainte déposée contre X par la LFP «pour des faits susceptibles de relever de la corruption sportive et de l'escroquerie en bande organisée». La Ligue avait été alertée de paris sportifs suspects concernant «un avertissement (contre Metz, ndlr) impliquant» Wahi. Le clan du joueur a décidé de ne pas s'exprimer sur le sujet, d'autant qu'il avait alors été «laissé libre», «sans aucune convocation, obligation, ni soumis à aucune contrainte judiciaire», avait expliqué à l'AFP son avocate Marie Dosé le 18 juin, durant la Coupe du monde. Le joueur avait alors été privé quelques heures de visa pour le Canada où sa sélection, la Côte d'Ivoire, allait rencontrer l'Allemagne.
Cela ne l'a donc pas empêché de s'investir à nouveau à Nice. «C'est comme un coup de foudre», assure celui qui n'a jamais coupé le contact avec la direction d'un club qu'il connaît parfaitement. «Je suis assez démonstratif, je montre mes sentiments avec mes coéquipiers, les supporters, les dirigeants. C'est ça aussi que les gens aiment chez moi.» Pour ce retour, il a toutefois fallu que l'actionnaire Ineos fasse une entorse à sa volonté de dégraissage. Le prêt est payant (1,5 million d'euros), le salaire, très élevé, pris en charge par Nice. Mais le risque est réduit. Au-delà de sa relation avec les supporteurs et de sa connaissance du club, Wahi est ambitieux.
Des envies de devenir le taulier
«J'ai commencé tôt en L1, avec des attentes à mon sujet, se remémore-t-il. Malheureusement, j'ai eu des coups de moins bien. Sur les six derniers mois, tout le monde a vu que j'étais capable d'aider l'équipe, de marquer (9 buts en 19 matches, ndlr). J'ai envie de le faire sur une saison.» Pour devenir un taulier ? «C'est tout ce que j'ai envie d'être, répond-il. Ce sont les responsabilités que j'ai envie d'avoir dans cette équipe. Je sais que je serai attendu et je donnerai tout pour le club.»
Toujours est-il qu'aujourd'hui, Wahi n'est pas prêt. «Son explosivité est naturelle mais il manque de coffre en raison du manque d'entraînement», indique son entraîneur Olivier Pantaloni, qui en fera d'abord un joker, comme ce dimanche sur la pelouse du Paris FC (15h). Mais rapidement, Wahi devrait devenir son leader d'attaque. «On sent depuis son arrivée toute l'importance qu'il a et ce qu'il peut amener à l'équipe, conclut le technicien. Forcément, c'est un joueur dont il faut se servir et essayer de tirer le maximum.»
